Football: Le Barça inflige un blâmage doublement historique au PSG, les Parisiens humiliés 6-1

Mis en ligne par La Rédaction | jeudi 9 Mar 2017


ALBERT GEA/ REUTERS

Par Connectionivoirienne

Le projet était flatteur. A coups de centaines de millions d’euros conquérir la planète football depuis le Qatar.

Apres les déconvenues des quatre dernières années, les choses semblaient réussir cette année, après le 4-0 infligé au FC Barcelone en match aller des 8e de finale de la Ligue des champions 2017. Jusqu’à 5 minutes de la fin du match retour, le projet gardait espoir bien que le PSG soit mené 3 buts à 1.

C’était mal compter avec un club à la longue histoire parsemée de trophées en tous genres. Pour le Paris Saint Germain la pilule a été très amer à avaler. Battue 6-1 au match retour, le PSG rentre dans l’histoire par la plus petite des portes, comme le 1er club vainqueur à l’aller 4-0 à domicile et battu au retour.

Après ce blâmage honteux infligé au PSG, le FC Barcelone lui, écrit l’histoire dans l’autre sens. Dans le sens glorieux. Il devient le 1er club en Ligue des Champions à réussir un exploit pareil.

Mis à part Chelsea d’un certain Didier Drogba en 2012, aucun des clubs mis sous perfusion à coup de centaines de millions d’euros, tels que le PSG, Manchester City, Monaco…n’a encore réussi sur la scène européenne. Un scène qui reste dominée ces 15 dernières années par les clubs traditionnels que sont le Real Madrid, le FC Barcelone, le Bayern de Munich, l’Inter, la Juventus, Liverpool, Manchester United, le Milan AC ou encore le FC Porto.

Pour les Parisiens, il va falloir trouver les moyens psychologiques de se remettre de ce blâmage déjà entré dans les annales de football, pour mieux repartir à l’assaut de l’Europe l’année prochaine.
Liman Serge

Ligue des champions : PSG, l’échec de trop

Vainqueur (4-0) à l’aller, le club parisien a été humilié et éliminé (6-1) par le FC Barcelone, mercredi 8 mars, en huitièmes de finale retour de la Ligue des champions.

LE MONDE | 09.03.2017 à 06h38 • Mis à jour le 09.03.2017 à 10h30 | Par Rémi Dupré (Barcelone, envoyé spécial)
Le joueur du PSG Adrien Rabiot après la défaite de son équipe face à Barcelone le 8 mars.

« C’est un cauchemar pour tout le monde. » Dans les couloirs du monumental stade du Camp Nou, Nasser Al-Khelaïfi n’a pas cherché à minimiser l’ampleur de la débâcle. Le président qatari du Paris-Saint-Germain a vainement tenté d’expliquer, mercredi 8 mars, la déroute historique (6-1) de son équipe, humiliée par le FC Barcelone et ainsi éliminée dès les huitièmes de finale retour de Ligue des champions. « On ne cherche pas d’excuses, a maugréé le quadragénaire aux commandes du club depuis son rachat, en 2011, par le fonds Qatar Sports Investments (QSI). C’est très difficile à accepter, mais on n’a pas le choix. »
Le regard du dirigeant laissait transparaître un sentiment mêlé d’incrédulité et d’abattement. Car cette défaite retentissante, en plus de constituer l’un des pires fiascos du football français, casse brutalement la dynamique créée par le succès (4-0) obtenu par le PSG face au Barça, le 14 février, au Parc des Princes, lors du match aller. En entrant sur la pelouse du Camp Nou mercredi soir, les joueurs de l’entraîneur espagnol Unai Emery étaient persuadés de quitter Barcelone la qualification en poche. Pourtant, ils ont donné l’impression de se jeter eux-mêmes dans le piège tendu par les Catalans.

Véritable catastrophe
Au terme d’un match surréaliste, dans une ambiance indescriptible, l’équipe de la capitale n’a pas réussi à dompter sa bête noire européenne, qui l’avait déjà éliminée en quarts de l’épreuve reine en 2013 et en 2015. Cette saison, l’écurie parisienne rétrograde donc d’un rang : elle échoue à figurer pour la cinquième fois d’affilée dans le top 8 européen. Une véritable catastrophe pour les dirigeants du club, dont l’objectif minimal était de se qualifier enfin pour les demi-finales de l’épreuve.
Mercredi soir, le Camp Nou a été le théâtre de l’un des plus improbables retournements de situation de l’histoire du football européen. Avec cette impensable remontada (« remontée »), le Barça est devenu la première équipe du continent à se qualifier après avoir concédé une défaite 4-0 lors d’un match aller, signant ainsi un exploit mémorable. Grâce à leur redoutable trio offensif (Messi, Suarez, Neymar), les Blaugranas ont offert un beau cadeau d’adieu à leur entraîneur, Luis Enrique, qui a annoncé le 1er mars qu’il quitterait ses fonctions à la fin de la saison.

Une défense au bord de la crise de nerfs
Asphyxiés, les Parisiens ont multiplié les erreurs défensives, concédant deux penaltys et inscrivant un but contre leur camp par l’intermédiaire de Layvin Kurzawa. Dans l’enfer du Camp Nou, ils ont pourtant cru se tirer d’affaire lorsque leur avant-centre uruguayen, Edinson Cavani, a réduit la marque à 3-1, à l’heure de jeu, délivrant les 4 500 supporteurs parisiens qui avaient fait le déplacement. « J’ai alors parlé aux joueurs du Barça [contraints alors de marquer à trois reprises], ils m’ont dit que c’était fini », a déclaré, riant jaune, après le match, Marco Verratti, le milieu italien du PSG.
Loin de jeter l’éponge, les quintuples vainqueurs de la compétition (1992, 2006, 2009, 2011 et 2015) ont essoré la défense adverse, au bord de la crise de nerfs. Galvanisés par 90 000 supporteurs survoltés, ils ont inscrit trois buts dans les sept dernières minutes de la partie, le milieu Sergi Roberto offrant même la qualification à son équipe dans les ultimes secondes des arrêts de jeu.
« Dans le vestiaire, il y avait une ambiance d’enterrement, a confié, effondré, Thomas Meunier, l’arrière belge du PSG. On leur a donné le match avec des buts incroyables, limite insolites. C’est là qu’on voit qu’il manque encore un petit truc à Paris pour faire partie du groupe des Bayern ou Barça. »
Cette élimination met effectivement en relief le gouffre qui sépare actuellement les quadruples champions de France en titre, pourtant dotés d’un budget pharaonique (560 millions d’euros annuels), des grandes équipes européennes comme le FC Barcelone, qualifié pour la dixième fois d’affilée en quarts de la compétition. Par son scénario et sa charge émotionnelle, cet échec dépasse de très loin les quatre mésaventures consécutives vécues jusqu’alors, en quarts, par le PSG version qatarie.

Thiago Silva traumatisé
Ce naufrage en Catalogne pourrait bien, d’ailleurs, être l’échec de trop pour les dirigeants du club, ridiculisés par leurs homologues du Barça. Au point de mettre en péril leur projet sur la durée ou de remettre en cause leur stratégie. Ce fiasco est incarné sur le terrain par le défenseur et capitaine brésilien, Thiago Silva, naguère traumatisé par son revers (7-1) contre l’Allemagne en demi-finales du Mondial 2014 et qui a semblé perdre pied de manière semblable hier soir, incapable de remobiliser ses coéquipiers.
Depuis leur arrivée à Paris, les dignitaires de Doha n’ont pas hésité à investir massivement sur le marché des transferts, enrôlant à prix d’or des joueurs comme Edinson Cavani (pour la somme record de 64 millions d’euros en 2013), l’Argentin Angel Di Maria (63 millions d’euros en 2015), ou plus récemment le champion du monde allemand Julian Draxler (40 millions d’euros cet hiver). Tout cela pour des résultats plus qu’insuffisants sur l’échiquier européen.
En avril 2016, la défaite (2-2/ 1-0) face à Manchester City, propriété du cheikh Mansour d’Abou Dhabi, avait déjà été ressentie comme un « coup de massue » par l’émir du Qatar, Tamim Al-Thani, qui rêve de remporter la Ligue des champions avant d’accueillir le Mondial 2022 et a ainsi fait du ballon rond l’un des instruments de sa diplomatie sportive. Cette énième sortie de piste avait conduit Nasser Al-Khelaïfi à remplacer, à l’été 2016, son entraîneur, Laurent Blanc, par Unai Emery, 45 ans, qui venait de réaliser un triplé en Ligue Europa (2014, 2015, 2016) avec le FC Séville.
Le technicien basque, qui était censé effectuer les derniers réglages susceptibles de hisser le club au sommet du gotha européen et faire oublier le départ pour Manchester United de la star suédoise Zlatan Ibrahimovic – longtemps porte-drapeau du projet de QSI (2012-2016) –, pourrait bien être la première victime du naufrage de mercredi. Incapable de corriger le tir, Unai Emery a paru bien impuissant. « Nous avons gâché une immense opportunité », a reconnu l’entraîneur, tout en déplorant les « décisions douteuses » de l’arbitre allemand Deniz Aytekin. « C’est un mauvais moment. Nous avons perdu une occasion de grandir », a-t-il ajouté.

Unai Emery va devoir désormais conduire le PSG – deuxième au classement de Ligue 1, à trois points du leader monégasque –, vers un cinquième titre de champion de France. Et s’il y parvenait, conserverait-il encore du crédit aux yeux des décideurs qataris, dont la patience a ses limites ? Rien n’est moins sûr. « Unai Emery encore crédible ?, a fait mine de s’interroger à haute voix Nasser Al-Khelaïfi. Ce n’est pas le moment pour en parler, on va se calmer. » Le printemps s’annonce périlleux pour le PSG et son entraîneur, plus que jamais menacé.

Rémi Dupré (Barcelone, envoyé spécial)
Journaliste au Monde

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Aubameyang en feu envoie Dortmund en quarts

Vincent Guiraud (Eurosport)
Le Borussia n’aura finalement jamais vraiment tremblé dans un Signal Iduna Park chauffé à blanc. Après avoir ramené les deux équipes à égalité sur les deux matchs après seulement quatre petites minutes par Aubameyang (1-0, 4e), l’équipe de la Ruhr a déroulé en seconde période pour largement s’imposer 4 à 0. Pierre-Emerick Aubameyang a signé un triplé (3-0, 60e et 4-0, 89e) et l’Américain Pulisic a participé au festival de son équipe (2-0, 59e) d’un superbe ballon piqué. Les joueurs du Borussia rejoignent les quarts de finale de la Ligue des Champions.

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4 Commentaires ... participez vous aussi à la discussion.

  1. Peace011 9 mars 2017 à 00:21 -

    Dites-moi que je rêve…Dites-moi que je rêve…pa…pa…pa…pa…pa…pa..!!!! Hein !
    Barça, je m’incline et je vous respecte et vous tire mon plus grand chapeau…No comment!

    A chaque joueur du PSG y compris le coach, je ne vous blâmerais point du tout si vous vouliez vous pendre chacun dans votre chambre d’hôtel…Vauriens même est un terme trop gentil pour vous ! Comment ça avec 4 à 0 d’avance à l’aller vous allez vous briser et le nez et la nuque en encaissant 6 buts dont 3 en 7 minutes ? Pa…pa…pa…pa…pa…pa…

    Entre nous, c’est pas malédiction (du foot français) ça ?

  2. Guez 9 mars 2017 à 06:18 -

    Erreur tactique (jouer la défensive en première mi-temps) ou insuffisances techniques des joueurs (incapables d’aligner 3 passes de suite)?
    Hier face au barça, c’était un peu des deux. Comme quoi, l’argent n’arrive pas à tout acheter.

  3. Coigny 9 mars 2017 à 08:53 -

    Je ne supporterai jamais le Barça. Ce club, certes garni de joueurs talentueux, a régulièrement bénéficié du petit plus qui fait la différence lors des grandes occasion : un arbitrage favorable, et c’est un euphémisme. Je parierai un mois de revenus que 90% des arbitres Européens ont un faible pour cette équipe, et c’est peu de le dire. Mais hier, voir le coq qui nous a rebattu les oreilles depuis 3 semaines, déchanter, était trop jouissif (même avec les inévitables coup de pouce des arbitres). Rien que pour cette paix qu’on aura aux oreilles dès ce jour, bravo et merci au Barça !

  4. Coigny 9 mars 2017 à 09:12 -

    Les grandes gueules finissent toujours ainsi au football, où seule la réalité du terrain s’impose. A la dernière CAN (comme à celle d’avant), on nous a encore « vendu » une équipe d’Algérie plus forte que tout à cause de sa performance au Mondial et son classement FIFA. Tout comme les commentaires extasiés des commentateurs de Canal+ sur un Sénégal qui n’avait encore rien prouvé, du simple fait de la présence en son sein de Sadio Mané. Sans oublier les Gabonais avec « leur » Aubameyang. La chute de ces 3 équipes m’a procuré un plaisir si grand qu’il a estompé la contre-performance des Eléphants. Du coup, les silencieuses équipes non capées ont fait le show : Burkina Faso et Cameroun. Une leçon pour les Ivoiriens, dignes héritiers du coq Gaulois, qui remportent le Mondial chaque jour « dans leur gueules ». Le travail tout comme l’argent, n’aime pas le bruit.

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