Côte-d’Ivoire Médias et Pouvoir: Quand Kouamouo vend le Nouveau Courrier au gendre de Gbagbo, Stéphane Kipré

Mis en ligne par La Rédaction | dimanche 19 Mar 2017


Par Connectionivoirienne | Hervé Coulibaly

Lutte de clans

La lutte pour le contrôle de l’héritage politique de Laurent Gbagbo (73 ans bientôt) bat son plein, et pas seulement entre Affi et Sangaré, mais aussi entre «clans» de la famille naturelle. A ce jeu, chaque clan peaufine ses armes et stratégie.

Blé Goudé (la quarantaine), l’héritier politique naturel emprisonné avec son mentor à La Haye, le Cojep sans son chef doit affronter certes les deux tendances du FPI, mais aussi le gendre Stéphane Kipré (la quarantaine), et son parti l’Union des nouvelles générations (UNG). Une structure qui éprouve toujours du mal à marcher sur les traces du Front Populaire Ivoirien, ou même du COJEP, malgré les moyens financiers dits colossaux détenus par la fille et le gendre.

Mais Kipré (ancien du RHDP, transfuge du MFA d’Anaky Kobena, neveu de Joël N’guessan) ne se verrait pas seulement en lutte avec le COJEP de Blé Goudé. Il doit aussi faire face à la très influente Nadiana Bamba (la quarantaine elle aussi), détentrice du Groupe de presse Cyclone, maison-mère des titres «Le Temps» et «LG info». Madame Bamba, la seule à voir Laurent Gbagbo très régulièrement, aurait une grande influence sur la tendance «Gbagbo ou rien» dirigée par Sangaré Aboudramane. Elle aurait aussi plusieurs autres cadres influents dans son sillage, dont Damana Adia Pikass et Koné Katinan, tous deux exilés à Accra depuis 2011.

Empires mediatiques

La Lettre du Continent dans sa dernière parution du 15 mars 2017, révèle à cet effet que Stéphane Kipré a choisi de se renforcer «son empire» médiatique, en rachetant la société Avenir Médias du journaliste Franco-Ivoiro-Camerounais Théophile Kouamouo, éditrice du quotidien le Nouveau Courrier. La transaction aurait coûté un « petit » montant de 27 400 euros, soit 18 millions de F CFA. L’accord de vente aurait été récemment conclu à Paris.

Avec ce rachat, le gendre et la fille ajoutent un nouvel instrument de communication à leur journal déjà existant, le Quotidien (d’Abidjan).

Depuis fin janvier 2017, le Nouveau Courrier surendetté durant plusieurs années, est redevenu subitement créditeur, après «une injection de capital de 50 millions de F CFA».

Rappelons enfin que Stéphane Kipré est très proche de l’homme d’affaires Charles Kader Gooré.

HC

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  1. Peace011 20 mars 2017 à 00:22 -

    Ah bon ! La rivale de Simone est la seule à le voir “régulièrement”. Elle a donc un laissez-passer de l’apôtre et « saint »-Gbagbo. Hmm ! De quoi parle-t-il aussi régulièrement ? Hmm ! Ah, Gbagbo ! Que va penser la Simone nationale ?

    C’est juste curieux que les enfants se déchirent pour l’héritage du père alors que ce dernier toujours bel et bien vivant, en bonne santé mentale, reste muet comme une carpe. C’est à se demander si ce dernier lui-même ne s’en fout pas mal de cette guéguerre.

    Mais, bon…le monde regarde seulement…

  2. Peace011 20 mars 2017 à 02:33 -

    Plutôt lire :…De quoi parlent-ils aussi régulièrement ? Hmm !

  3. Coigny 20 mars 2017 à 08:35 -

    Le Courrier vendu à 18 millions ? Il n’y aurait pas erreur sur 1 ou 2 zéro ? Parce qu’à ce coût, même nous autres pauvres citoyens aurions pu acheter ce canard. Canard qui reste une excellente référence dans le paysage de la presse nationale par la qualité des écrits, la profondeur de ses analyses et la justesse de ses investigations. A mon avis, il doit s’agir d’une prise de participations, pas d’une vente.

    Ou alors, il s’agit d’un tour de passe-passe juridico-financier, comme l’achat de participation dans Sifca à Bédié alors reclus rue Beethoven, par feu Billon-père. Un « petit argent de poche » d’une valeur de 11 milliards au nez et à la barbe de la junte militaire, très occupée à éventrer les coffres forts d’Abidjan à Daoukro en passant par Koukourandoumi à la recherche de l’argent de Bédié. Trop subtil pour des militaires, l’affaire leur a volé très au-dessus du bonnet. 🙂

  4. dabakala 20 mars 2017 à 09:05 -

    VU que l’objectif est de faire mousser le contenu du canari qui ne réagit plus aux bonnes levures, on vous excusera pour ces contre vérités !!

    Toujours est-il que certaines précisions proférées ici ne feront aucun mal :

    Primo : « La lutte pour le contrôle de l’héritage politique de Laurent Gbagbo… bat son plein, entre Affi et Sangaré »

    Non, mes chers amis. Héritage, il n’y a pas. Jusqu’ici, c’est bien entre les mains de GBAGBO LAURENT que se trouve le gouvernail, et c’est d’ailleurs pourquoi ses demandes de remise en liberté provisoires ou conditionnelles sont régulièrement refusées : à cause de l’influence et de l’impact politique qu’il continue à exercer sur son pays, malgré l’extradition et la réclusion. Quant à SANGARE, il garde la maison de fort belle manière, malgré les actions d’AFFI, parasites et soutenues par le pouvoir mesquin en place, un AFFI qui ne réussit toujours pas à remplir une salle de spectacle de 5.000 places, sans faire convoyer des balafrés d’ABOBO, par bus affrétés expressément. Alors oui, pour oser croire que l’on puisse lutter pour un héritage donné, il faut pouvoir afficher un minimum de collusion et de galvanisation dans les rangs des personnes qui ont porté GBAGBO LAURENT au niveau où il se trouve. AFFI ne le fait pas, quand SANGARE, on refuse de le laisser faire.

    Non, il n’y a pas de guerre d’héritage et il n’y en aura pas, car les pro GBAGBO savent bien qui suivre en l’absence du chef.

    Secundo : « Blé Goudé (la quarantaine), l’héritier politique naturel emprisonné avec son mentor à La Haye… »

    Non mon ami, c’est aller bien trop vite en besogne que de croire que BLE GOUDE puisse être « l’héritier politique naturel » de GBAGBO LAURENT. BLE GOUDE a toujours eu sa propre ligne politique et ses ambitions, qui d’ailleurs ne cadraient pas toujours avec celles de GBAGBO LAURENT et du FPI. C’est d’ailleurs ce qui était à l’origine de certains clashs entre lui et GBAGBO, sinon le FPI. Il est vrai que BLE GOUDE partage le même destin que GBAGBO LAURENT, mais le but de son incarcération est avant tout politique, car il s’agit pour les donneurs d’ordre occidentaux de se créer des alternatives crédibles à GBAGBO Laurent, alternatives avec qui discuter et avancer (KIPRE ne l’est pas, c’est d’ailleurs pourquoi on le torpille dans cet article). Et si BLE GOUDE jusqu’ici n’a pas été libéré, c’est juste pour deux raisons évidentes : ou il a refusé de collaborer avec l’ennemi, ce qui lie son destin à celui de GBAGBO ; ou sa libération ne lui donnerait pas suffisamment de crédibilité et il tomberait dans le piège AFFI, le collabo… Sinon, si héritier il y a, il est évident que l’on se doit de le chercher parmi les personnes qui militent dans le FPI, qui portent le fardeau tous les jours, qui côtoient les militants de base et qui les réconfortent, qui sillonnent les villages et maintiennent la flamme allumée, et enfin, qui ne sont pas forcement dans la quarantaine. Ces personnes sont bien connues et ne sont pas forcement parmi la génération de BLE GOUDE ou de KIPRE !! Non, si on vante le nom de BLE GOUDE, c’est justement parce que l’on veut créer des tensions au sein du FPI, qui continue de porter le glaive, malgré toutes les actions néfastes que ce pouvoir aura mises sur pied contre lui…

    Tertio : « le gendre Stéphane Kipré … et son parti … l’UNG. Une structure qui éprouve toujours du mal à marcher sur les traces du Front Populaire Ivoirien, ou même du COJEP, malgré les moyens financiers dits colossaux détenus par la fille et le gendre. »

    Ici, le but est simple, d’une part, distiller une information que l’on ne peut en aucun cas justifier : la fortune de KIPRE STEPHANE, que l’on met en lien avec GBAGBO LAURENT (« gendre », « fille » de GBAGBO), d’autre part, mettre en opposition KIPRE et BLE GOUDE, sinon le FPI, en justifiant la position de KIPRE juste à travers « son argent » et non son impact politique qu’il a su construire depuis des longues années. Non, KIPRE n’essaie pas de marcher sur les traces du FPI, encore moins du COJEP. « Son » Parti, UNG (plus ancien que le parti COJEP, créé quand BLE était déjà en prison. On l’oublie !! Avant cela, le COJEP n’était pas un parti politique mais un mouvement), a toujours existé aux cotés du FPI et du COJEP, avec une ligne politique claire et argumentée, avec une action politique qui passe par le contact avec les populations, le dialogue et le rapprochement. Ce genre d’actions qui ressemblent à s’y méprendre exactement à celles que SEM GBAGBO LAURENT posait quand il était encore dans l’opposition. Des intérêts convergents ont amené ces formations politiques à se rapprocher, certes, mais la courbe de croissance de l’UNG a toujours été solide et exponentielle. Le pouvoir en place sait bien que KIPRE pourrait être ce genre de personnes qui pourrait à terme représenter un danger, non pas parce qu’il aurait envie de prendre le pouvoir, mais plutôt parce qu’il milite pour des actions claires en faveur de la libération de GBAGBO LAURENT, et la préservation de ses idéaux. C’est aussi pourquoi le pouvoir OUATTARA aura interdit toute activité de ce parti sur le territoire ivoirien, emprisonnant au passage des responsables de l’UNG, jusqu’ici, sans procès et assistance juridique !! Et c’est justement ces idéaux qui font en sorte que de nombreux mécènes auront décidé de l’épauler dans son discours politique. Malheureusement, il existera toujours de menues personnes sans esprit qui continueront de croire que KIPRE puisse avoir bâti une pseudo fortune issue des fonds étatiques sous l’administration GBAGBO, à l’origine de son influence politique !! Foutaises !!

    Quatro : « Mais Kipré (ancien du RHDP…) … doit aussi faire face à la très influente Nadiana Bamba … détentrice du Groupe de presse Cyclone, maison-mère des titres «Le Temps» et «LG info» »

    Non mes amis, on corrige cela très vite : KIPRE n’a jamais été formellement membre du RHDP !! La sortie de ce parti politique s’est effectuée très top (d’ailleurs, KIPRE aura désapprouvé cette collusion RHDP), à un moment où des divergences d’opinion entre KIPRE et la direction du parti atteindront leur paroxysme. Par contre, ANAKY aura fait le choix de participer volontairement au RHDP, ce qu’il regrettera d’ailleurs plus tard. Quand à NADIANA BAMBA, il est évident que c’est l’argument classique, qui consiste à l’opposer à une personne que l’on ne nommera pas dans cet article, pour la simple raison que la seule énonciation de son nom suffit à effacer toutes les conneries déblatérées. Non, NADIANA BAMBA n’aura jamais autant d’influence politique dans ce pays, ou sur GBAGBO LAURENT, que SIMONE EHIVET GBAGBO, maintenue ne prison pour des raisons évidentes. L’objectif est donc toujours le même, faire croire que BAMBA pourrait avoir une quelconque importance ou influence politique, juste pour frustrer les pro GBAGBO et les détourner de la politique. Oui, l’intention aurait pu être bonne, seulement si SIMONE EHIVET serait en liberté et qu’elle se serait « mesurée » à BAMBA !! Non, comme pour MANDELA, la réclusion de SIMONE EHIVET GBAGBO la grandi au jour le jour, et il est évident que son influence politique et sa carrure ne feront que grandir proportionnellement au temps qu’elle passera en prison. Quant à SEM GBAGBO LAURENT, il a le droit de fréquenter qui il veut, mais entre nous, il est évident que les sujets d’ordre politique ne se mènent qu’avec les personnes qui sont aptes à les mener. On se connaît !! BAMBA n’en fait pas partie !!

    Cinque : « Elle aurait aussi plusieurs autres cadres influents dans son sillage, dont Damana Adia Pikass et Koné Katinan, tous deux exilés à Accra depuis 2011. »

    Oui, il fallait bien dépoussiérer le dossier et tout faire pour que ces noms réapparaissent à la une. Autant nos chers amis, exilés et persécutés feront tout pour ne pas se faire voir, autant nos chers amis journalistes feront tout pour qu’on ne les oublie pas. Non, tout est une question de potentiel !! Les cellules dormantes du système GBAGBO ont toute leur virulence et n’attendent que le moment opportun pour rentrer en activité. C’est d’ailleurs ce que l’on pourrait dire des millions d’ivoiriens qui observent ce pouvoir et qui attendent patiemment le moment opportun pour se manifester. Ces ivoiriens qui se sont amusés de voir OUATTARA peiner face à ses esclaves militaires, en quête de rétribution !! Merci tout de même à notre cher ami journaliste. Bonjour là-bas !!

    Six : « La Lettre du Continent… révèle que Stéphane Kipré a choisi de se renforcer «son empire» médiatique, en rachetant le Nouveau Courrier au journaliste Franco-Ivoiro-Camerounais Théophile Kouamouo. La transaction aurait coûté un « petit » montant de 27 400 euros, soit 18 millions de F CFA »

    Oh oui, on se fait plaisir ici !! Tout d’abord, on fera de KOUAMOUO un Franco-Ivoiro-Camerounais !! Comme si OUTTARA serait un Burkinabo – américano – Ivoiro- francais !! Tchrrr !!! Bref !! On se demandera ici quel objectif notre cher ami journaliste s’efforce de cibler : l’ironie quant il parle d’empire médiatique, ou alors du montant (dit « petit ») qui « aurait » (oui, tout est ici au conditionnel, le temps des menteurs) été déboursé pour racheter le courrier !! Non, les faits sont têtus !! Les organes de presses pro GBAGBO sont avant tout politiques, avec une action dite politique, c’est à dire que leur valeur ne se compte pas par rapport aux ventes, au capital, ou toute autre valeur boursière, mais plutôt par rapport à leur impact politique sur l’échiquier politique local ivoirien. Ces fameux journaux bleus, qu’il plait au pouvoir en place de fermer à chaque échéance stratégique, pour de futiles raisons, ces journaux qui mettent le pouvoir en difficulté, à chaque fois qu’il se plante… Alors oui, l’empire médiatique, c’est trop dire, il s’agit d’outils de travail mis sur pied par une faction politique donnée, qui se doivent d’être entretenu et maintenu en ordre de bataille. Et si KOUAMOUO juge ne plus pouvoir tenir le gouvernail (il s’en est plaint et on l’en excuse), il est logique qu’il transmette l’outil à celui qui le pourra et qui en a l’expérience. Il est évident ici que les montants ne sont que des conneries déblatérées pour ironiser comme on le peut, face à une éventuelle redynamisation d’organe de presse, devant laquelle on est impuissant. Non, le « franc symbolique » ne devrait pas être ce qui vous inquiète, mais plutôt le but recherché par le « nouvel acquéreur » !! Soit dit au passage, le « prix » du journal ne joue aucun rôle, le problème est qu’il faut avoir un certain pédigrée pour prétendre l’acheter !! Ou bien ?? Entretemps, il serait bien de vérifier l’information, au lieu de déblatérer des conneries que l’on ne viendra jamais démentir !!

    Septio : « Avec ce rachat, le gendre et la fille…une injection de capital de 50 millions…Rappelons enfin que Stéphane Kipré est très proche de Charles Kader Gooré. »

    Oui, on revient au début de l’article, avec l’objectif de salir encore une fois GBAGBO LAURENT (le père et le beau père !! Forcement), mais aussi au passage un homme d’affaire qui a fait « l’erreur » de se rapprocher de l’administration GBAGBO LAURENT, homme d’affaire d’ailleurs sacqué par ce pouvoir, mais qui a su rebondir on ne sait comment. Non, nous savons tous comment ce monde fonctionne et ce dont les puissances occidentales sont capables, quand elle le veulent. S’il s’agit de chercher à savoir d’où vient la « fortune » de KIPRE, cela ne peut prendre plus de trois jours de recherche. Ces recherches ont été faites depuis au moins 2011, sans aucune conclusion officielle ou officieuse. GBAGBO LAURENT est et reste indigent aux yeux de la loi, mais aussi des nombreuses sociétés financières et des agences secrètes américaines et européennes. Ce qui est, c’est que l’on se refusera de dire que des hommes d’états politiques connus, font partie du cercle de fréquentation de KIPRE Stéphane, des hommes d’état qui sont pour la libération de GBAGBO LAURENT et qui ne se cachent pas pour le dire. C’est hommes d’états qui feront le nécessaire pour que GBAGBO ne souffre point, encore moins son entourage. Mais voilà, si on prononce les mots « gendre », « fille » ou « KADER GOORE » avec facilité, il est évident que des noms comme THABO MBEKI, ZUMA, MACKY SALL etc. ne se prononcent pas sans conséquences …

    Imbéciles !!

    Épilogue !! (Ouais !! Comme toujours, il y en aura qui sauteront leurs fusibles dès les premières lignes et se plaindront du courant au lieu de passer à des fusibles de qualité !!)

  5. Zouzou 20 mars 2017 à 11:45 -

    Pour qui roule Kipré ?
    13 décembre 2008 à 23h20
    Jeune-Afrique

    Le gendre du chef de l’État organise le 15 novembre à Yamoussoukro la première convention de son parti, l’Union des nouvelles générations. Avec l’ambition de jouer un rôle clé lors des prochaines législatives.

    Il a à peine 28 ans, mais joue déjà dans la cour des grands. Après avoir entamé une carrière d’homme d’affaires, Stéphane Kipré s’engage sur le terrain miné de la politique. Gendre du chef de l’État, on dit de lui qu’il roule pour Simone Gbagbo, la première dame. Il s’en défend et assure avoir des ambitions d’abord pour lui-même.
    Le 15 novembre, c’est dans les marbres et les dorures de la Fondation Houphouët-Boigny, à Yamoussoukro, que Stéphane Kipré a convoqué la première convention de son parti, l’Union des nouvelles générations (UNG). Il y attend quelque 5 000 délégués, venus de tout le pays, même si sa formation recrute d’abord dans sa région d’origine, l’Ouest. C’est un jeune homme déjà bien établi qui prétend aujourd’hui se faire une place dans un paysage politique très encombré.
    Avant d’entrer en politique, Stéphane Kipré s’est en effet consacré à ses affaires, avec un certain succès. Il y a à peine cinq ans pourtant, il était un parfait inconnu. Muni d’un master en marketing et management industriel obtenu dans une université américaine, il rentre en 2003 dans une Côte d’Ivoire en guerre. Natif de Toroguhé, un village de la région de Daloa, il monte avec trois associés en 2004 la société Mécanique, métallurgie, électricité, chaudronnerie (Mecaf), qu’il installe à Treichville, un quartier d’Abidjan. Quelques années plus tard, il se déplace en Hummer, le véhicule américain venu des zones de guerre, la voiture préférée de tous les m’as-tu-vu du continent.

    Il est fort probable que, sans son mariage, ses affaires n’auraient pas prospéré aussi vite. Depuis le 29 juin 2007, Stéphane Kipré est l’époux de Marie Laurence Djaya Gbagbo, l’une des jumelles du couple présidentiel. La rencontre avec sa femme va changer son destin politique.

    Il milite à l’époque dans une petite formation de l’opposition, le Mouvement des forces de l’avenir (MFA), présidée par Anaky Kobenan. Il prend même la tête du mouvement de la jeunesse de ce parti.

    Sa liaison avec la fille du président met fin à son engagement dans le camp des houphouétistes. Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié se méfient désormais de lui. Et s’il veut plaire à ses beaux-parents, il n’a guère d’autre choix que de changer son fusil d’épaule.

    Proche des patriotes

    Un mois après son mariage, en juillet 2007, il crée donc l’Union des nouvelles générations. Dans la foulée, il acquiert une imprimerie, crée Idéal Communication et, comme c’est le cas pour la quasi-totalité des partis politiques ivoiriens, dote l’UNG d’un organe de presse, Le Quotidien. Le journal est dirigé par Robert Kra, qui a longtemps travaillé au Matin d’Abidjan, le porte-voix des Jeunes patriotes de Charles Blé Goudé. Stéphane Kipré recrute également Allan Aliali, venu de Notre voie, le journal du Front populaire ivoirien, le parti de son beau-père.
    « Mon action s’inscrit en trois étapes : à court terme, implanter le parti à travers tout le pays ; à moyen terme, avoir des élus ; à long terme, prendre le pouvoir d’État », annonce-t-il avec l’aplomb de celui qui ne doute de rien. Il est vrai que le jeune loup est efficace. En moins d’un an, l’UNG revendique 30 000 membres, la jeunesse du parti, de son côté, affiche une centaine de sections et quelque 6 000 militants.
    Les proches de Stéphane Kipré prétendent qu’il a déjà investi un demi-milliard de F CFA dans son mouvement. L’UNG dispose d’un siège dans le quartier huppé de la Riviera Palmeraie, un bâtiment neuf de deux étages, plus imposant que le bâtiment du FPI ou celui du RDR. En un an, Stéphane Kipré a mis en place plus de 100 délégations locales de son parti, il a parcouru 50 000 kilomètres et animé quelque 300 réunions publiques. Ses tournées sont généralement de véritables shows, avec cortèges de 4×4 et défilés d’hommes en costume sombre et lunettes noires. Si personne ne connaît l’état réel de ses finances, en tout cas, le jeune Kipré flambe. À tel point que l’on s’interroge de plus en plus sur l’origine de ses fonds.
    Il a beau assurer qu’il finance son parti et sa carrière politique grâce aux bénéfices dégagés par Mecaf, certains cadres du FPI voient derrière cela la main du couple présidentiel. « Nous ne sommes pas dupes. Nous savons que le chef de l’État l’utilise pour affaiblir certains barons locaux réputés très gourmands et pas assez mobilisateurs », explique un haut dirigeant du FPI qui préfère garder l’anonymat.
    L’UNG a débauché des cadres du FPI, dont Arouna Koné, un proche de Simone Gbagbo et ancien directeur de la Société nationale des transports terrestres (Sonatt). Il a aussi recruté le syndicaliste Serge Koffi, filleul de Pascal Affi Nguessan, président du FPI. Ancien dirigeant de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), Serge Koffi est l’un des membres influents des « patriotes ».

    « L’arrogance du parvenu »

    Ils sont nombreux au FPI a se méfier de Kipré et de son parti, n’hésitant pas à fustiger « l’arrogance de ce jeune parvenu ». Mais, campagne présidentielle oblige, tous privilégient, pour le moment, le rassemblement des soutiens à Laurent Gbagbo. Pas question de fragiliser par des querelles internes le chef de l’État, dont la réélection est loin d’être acquise. La consigne reste d’avancer en rang serré.
    « La reconduction du mandat du chef de l’État, c’est l’essentiel pour nous. Et pour les échéances locales, il va falloir conclure des alliances », indique Sébastien Dano Djédjé, membre influent de la direction du FPI et ministre de la Réconciliation nationale, chargé des relations avec les institutions de la République. Et sur le terrain local, Kipré compte bien devenir un interlocuteur incontournable.
    Légalement trop jeune et objectivement trop peu expérimenté pour s’engager dans la course à la présidentielle, Stéphane Kipré va d’abord devoir faire ses preuves lors des législatives de 2009. « Nous allons présenter des candidats partout, notre objectif étant de dépasser la barre de dix députés pour pouvoir former un groupe parlementaire », indique Kipré, qui ajoute, sans doute à l’intention des barons du FPI : « Nous sommes dans une démocratie. La Côte d’Ivoire n’est la chasse gardée de personne. »

  6. Bouclier 20 mars 2017 à 11:46 -

    Il est fort probable que, sans son mariage, ses affaires n’auraient pas prospéré aussi vite. Depuis le 29 juin 2007, Stéphane Kipré est l’époux de Marie Laurence Djaya Gbagbo, l’une des jumelles du couple présidentiel. La rencontre avec sa femme va changer son destin politique.

    Il milite à l’époque dans une petite formation de l’opposition, le Mouvement des forces de l’avenir (MFA), présidée par Anaky Kobenan. Il prend même la tête du mouvement de la jeunesse de ce parti.

  7. Bouclier 20 mars 2017 à 11:51 -

    Lors de l’accord du Café de Versailles, Kipré a la table au nom des Houphouetistes. Le RHDP avait été mis en place en 2005, l’accord de versailles je crois en 2006…Kipré a épousé miss gbagbo en 2007. Vous pensez que Gbagbo est fou pour mettre son argent sur son vrai nom…ou bien laisser ces filles pauvres toute leur vie ? D’ou viennent les milliards de Kipré que tout le monde savait encore pauvre au MFA ?

    @Dabakala tu gates ton nom cette fois.

  8. marianne 20 mars 2017 à 15:09 -

    ils sont quand même comiques quoi c’est gens là!

    Voila des bonabos qui ne sont pas du tout gênés de voir des étudiants à la tête de rebellion sans qu’on sache où ils ont eu leur pognon ne serait ce que pour payer un canif, des gens qui ne sont pas gênés de voir un dga du fmi devenir subitement milliardaire, des épouses devenues femmes d’affaires prospères, des ministres devenus milliardaires, des matoux devenus de grands industriels, la liste serait trop longue à énumérer mais qui se fendent de commentaires outrés dès qu’il s’agit d’un pro gbagbo!!!!!

    Façon vous acceptez et vous êtes fiers d’avoir des leaders au passé sulfureux, c’est comme ça les autres ivoiriens aussi acceptent les leurs.

    façon vous acceptez que des mercenaires au mépris des lois se font payer une rançon, c’est aussi comme ça vous devez accepter que des fonctionnaires au mépris de l’état de l’économie demandent leurs stocks.

    C’est quoi ce pays où un groupe doit respecter la loi et souffrir quand un autre en tire profit au mépris de toutes les lois?

    Et ça veut donner des leçons de morale aux gens pouahhh misère intellectuelle et morale.

  9. dabakala 20 mars 2017 à 19:16 -

    @Bouclier …

    Si je gâte mon nom ??? Non, pas du tout !! Sachez que les investigations sérieuses du FBI, de la fedbank, du FMI concernant l’indigence de SEM GBAGBO LAURENT, portaient sur sa personne et sur tous ses proches (au sens large du terme : fille, beau fils, membre du gouvernement, officiers, diplomates, etc. etc.) !! Rien de substantiel n’a été découvert, qui aurait pu l’obliger à financer lui-même son procès (par contre, les comptes de BOHOUN, TAGRO ont été saisis et bloqués) !!

    Alors oui, on peut dire ce que l’on veut, mais les ressources de KIPRE sont facilement retraçables pour ceux qui osent faire l’effort de se renseigner !! Et c’est justement parce que l’on n’a rien à redire que rien ne se fait, car des mécènes pluriels qui n’ont aucunes prescriptions ou interdictions en terme de dons ou aides, ne peuvent être inquiétés seulement parce qu’ils ont offert de l’argent à KIPRE, dans un but purement politique.

    Et pour votre gouverne, sachez que KIPRE Stéphane n’était pas prolétaire au moment où il épousait la fille du président en 2007. Il avait déjà son cercle de lobby et ses appuis !! Est-ce que son mariage a contribué à améliorer ses « affaires » ?? Oui, les imbéciles le certifieront, peut-être, mais ce qui est, c’est que KIPRE fait partie de ces très rares personnes qui ont soutenu SEM GBAGBO LAURENT par vent et marée, et qui continue de se mettre ouvertement en danger à travers des prises de positions et un verbe qui suffirait à vous projeter dans les pires des prisons des savanes OUATTARANDIENNES ivoiriennes ou Burkinabès (Pauvre SAM L’africain !! Yako !!!). Non, KIPRE est de fait un homme politique, avec une ligne politique claire et limpide, intègre et constante, 6 ans après l’emprisonnement de GBAGBO LAURENT, quand les autres se sont fourvoyés à tous les niveaux (y compris BLE GOUDE d’ailleurs)

    Mais si vous voulez croire que sa fortune provient de GBAGBO LAURENT, vous êtes libre de le croire et de rester de parfaits imbéciles !!

    C’est votre droit !!

    Par contre, ce que nous retenons comme principe, c’est le droit de déposséder toutes les personnes qui auront été proches de OUATTARA et de son système, pour la simple raison qu’elles aient été en rapport avec lui !! Tant pis pour toutes les personnes qui auront acquis leur richesse à la sueur de leur front !!

    C’est ce que vous nous apprenez !!

    Imbéciles !!

    Épilogue !!

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