« L’important est d’avoir une monnaie qui fonctionne, la souveraineté monétaire c’est du blablabla ! » (Billon)

Mis en ligne par La Rédaction | lundi 11 Sep 2017


Par Connectionivoirienne

Débat autour du FCFA et endettement de la Côte d’Ivoire – Jean Louis Billon se prononce devant des étudiants :

• l‘endettement n’est pas le problème mais l’utilisation qu’on fait des fonds

L’ancien ministre du commerce de Ouattara, ex-président du groupe Sifca et actuel porte-parole adjoint du Pdci était samedi l’hôte des étudiants de la cité rouge de Cocody. Invité à se prononcer sur la problématique du chômage, il a livré son opinion sur plusieurs sujets soulevés par les étudiants.

Sur la question du FCFA qui fait débat en ce moment, Jean Louis Billon a estimé que le souci ne se situe pas au niveau de la souveraineté monétaire mais au niveau du fonctionnement car selon lui, des pays ont tenté cette expérience qu’ils ont vite abandonnée par la suite. Plus précisément, il soutient sa pensée en ces termes : « Il y a un débat qui est né au niveau du FCFA. Et pour moi, le principe de la souveraineté, c’est du blablabla. L’essentiel c’est d’avoir une monnaie qui fonctionne. Aujourd’hui, c’est d’aller vers une dématérialisation de la monnaie. Je suis allé en Equateur et là-bas, ils ont abandonné leur monnaie nationale (le Suk) pour le Dollar américain et l’économie fonctionne. (…) Nous avons une monnaie utilisée dans une union monétaire donc corrigeons ses aspects qui dérangent, trouvons lui un nouveau nom, mettons le compte des opérations ici ou ailleurs parce que certains pensent que c’est du néocolonialisme (qu’il soit en France). Ça rapportera des intérêts et ça garantit la valeur de notre monnaie parce que quand vous avez une monnaie que vous n’avez pas de réserve d’or pour la garantir, elle se déprécie, c’est le cas du Zimbabwe. Quand vous allez au Ghana ou au Nigeria, les tarifs dans les hôtels ne sont pas fixés en monnaie locale mais en Dollars. En Guinée, ils ont le franc guinéen mais ils vous demanderont du CFA ou du Dollar. Donc, oui ! Elle a des inconvénients mais corrigeons-les. Et surtout approprions-nous cette monnaie. C’est la nôtre, on se déconnecte, on la rend convertible. Moi il y a une chose qui me dérange c’est que le CFA n’est pas convertible comme les autres monnaies. Il faut corriger cela. Trouvons les aspects de compétitivité et moi je dis qu’il faut qu’elle fluctue par rapport au Dollar ou à l’Euro ».

En ce qui concerne l’endettement que dénoncent certains, les étudiants ont voulu savoir s’il est un frein au développement. Billon répond que l’endettement en lui-même n’est pas le problème. Le seul problème, explique-t-il, c’est l’utilisation faite des sommes empruntées. Il s’est dit ulcéré de voir que l’université ait été réhabilitée à coups de milliards sans qu’on y ait ajouté 10 amphithéâtres de plus. Nos institutions universitaires, déplore-t-il, restent sous-équipées en deçà du niveau des années 70. Il dit ne pas également comprendre la dégradation rapide des routes alors même qu’on n’a pas encore atteint le retour sur investissement. En un mot comme en mille, le président suspendu du Conseil régional du Hambol a dénoncé la corruption, le népotisme et le favoritisme dans la gouvernance actuelle.

Il s’est également présenté en champion du nationalisme économique. Pour lui, il n’est pas normal que des pans entiers de notre économie soient aux mains des groupes étrangers. « Il faut privilégier la préférence nationale », affirme-t-il, dénonçant au passage les monopoles.

Jean louis Billon a dit à qui veut l’entendre qu’il a toujours eu ‘’le courage de ses actes et de ses opinions’’. En cela, il s’est élevé contre les journalistes qui, en Côte d’Ivoire, préfèrent ‘’défendre l’indéfendable’’ alors qu’ils sont censés être libres dans la tête. Allusion faite à ses contradicteurs lorsque, membre du gouvernement, il s’opposait à l’attribution du terminal à conteneurs au groupe français Bolloré.

SD à Abidjan
sdebailly@yahoo.fr

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  1. Coigny 11 septembre 2017 à 19:00 -

    LES ETATS N’ONT PAS D’AMIS…
    Ce petit débat sur le FCFA, monnaie avec laquelle nos parents nous ont envoyé faire des courses, étudier, voyager, nourris, etc m’amuse parfois. Et J-L Billon, personnage pour qui j’ai toujours eu de l’admiration depuis son retour au pays et son petit bureau à l’immeuble N’Zarama, confirme mon opinion sur le sujet. Parce que cette affaire, pour ceux qui soutiennent corps et âme le système en place, emmène à se poser une série de questions autour de l’altruisme. Parce qu’à les écouter, la France, en plus d’être « la patrie des droits de l’Homme », de la « déclaration universelle des droits de l’homme », « fille aînée de l’église »,  » partie de la liberté », est en sus le modèle achevé de l’altruisme. De quoi renvoyer mère Thérésa se rhabiller, franchement.

    Alors comme ça,
    – ce pays a décidé PAR ALTRUISME de créer une monnaie pour aider nos culs noirs qui n’auraient pu s’en sortit autrement ?
    – ce pays a décidé PAR ALTRUISME de mobiliser compétences de haut niveau et moyens logistiques pour gérer à notre place une monnaie ?
    – ce pays a décidé PAR ALTRUISME de se poser en garant de notre solvabilité en gérant un compte d’opération inscrit dans ses comptes ?
    – ce pays a décidé PAR ALTRUISME de superviser toutes nos transactions internationales et se faire payer à notre place avant de nous retourner ce qui est dû ?
    – et j’en oublie certainement des délicatesses et du dévouement que cette nation crée pour nous, pauvres nègres incapables de se torcher le cul, par pur ALTRUISME.
    Chers frères et chers compatriotes, désertons églises et mosquées pour louer la France les vendredi et les dimanche, parce que c’est ce pays qui nous donne notre pain quotidien de façon désintéressée sans RIEN Y GAGNER, PAR PUR ALTRUISME !

    Un Africain, instruit de son histoire, devrait non seulement fuir les déclarations de bonne intention désintéressées, mais surtout se méfier de leurs porteurs :
    – la dernière fois que des enturbannés ont traversé le désert venir répandre la bonne parole de leur livre saint, ils n’ont pas oublié de décimer des villages entier (souvent pour juste 2 enfants à enlever, comme le retrace brillamment un chercheur et historien Ghanéen), ce qui donne le chiffre hallucinant de centaines de millions de déportés pendant 13 siècles (du 7è au 20è) dont il ne subside quasiment aucune trace de descendance ;
    – la dernière fois que des galions et caravelles ont abordé nos côtes c’était pour une mission pacifique d’échanges commerciaux, mais ce sont des dizaines de millions de nos forces vives qui ont été la marchandise ;
    – la dernière fois que les missionnaires ont remonté nos côtes et nos rivières, c’était pour faire découvrir le chemin du salut rédempteur à des « créatures sans cervelle et sans âme », pour le résultat que nous connaissons : conférence de Berlin, travaux forcés, colonisation et le martyr continue…

    Alors, quand Billon qui lorgne 2020 cite toutes les contraintes de la servitude du CFA mais botte en touche sur la question de la souveraineté, je suis rassuré et conforté : nul ne peut afficher son hostilité à cette monnaie et espérer avoir un avenir politique, dans l’état actuel des choses. La chose est taboue, et l’aborder peut même être très risqué. Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des inérêts et cet intérêt-ci est vital pour le Coq. N’en déplaise à ceux qui continuent naïvement de croire que c’est par amitié et altruisme que la France entretient le francs CFA.

  2. Anti-virus 11 septembre 2017 à 23:44 -

    Merci @coigny

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