Nombreux sont les ivoiriens de la diaspora qui éprouvent d’énormes difficultés à établir leur nouveau passeport biométrique. Nos autorités politiques et administratives semblent l’ignorer, au grand détriment de cette diaspora. Il y a donc lieu d’en parler pour attirer leur attention sur ce sujet.
Dans toute l’Europe, l’ambassade de Côte-d’Ivoire en France a été exclusivement choisie pour la confection des passeports biométriques des ivoiriens. Les choses se passent comme si l’Europe était une ville dont le centre serait la France. Si cette situation fait des ivoiriens de France des citoyens privilégiés, ce privilège est aux antipodes du principe d’égalité des citoyens. Certes les ivoiriens de France sont plus nombreux que leurs compatriotes des autres pays européens, mais cela ne saurait justifier que ceux-ci soient négligés de la sorte. Comment comprendre que des ivoiriens soient obligés de quitter L’Espagne, la Norvège, l’Italie, la suisse, le Danemark, la Grande Bretagne, etc., pour venir établir un passeport biométrique, dont le coût, incluant les frais de transport et/ou d’hôtel pour certains, leurs revient finalement très cher.
Mais en dehors des difficultés à fournir les pièces exigées, le problème de ces ivoiriens n’est pas que financier, il est aussi celui de la libre circulation. Des ivoiriens ont perdu leur passeport, d’autres en possède encore mais dont la date de validité a expiré. Tous ces ivoiriens sont logiquement dans l’impossibilité de se rendre en France sans ce document de voyage nécessaire pour traverser les frontières européennes, à moins de prendre le risque en forçant le voyage par le train ou le car. Ceux qui sont en situation irrégulière dans les pays où ils résident sont dans l’impossibilité de se rendre en France, à moins de prendre le risque de se faire arrêter à la frontière et de se faire rapatrier. Dans la plupart des cas ces ivoiriens sans passeport biométrique en ont pourtant besoin pour faire leur demande de titre de séjour. Et dans ce cas l’équation reste insoluble : comment demander un titre de séjour sans le passeport biométrique et comment se rendre à Paris sans ce passeport qui doit y être établi? La complexité de la situation force encore notre interrogation: l’Etat de Côte d’ivoire veut-il, peut-être à son insu, contribuer subrepticement dans ces conditions à empirer les difficultés des ses ressortissants concernés par cette situation, ainsi qu’à leur rapatriement ?
Quand il était question de rechercher des électeurs et du bétail électoral, l’Etat ivoirien n’a pas lésiné sur les dépenses dans le cadre de l’opération d’enrôlement des ivoiriens de la diaspora. Ainsi, la France, L’Allemagne, L’Italie, La Belgique, le Danemark, l’Espagne, la Grande Bretagne et la suisse ont été retenus pour l’enrôlement des ivoiriens d’Europe devant figurer sur la liste électorale. Pourquoi ne pas faire autant pour la confection des passeports biométriques? Va-t-on encore évoquer le coût financier très élevé d’une opération pour un pays en crise, afin de justifier cet état de chose? Mais cette sempiternelle justification ne saurait convaincre et prospérer.
Sans doute le calvaire des ivoiriens d’Europe dans le cadre de l’établissement de leur passeport est aussi vécu par la diaspora ivoirienne des autres continents. Si l’on s’en tient à l’information actuellement en ligne sur le site internet officiel du gouvernement ivoirien, seulement Washington a été retenu pour le continent américain comme lieu d’établissement du passeport biométrique. Or pour l’enrôlement, avaient été également retenus, pour les Etats-Unis, New York, Los Angeles, Atlanta, et, pour le Canada, Ottawa et Montréal. Pour l’Asie le passeport biométrique ivoirien ne peut être établi qu’à Beijing (Chine), alors que l’enrôlement y avait également lieu à New Deli (Inde) et à Ryad (Arabie Saoudite). Quant à la diaspora ivoirienne en Afrique, elle peut se rendre en Côte-d’Ivoire ou en Afrique du sud, précisément à Johannesburg pour la confection du passeport biométrique. Or cette diaspora ivoirienne a pu également faire son enrôlement, au Maroc, en Tunisie, au Sénégal, en Guinée, au Mali, au Gabon, au Burkina Faso, au Nigeria et au Ghana.
Il y a une certaine injustice et des préjudices de tous ordres dans ce désordre et cette négligence coupable qui caractérisent la politique ivoirienne d’établissement des passeports biométriques. Que vivement nos autorités réagissent et agissent efficacement pour mettre fin à ce calvaire.
ZEKA TOGUI, COPACI_INFOMAIL
Le Journal de Connectionivoirienne.net


