L’ancien Président centrafricain André Kolingba s’est éteint ce dimanche 07 février, à 73 ans, à Paris, des suites d’un cancer. Considéré comme le « grand bâtisseur », il fut le fondateur, en 1987, du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), qui est aujourd’hui la seconde force d’opposition du pays. André Kolingba accédait au pouvoir en 1981 à la faveur d’un coup d’Etat mettant un terme aux trois ans de règne de David Dacko, successeur de l’empereur Jean-Bédel Bokassa.
Il s’est voulu un homme de dialogue et un serviteur et traducteur de la volonté du peuple. Ce profond désir l’a poussé à accepter d’instaurer le multipartisme dans son pays en 1991. Arrivé au pouvoir par un putsch, il le quittera dans la sérénité à la suite d’un scrutin électoral en 1993 et qui mettra Ange-Félix Patassé à la tête du gouvernement. Mais son « appétence de pouvoir » que critiquaient acerbement ses détracteurs le conduira à reconquérir le régime de force en 2001. La tentative manquée, il sera pourchassé, sa tête mise à prix (25 millions de francs CFA, mort ou vif) par son successeur. Il se réfugie alors en Ouganda.
Ses efforts dans la réussite du « dialogue national » et son mea culpa historique lui feront bénéficier d’une amnistie générale décrétée après le putsch de 2003 par François Bozizé. Néanmoins, Kolingba reste ferme dans son désir de diriger la barque de la nation centrafricaine et se présentera à l’élection présidentielle de 2005. Il arrive en troisième position. Découragé, souffrant, Il se démet de toutes ses ambitions politiques. Il quitte l’Union des forces vives de la Nation (UFVN), principale coalition de l’opposition et suspend sa participation à la Commission électorale indépendante (CEI). L’ancien homme d’Etat part alors, laissant le peuple centrafricain orphelin et nostalgique, sevré d’une riche épopée qui a dessiné les contours actuels et futurs démocratiques du dessein de la Centrafrique.


