Les coulisses de la comparution de Gbagbo hier devant la CPI

Mis en ligne par La Rédaction | Mercredi 7 déc 2011


Presse-room CPI

LA HAYE – Connectionivoirienne.net

Les coulisses de la comparution de Gbagbo hier devant la CPI

1. Dans le media-room, Théophile Kouamouo s’est emporté un court instant parce-que sa collaboratrice arrivée de Paris avec lui était un moment introuvable. « Mais elle est où ? C’est ici qu’elle doit être et pas dehors avec les manifestants. On est venu bosser et non pas manifester… »

2. Le « media-room » était bien rempli de journalistes venus du monde entier couvrir cette première comparution de Laurent Gbagbo. Al Jazeera, Télévision Suisse Romande, Belge, AP, Jeune-Afrique, l’Intelligent d’Abidjan, le Nouveau Courrier, Connectionivoirienne.net, média Néerlandais à grand tirages TV, Radio, Aujourdhui-en-guinee.com, France24, Jeune-Afrique…La convivialité était aussi de mise entre la presse internationale et les journalistes ivoiriens.

3. Alafé Wakili de l’Intelligent d’Abidjan panique, car resté un bon moment sans nouvelles de son correspondant arrivé depuis Paris. Ce dernier était durant tout le voyage et à son arrivée à La Haye injoignable sur son numéro portable de France. C’est le DP de Connectionivoirienne.net qui informera Alafé de la présence de son collaborateur dans le media-room. « Oui, oui j’arrivais pas à le joindre…» écrira Alafé dans son sms.

4. Kouhon Philippe aperçu et dans un embonpoint bien visible. Le Journaliste indépendant Kouhon Philippe faisait partie de la délégation de journalistes venus de Paris, spécialement invités et pris en charge par la CPI.

5. Le porte-parole de la CPI, Fadi El AbdallahdeI était au four et au moulin, bien visible au service des représentants de la presse. Chapeau 8/10 comme note !

6. Alain Toussaint était en star hier à La Haye. Toute la presse lui courait après. La plupart des journalistes interrogés étaient satisfaits de sa disponibilité et de ses réponses qui épinglent toujours la France-Afrique.

7. Aucun incident majeur n’a été signalé. Mise à part ça et là quelques échanges légèrement tendus entre certains journalistes indépendants « taxés » d’avoir soutenu le RHDP durant la crise postélectorale et des extrémistes zélés du camp Gbagbo. De petits malentendus très vite évacués et à vite oublier.

8. Durant tout le procès le procureur argentin Ocampo n’a pas osé fixer Laurent Gbagbo directement dans les yeux.

9. Le service de police interne de la CPI a pu canaliser par sa rigueur les différents mouvements d’officiels et de sympathisants de Laurent Gbagbo. La police de la CPI était très ferme sur le respect des règlements. Pas de photos, pas de vidéos à l’intérieur du tribunal, tout le monde debout a l’entrée et à la sortie des juges etc.

10. Guy Labertit sera toujours là, pour soutenir son ami Laurent Gbagbo. En effet, le « camarade » Guy la mine tendue était hier à la Haye, parmi les militants LMP présents. Il était constamment entre séances de poses photos avec les militants et au micro des journalistes.

Entrée CPI - Photo Connectionivoirienne.net

11. Aucun officiel ivoirien de l’administration Ouattara n’a été aperçu. En tout cas pas par nous.

12. L’Internet lâche la presse. C’était un peu la colère dans le media-room après le procès. La connexion internet gratuite, déjà pas trop stable a fini par se planter. Pendant une bonne heure et même plus, les journalistes ne pouvaient se connecter. Comme généralement dans ce cas, le fournisseur d’accès [Xs4all, aussi hébergeur des serveurs de ce site, ndlr] a été pointé du doigt par la Com de la CPI, alors que tout indiquait que la faute était interne. Un problème de surcapacité compte tenu du trafic élevé d’échanges de données (vidéo et audio).

13. Une affluence record. De mémoire de travailleurs des 3 tribunaux spéciaux présents à la Haye (Yougoslavie, Charles Taylor et CPI), c’est la première fois que toutes les salles donnant la vue sur la salle d’audience 1 de la CPI, ont fait le plein.

14. Ocampo mis hors-jeu. Le procureur Argentin aura cédé son poste à la Gambienne Fatou Bensouda, lorsque le procès Gbagbo reprendra le 18 juin 2012 prochain. Il y a aussi aussi de forte chances que Nicolas Sarkozy ne soit plus Président à cette date. Les militants LMP étaient très satisfaits du départ de l’Argentin et se disent déterminés à tout faire pour que Hollande batte Sarko à la prochaine présidentielle française. « le procès est politique, mieux vaut se débarrasser de ses deux soutiens à Ouattara et après on avisera »

15. Gbocho Claude de la Radio francophone en FM Aconda basée à Hambourg en RFA, était présent à la Haye accompagné de son collaborateur Jérôme Kouadio et d’une collaboratrice Allemande.

16. Pendant le procès le temps était sec à la Haye. Par contre cette matinée de fin d’automne était pluvieuse avec beaucoup de vent. Certains visiteurs peu habitués au vent froid qui souffle en constance sur les Pays-Bas, grelottaient. « Revenez en hiver, vous allez comprendre » leur disait le directeur de publication de connectionivoirienne.net, lui-même résident aux Pays-Bas.

17. Arrivés émotionnés et les visages graves, la plupart des supporters de Laurent Gbagbo sont repartis satisfaits après avoir revu la combativité affichée par leur champion « Séplou 1er ».

18. Mais où sont ou les supporters d’Alassane Ouattara ? se demandaient des collègues de la presse néerlandaise ? Il faut dire que les «adophiles » se sont bien tenus, très loin de ce premier procès Gbagbo. « Les dozos-là on veut pas les voir ici, ils viendront au procès de Soro et de Ouattara » clamaient certains militants LMP.

19. La presse et les diplomates étaient dans les mêmes salons au 1er étage [niveau salle d'audience] pour suivre le procès, bien sûr derrière une baie vitrée et avec casques audio sur la tête. Des casques audio que certains collègues n’arrivaient pas à bien manipuler. Deux collègues ont même suivi tout le procès en Anglais, au lieu du canal en Français…Le gros lot du public se trouvait au 3e étage d’ou fut entonné l’Abidjanaise.

20. La tension était palpable chez le leader des résistants (CRI-panafricain) à Ouattara en France, Abel Naki, contraint de quitter la salle de presse qui jouxte celle de l’audience. Abel Naki avait pu entrer dans la salle, sous le couvert des journalistes accrédités.

21. L’ancien avocat de Mme Simone Gbagbo, Me Dadjé Rodrigue a été aperçu, en compagnie de Me Habiba Touré. Dadjé Rodrigue arborait une barbe broussailleuse, et n’a pas eu accès à la salle d’audience.

22. Le journaliste ivoirien résidant en France, Axel Illary, était inconsolable à la fin de l’audience. « Nous n’avions pas besoin de ça. La Côte d’Ivoire pouvait ne pas en arriver là. Pourquoi? », s’est indigné notre confrère la gorge nouée. Il ne pouvait plus tenir sa caméra. D’autres confrères lui ont conseillé de rejoindre son hôtel. A son retour à la CPI sous le coup de 17 heures, le confrère était plus calme et disposé à faire son travail!

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