CPI: Le procès de Gbagbo en 2013

Mis en ligne par La Rédaction | Mercredi 12 sept 2012


Par ANASSÉ ANASSÉ Source: L’inter

Tout porte à croire que l’audience de confirmation des charges contre l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, n’aura pas lieu avant 2013. En effet, la Cour pénale internationale (CPI) vient de publier son nouveau ‘’Calendrier provisoire des audiences pour 2012 à compter du 10 septembre 2012’’.

Et nulle part dans cet agenda, ne figure le ‘’cas Gbagbo’’. «Ce calendrier provisoire a été établi à partir des informations disponibles à la date susmentionnée. Il s’agit d’un calendrier provisoire qui pourra faire l’objet de modifications selon que de besoin, en fonction de l’avancement de chacun des procès et des audiences qui devront se tenir devant les Chambres préliminaires et la Chambre d’appel», lit-on sur le site officiel de la CPI. Selon ce nouvel agenda de la juridiction pénale internationale, le seul et unique procès qui aura lieu à la CPI concerne l’affaire Jean-Pierre Bemba Gombo, du nom de l’ancien chef de guerre, vice-président de la République démocratique du Congo, impliqué dans une situation en République Centrafricaine.

Ce procès durera jusqu’au 14 décembre 2012. Puis interviendront les vacances judiciaires, qui s’étendront du 17 décembre 2012 au 4 janvier 2013. Les activités de la Cour ne reprendront que le 7 janvier 2013. Ce qui montre bien que le procès de Laurent Gbagbo, après deux reports, est encore loin de se tenir. En tout cas pas pour cette année 2012. Pendant ce temps, que devient l’ex-chef de l’État ivoirien ? Car cela fait un bon bout de temps qu’on ne sait plus trop grand’ chose sur Laurent Gbagbo, depuis le report pour la deuxième fois de l’audience de confirmation des charges, le 13 août dernier (la première audience était fixée au 18 juin).

Comment le prisonnier le plus célèbre de Scheveningen, le centre pénitentiaire qui accueille les détenus de la Cour pénale internationale (CPI), passe-t-il ses journées ? Ses visiteurs sont-ils aussi réguliers et nombreux que dans les premiers mois de son transfèrement à La Haye, aux Pays-Bas, le 30 novembre 2011 ? Continue-t-il de recevoir des milliers de coups de fil comme l’a révélé la CPI elle-même ? Comment a-t-il accueilli l’arrestation et la détention préventive de Justin Koné Katinan à Accra, et la menace d’extradition vers la Côte d’Ivoire qui plane sur son porte-parole en exil au Ghana ? Pour répondre à toutes ces préoccupations, nous avons interrogé quelques contacts en Hollande qui ont des connexions avec la CPI, certains leaders de la galaxie pro-Gbagbo en Europe ou en exil dans des pays de la sous-région, ainsi que des membres de l’équipe de défense officielle et des avocats qui travaillent dans l’ombre sur le dossier de l’ex-chef de l’État ivoirien.

Les dernières nouvelles de Gbagbo

Il ressort de nos investigations que Gbagbo ne crée plus le ‘’ buzz’’ à la CPI. Selon une source en contact avec le Greffe de la Cour, ses visites sont beaucoup plus espacées que durant le premier semestre de son arrivée à La Haye. Ses avocats, notamment le Français Me Emmanuel Altit et l’Ivoirienne Me Agathe Bahi Baroan, le rencontrent deux fois dans la semaine pour «travailler avec lui sur son dossier et l’informer des différents actes de la procédure», apprend-on. Outre l’équipe qui assure sa défense devant la CPI, Laurent Gbagbo reçoit «tous les quinze jours», nous dit-on, sa conseillère juridique, Me Géraldine Odéhouri-Brou, qui a loué un appartement à La Haye. D’où elle fait régulièrement la navette entre Accra et la cellule de l’ex-chef de l’État ivoirien pour lui apporter des nouvelles fraîches de sa famille biologique (sa mère Gado Marguerite âgée de 87 ans, ses frères, sœurs, filles et petits-enfants) et politique exilée au Ghana et dans les pays voisins (Togo et Bénin notamment). Viennent ensuite ses conseillers pour l’Europe, Bernard Houdain et le Professeur Alain Cappeau, et son porte-parole adjoint basé en France, Claude Koudou. Le premier aurait rencontré Gbagbo une fois en juillet et une autre fois en août, et les deux autres une seule fois durant les deux mois précédents, indiquent nos sources. Depuis le deuxième report de son procès prévu pour le 13 août, l’ex-président ivoirien n’a pas encore reçu la visite de leaders de galaxie pro-Gbagbo en Europe.

Même si nos sources sont peu bavardes sur le sujet, Laurent Gbagbo aurait reçu courant août quelques membres de sa famille nucléaire, ainsi que sa sœur cadette Jeannette Koudou qui aurait finalement obtenu un visa pour les Pays-Bas à partir d’Accra où elle est en exil (ce sésame lui avait été refusé une première fois en avril dernier). Côté appels téléphoniques, les coups de fil ont aussi fortement baissé, nous rapporte-on. Toutefois, soutient notre source, « depuis l’arrestation de son porte-parole à Accra, le téléphone a beaucoup crépité à la CPI pour l’ex-chef de l’État ivoirien. Les appels venaient surtout du Ghana et de l’Afrique du Sud». Selon les informations en notre possession, Gbagbo passe ses journées presque de la même manière : lecture, méditation, prière et sport, surtout la marche, dans la vaste cour du centre pénitentiaire de Scheveningen. L’ex-chef de l’État ivoirien s’informe sur l’actualité politique dans son pays, la Côte d’Ivoire et à l’étranger via les chaînes de télévisions étrangères et les journaux français disponibles quotidiennement dans la bibliothèque de la CPI. «Quand il a appris l’arrestation de son porte-parole Koné Katinan (Justin) à travers les médias, Gbagbo a été très affecté. Mon contact à la CPI m’a même dit qu’il a refusé de s’alimenter les 48 heures qui ont suivi l’interpellation de son porte-parole. Et chaque fois que M. Katinan (Koné) doit être auditionné à Accra par le juge qui doit statuer sur son extradition, Gbagbo observe un jeûne la veille et le jour même de l’audience», révèle notre source.

ANASSE ANASSE

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