Koulibaly « Que la CPI ne soit pas un instrument de vengeance du camp Ouattara »

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Camer.be

Homme très connu sur la scène politique Ivoirienne, il fut député de Koumassi, une commune d’Abidjan, président de l’Assemblée Nationale de Cote d’Ivoire, Président par intérim du Front Populaire Ivoirien, parti de Laurent Gbagbo qu’il quittera pour créer son propre parti ; Liberté et Démocratie Pour La République (LIDER). Mamadou Koulibaly est aussi un universitaire de haut vol. A 57 bougies, l’homme est prêt pour les défis d’une Afrique debout. Intervenant à un séminaire international sur la croissance et le développement à Yaoundé, il a entretenu les Séminaristes sur la promotion de l’entreprise, sur les constitutions et les régimes d’’Etat de droit en Afrique, sur les droits de la propriété et la promotion des libertés sur le continent. Au cours de l’entretien qu’il nous a accordé, nous avons aussi parlé de la crise Ivoirienne en général, de Gbagbo, de Ouattara, du FPI, du RDR. Par le franc parlé qu’on lui connait, il a répondu à nos questions. L’universitaire reste intarissable et l’homme politique ambitieux. Lisez plutôt.

Quel est l’objet de votre séjour à Yaoundé ?

Je suis membre d’un réseau d’économistes, de chercheurs, d’universitaires qui plaident à travers le continent Africain et la monde pour la démocratie, la liberté d’entreprise, l’Etat de droit, la recherche de la paix dans l’économie de marché. C’est dans ce cadre là que mes amis et moi après avoir reçu dans différents séminaires plusieurs étudiants Camerounais et d’Afrique centrale, nous nous sommes dits que ce serait bien de venir à Yaoundé organiser un séminaire local avec les étudiants et ca bien marché puisque nous avons eu plus d’une trentaine d’Etudiants initialement prévus pour 20 ou 25. Pendant ces trois jours, enfermés au sommet du Mont Febe au sein du Monastère des Bénédictins à Yaoundé, nous avons discuté de différents thèmes avec Hicham El Mousaoui du Maroc. Moi je suis intervenu sur la promotion de l’entreprise, sur les constitutions et les régimes d’’Etat de droit en Afrique, sur les droits de la propriété et la promotion des libertés sur le continent. L’idée étant de former de nouvelles générations, de discuter avec les élites Africaines, du poids, de l’intérêt et des modalités de la propriété privée et la promotion de l’entreprise comme source de création d’emplois, de la croissance et la répartition équitable des revenus.

Vous êtes ancien ministre et homme politique Ivoirien, quels commentaires vous suscite les développements que connait la crise Ivoirienne avec notamment l’arrestation et le transfert de Laurent Gbagbo à la cour internationale de justice.

J’attends toujours que la cour pénale internationale viennent en Cote d’Ivoire s’approprier les rapports d’enquête de la commission nationale d’enquête mise en place par le président Ouattara, les rapports d’Amnesty Internationale, Human Right Watch, et d’autres observateurs pour comprendre qu’il y a d’autres bourreaux en Cote d’Ivoire notamment ceux proches du pouvoir , ceux proches du gouvernement actuel de l’ancienne rébellion qui sont tout aussi susceptibles de se retrouver devant la cour Pénale Internationale. Ce que nous exigeons en tant que parti politique mais aussi en tant qu’intellectuel, c’est la justice, que le droit se dit. Que la cour pénale internationale ne se mette pas comme instrument de vengeance du camp Ouattara.

Vous êtes parti de FPI, parti de Laurent Gbagbo pour créer votre propre parti dénommé Liberté et Démocratie pour La République (LIDER). Pouvez-vous nous donner les raisons ?

C’est un parti jeune qui n’a que deux ans et qui est appelé à progresser, qui a le temps devant lui. Il est à la disposition de la jeunesse Ivoirienne et Africaine. Il se construit non pas autour d’un homme quelle que soit sa valeur, mais autour des idées de liberté, de propriété foncière à régler pour éviter les conflits, de l’instauration du régime parlementaire en Cote d’Ivoire, d’une retraite par capitalisation, que les populations Ivoiriennes puissent militer au sein des partis politiques de leur choix et non forcement sur les bases tribales, religieuses ou régionales. C’est la proposition que nous leur faisons, nous ne sommes ni pour ceux-ci ni pour ceux-là, nous équilibrons le marché politique Ivoirien contre toute violence. Nous voulons une Démocratie telle qu’elle se fait dans les Etats Modernes du monde.
La nature des rapports entre votre parti et le FPI de Laurent Gbagbo d’une part et le RDR d’Alassane Ouattara d’autre part.
Je ne suis ni d’un coté ni de l’autre. Nous n’avons pas encore eu des concertations pour définir des relations avec les autres. Le RDR de Ouattara est au pouvoir, je suis un opposant au RDR, opposé à ses méthodes, opposé à sa façon de gérer l’Etat, opposé à son discours tribaliste et ethnocentrique, opposé à sa violence et à son bras armé. Avec le FPI, je n’ai pas de relation spécifique, mais je ne voudrais surtout pas que nous puissions entrer dans des relations de haine réciproque. L’idée de la politique n’étant pas de s’entre-déchirer dans la violence, l’idée de la politique est le débat franc. Il y a de la place pour tous les partis en Cote d’Ivoire. C’est vrai que le FPI et moi nous nous sommes quittés, mais ce n’est pas pour autant que nous devons nous haïr.

Vous vous présentez comme un homme politique à la dimension Africaine. Votre message.

Les jeunes ne doivent pas désespérer, ne pas penser que tout est perdu. C’est vrai qu’en 2000, des journaux économiques internationaux disaient que l’Afrique est un continent perdu (Un titre de The Economist), en 2013 le même journal a titré en Mars que l’Afrique est un continent d’espoir. Il ne faut pas que cette jeunesse ne mesure pas cet espoir par le taux de croissance qui est proposés et baisse les bras. Cet espoir ne peut venir que si elle s’investi davantage, non pas à travers les bulletins de vote et militer dans des partis politiques, mais qu’elle se batte pour que les ruraux puissent avoir le titre foncier de leurs terres. Que cette jeunesse se batte pour que la propriété privée soit mieux protégée sur le continent. Que la justice soit mieux organisée et plus indépendante, que les Etats construisent de la monnaie et la monnaie de grande qualité. Les élites quant à elles doivent comprendre que la croissance actuelle du continent n’est pas suffisante pour donner espoir aux populations ils doivent prendre un engagement pour l’Etat de droit, l’éthique et au renforcement des libertés des populations. Sinon la croissance va disparaitre comme ce fut le cas dans les années 60.

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