Côte d’Ivoire université de Cocody – Le calvaire des étudiants REPORTAGE

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Lors de la rencontre entre le ministre Gnamien Konan et les différentes composantes de l’université Félix Houphouët Boigny, les étudiants ont soulevé le problème de l’insuffisance d’amphis, de salles de TD et de TP. Un véritable calvaire pour ces apprenant.

Par Gnahoré David

Il est 10 heures. A l’université Houphouët-Boigny, à l’Unité de formation et de recherche (Ufr), des étudiants attroupés échangent sur le manque d’infrastructures d’accueil. Ces derniers soulignent qu’il est vrai que l’Etat a réhabilité les bâtiments de l’université en oubliant l’essentiel : la construction de nouvelles salles de Travaux Pratiques (TP), de nouveaux amphis et de salles de Travaux Dirigés (TD). C’est ce qu’explique Kouamé Abel, étudiant en licence 1 de science physique. Selon lui, les salles de cours dans son Ufr sont très insuffisantes. Les étudiants s’adonnent à une lutte acharnée pour s’offrir une salle de TD. «Nous avons un véritable problème de salle de TD. Aujourd’hui, les différents groupes de TD ont été formés. Mais il se trouve que certains groupes n’ont pas de salle, ni de professeurs pour faire les cours. Cela est dû au fait que les salles sont en nombre insuffisant dans notre Ufr. Nous en physique, nous n’avons pas de salle de TD, donc nous les luttons avec les étudiants Chimie biologie géologie (Cbg)», se lamente l’étudiant. L’apprenant explique que cette lutte des salles est réglementée par les professeurs. Le prof qui arrive le premier demande à ses étudiants d’occuper la salle. Ainsi les autres attendent leur tour. « L’occupation des salles dépend des professeurs. Lorsque notre prof arrive par exemple, il s’adresse aux étudiants de Cbg et ces derniers libèrent la salle et lorsque nous finissions, ils reviennent l’occuper à leur tour », a ajouté Kouamé Abel. Nous avons constaté ce même exemple dans une salle de TD non loin de l’amphithéâtre C. Pendant que les étudiants de la première année de licence de Sciences physique se faisaient dispenser les enseignements, ceux de Cbg attendaient patiemment 14h, l’heure à laquelle ceux de Physiques achèveront les cours. « Ce ne sont pas nos salles de TD. Nous sommes venus occuper la salle des étudiants de Cbg pour faire nos travaux dirigés. Nous finiront à 14 h pour faire la place aux ayant droit qui attendent devant la salle », témoigne Kouakou Raïssa, une étudiante en licence1 de physique-Chimie. Cette insuffisance de salle de TD ne concerne pas seulement l’Ufr Sciences, les autres Ufr de l’université sont logés à la même enseigne. C’est le cas de l’Ufr Sciences de l’Homme qui compte environ douze facultés pour cinq amphithéâtres. «Nous n’avons que les amphis : Niangoran Boua, Léon Robert, l’amphi 6 et 7 pour douze facultés. Aussi, nous n’avons pas de salle de TD. Ce qui fait qu’on fait que nos cours sont programmés en fonction des temps libres des facultés de Droit et de Sciences économiques. C’est lorsqu’ils n’ont pas cours que nous faisons nos TD », explique, Gnébihi Aka Anselme Dorgelès, étudiant en licence 3, par ailleurs président de la promotion licence 3 de Philosophie. Kouamé Abel embouche la même trompette pour dire que les étudiants n’ont pas toujours de place pour s’assoir dans les amphis. Certains restent debout pendant que d’autres occupent les différentes marches. Les salles de TP utilisées comme salles de TD Malgré le manque de salles, les groupes de TD sont en revanche, constitués par les responsables des Ufr. Et une fois sur les lieux, les étudiants constatent. S’ils n’arrivent pas à avoir accès à une salle ils se résignent donc à rembourser chemin. «Souvent nous venons sans avoir la chance de faire cours. On nous programme, nous venons et il n’y apas d’amphis pour faire cours. Parfois, on se retrouve à trois facultés ou à trois niveaux pour un même amphi. C’est donc très difficile pour nous. Et depuis lors, rien n’est fait pour régler ce problème. A cela les tablesbancs qui sont dans les rares salles de TD ne sont pas en bon état. Ils sont dans un état très déplorable», ajoute Gnébihi Anselme. Pour palier à ce problème, la direction de la pédagogie en Science Physique a choisi de fusionner les groupes de TD deux à deux, afin de permettre à tous les étudiants de leur faculté de prendre part aux différents travaux dirigés. Au lieu d’un groupe de trente étudiants, l’enseignant a à encadrer deux groupe de trente c’est-à-dire soixante étudiants. Il faut noter que dans ce cas, la disposition des tables est revue afin de permettre l’installation d’au moins trente tables. Nous l’avons constaté dans les salles que nous avons visité. Dans chaque classe, nous avons vu quatre rangées de huit tables-bancs. «Comme nous avons des groupes qui n’ont pas de salle, les responsables ont jugé bon de fusionner les groupes deux-àdeux afin de former des groupes de soixante étudiants par professeur», livré Tano Tano, étudiant en licence2 de Physique. Selon plusieurs témoignages, certains enseignants, par manque de salles transforment pour l’occasion, les salles spécialisées de Tp pour faire les TD. La raison ? Ces dernières n’ont pas encore reçu leurs équipements. Conséquences. Les travaux dirigés à l’université Félix Houphouët-Boigny n’ont pas encore démarrés. Les profs s’attèlent donc à achever les TD en attendant l’installation et l’équipement des laboratoires. Face à cela les étudiants sont unanimes pour dire que quelque chose doit être fait pour résoudre ce problème une fois pour toute. Selon eux l’Etat devrait encore se souvenir d’eux en construisant de nouvelles salles afin de leur permettre de prendre les cours dans de meilleures conditions. Les autorités de l’Université rassurent. Des mesures sont en train d’être prises pour pallier ce problème.

L’Expression

 

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