CATASTROPHIQUE CÔTE-D’IVOIRE !

JEAN DÉKPAIest le Rédacteur en Chef du Journal de Connectionivoirienne.net

Quand dans un ensemble tous les systèmes opérationnels sont défaillants et pourris, il ne faut pas s´étonner des conséquences catastrophiques voire dramatiques occasionnées. C´est bien le cas de ce qui arrive actuellement à la Côte d´Ivoire.

En Côte d´Ivoire, en plus de ce que le système politique en vigueur est inopérationnel, défaillant, corrompu et pourri; notre  pays déjà malade de ses gestionnaires opportunistes avérés, voici que la nature ne nous aide pas à préserver les pauvres citoyens des catastrophes naturelles. Les pluies diluviennes qui s´abattent actuellement sur le pays se sont déportées dans le marigot politique ivoirien, afin de l´enfler comme sans pareilles. Le malheur ne vient jamais seul dirait l´autre.

Arrivé au pouvoir depuis octobre 2000, dans des conditions « calamiteuses », le régime politique de Laurent Gbagbo se révèle aux Ivoiriens comme une malédiction insurmontable. Aucune lisibilité dans un avenir proche quant à une fin souhaitée des misères sociales qui étouffent les masses populaires. De mal en pis, notre pays s´engouffre dans l´abime exaspérée de la volonté humaine de grandeur et de puissance. Quitte à sacrifier les grands projets sociopolitiques de refondation annoncés à grande pompe. Simplement, s’agissait-il d’un tremplin pour se servir comme les autres régimes politiques précédents ?

Depuis maintenant dix (10) ans, notre pays est le théâtre de scènes humiliantes, réductrices et rabaissantes de notre capacité nationale à rebondir. Depuis dix (10) ans notre pays vit une sorte d’autarcie politique qui l’empêche d’explorer les chantiers de son émergence économico-structurelle et de son positionnement international. Et pourtant Laurent Gbagbo demeure président de la république avec la tolérance de la communauté internationale et des Ivoiriens. Un contraste qui ne peut se pérenniser sur le long terme. Les élections générales qui devraient aider à décanter une telle situation sont à chaque fois reportées sur des termes de calculs politiques mesquins mais surtout diaboliques. Quand bien même que nous sommes de ceux qui pensons que la solution á la crise ivoirienne ne se trouve pas dans l´organisation de l’élection présidentielle, nous concédons à la majorité de nos compatriotes et à la communauté internationale la possibilité de nourrir l’espoir d’une sortie de crise par l’organisation dans un délai raisonnable de ces élections générales.

À la vérité, il se pose à la Côte d’Ivoire et à ses différents peuples la problématique d´assumer ou d´assurer le fonctionnement de l´État Ivoirien par l´innovation mais surtout par la rénovation du système politique et du système de pensée qui ont été prépondérants dans le pays depuis son accession à l´indépendance. Cette incapacité à opérer la continuité dans le changement démontre que les Ivoiriens et leur pays ne sont pas encore matures, de sorte à pouvoir sans aides, se mettre sur la voie de l´autonomie en vue de se prendre en charge.

Sinon, comment peut-on comprendre et interpréter ce qui arrive à notre pays ? Alors qu´il s´engageait inexorablement sur le chemin du non-retour pour tracer lui-même les sillons canalisateurs de son avenir.

L’irruption de la rébellion armée sur la scène politique ivoirienne pour interrompre le projet de gouverner autrement la Côte d´Ivoire, laisse croire que les Africains dans leur grande majorité se plaisent dans leur situation de dépendance continue et de politique de la main tendue. Les séquelles et les reflexes hérités de la domination étrangère pullulent le quotidien de nombre de nos concitoyens. Nos dirigeants successifs par leurs comportements, n’ont jamais pu démentir ou déjouer la question de la malhonnêteté humaine qui a accompagné l´accession de nos pays, anciennement colonies françaises, à l´indépendance politique.

C´est que tous nos dirigeants sans exception aucune et les colons européens ont passé des contrats basés sur leur contribution à la paupérisation continue des peuples africains. Eux qui, de par leurs conditions de vie sont loin, très loin des misères et autres souffrances sociales.

Mamadou Koulibaly

Justement, ce sont ces misères et souffrances sociales que Mamadou Koulibaly, Président de l´Assemblée Nationale Ivoirienne, tente depuis bien des temps de dénoncer avec insuccès (étonnant) ou succès, c’est selon.

Depuis environ deux mois, et ce, sans interruption notre pays est victime de sa précarité infrastructurelle. Des pluies diluviennes et orageuses inondent Abidjan et ses environs mais aussi plusieurs villes et hameaux silencieux (méconnus de la grande masse) de l´intérieur du pays avec des bilans en perte de vies humaines et des dégâts matériels inestimables, inconnus pour l´instant. Ce drame national causé par la nature ne trouve pas son répondant auprès de nos autorités. Ce qui compte pour elles, c´est de camper chacun sur ses positions invariables dans la résolution de leur palabre d´héritiers et de successeurs qui a malheureusement pris les allures d´un contentieux national.

Dans notre pays, où presqu’aucune infrastructure urbaine de canalisation des eaux des fortes pluies tropicales existe, il est déplorable de constater qu´aucun effort n´est fait pour l´avènement d´une nouvelle conscience socio écologiste. Que non, dans le pays de Laurent Gbagbo, c´est plutôt le cinquantenaire d´une indépendance, d´ailleurs mise en cause par le comportement et contrariée par la nostalgie d´une France foncièrement néo-impérialiste et néo-colonialiste, qui préoccupe pour amuser la galerie et maintenir davantage les masses dans la précarité sociale. C´est à coûts de milliards de nos francs que ce cinquantenaire sera organisé alors que bien des chantiers méritent de bénéficier de la bienveillance des faiseurs de nos républiques bananières.

Plutôt que de s´acharner sur les pauvres populations qui habitent les bidonvilles et autres quartiers précaires des grands centres urbains Ivoiriens avec les menaces quotidiennes de les déguerpir, nos autorités feraient mieux de penser à un plan de socialisation de l´habitat en Côte d´Ivoire en vue de parier aux dangers multiples auxquels nos compatriotes s´exposent dans lesdits bidonvilles.

En plus des catastrophes provoquées par ces pluies diluviennes tels les glissements de terrains ; la dégradation généralisée des routes les rend quasi impraticables. Les eaux usées et contaminées une fois retirées, elles laissent la place aux immondices d´ordures, véritables dangers pour la santé (publique) de nos populations.

La suite nous la connaissons tous. Ce sont des maladies pandémiques et autres épidémies qui deviennent le cauchemar quotidien pour ces populations laissées pour compte. Après, c´est pour aller chercher les causes de la faiblesse de l´espérance de vie des Ivoiriens dans des alibis tout trouvés. Il y a bien de nombreuses raisons chez nous en Côte d´Ivoire qui expliquent l´excédent de la mortalité infantile. Vivre dans une telle insalubrité comme le font nos compatriotes est une garantie pour écourter leurs vies déjà misérables.

Alors que notre désir d´aller vers le progrès, le bien-être social et le développement économico-infrastructurel de proximité est incommensurable, nous oublions malheureusement volontiers que c´est l´homme tout court qui peut réaliser un tel rêve. Le confiner dans une telle situation humiliante et dépravante est tout véritablement contraire à cette volonté. Et la paix sociale nécessaire à l´amorce d´une émergence économique dans une cohésion nationale devient une quête perdue.

Il est temps, grand temps pour que les Ivoiriens cessent de se donner en scènes humiliantes qui rabaissent leurs capacités à rebondir pour envisager courageusement dans la sérénité les perspectives d´avenir de leur pays. Faute de quoi, ils se feront rattraper puis dépasser par les autres pays de la sous-région ouest-africaine. Pays dont le modèle de développement s´inspire de ce qui fit pendant de nombreuses décennies la fierté de la Côte d´Ivoire.

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1 Commentaire

  1. amidou konate amidou konate dit :

    Bel article! Franchement il y a de quoi penser ainsi maintenant, vu le bilan de la Refondation sur dix ans. Heureusement que le cancer qui doit les emporter a surgi du milieu de leur tête. Alors, dira l’autre, qui vivra, verra!!!
    cordialement

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