Armée ivoirienne: Le camp du 1er Bataillon d’infanterie à Akouédo (nouveau) n’existe plus

Mis en ligne par La Rédaction | Vendredi 28 oct 2011


C’est la ruine quasi-totale ! Le 1er Bataillon d’infanterie des forces armées terrestres ivoiriennes, à Akouédo (nouveau camp), n’existe plus que de nom. Cette caserne militaire, l’une des plus importantes du pays qui abrite également le Bataillon blindé (BB, les chars de guerre), a été presqu’entièrement rasée par les bombardements pendant la crise postélectorale. Au moins les quatre cinquièmes (4/5èmes) des bâtiments et installations du nouveau camp d’Akouédo ont été totalement détruits. C’est le constat que nous avons fait hier, jeudi 17 octobre, lors de la tournée du Premier ministre, ministre de la Défense Soro Kigbafori Guillaume dans les casernes et camps militaires d’Abidjan. Pourtant, à l’entrée principale du 1er Bataillon d’infanterie, situé sur la route de Bingerville (après le carrefour communément appelé « Barrage »), rien ne laisse présager la désolation qui règne à l’intérieur des lieux. L’imposante clôture du camp n’a subi aucun dommage, et les grands portails métalliques sont bien en place. La façade avant du camp porte encore fièrement l’enseigne : « 1er Bataillon d’infanterie d’Akouédo ». Mais une fois l’entrée franchie, le spectacle qui s’offre à la vue est tout simplement digne de l’apocalypse. A droite, sous un petit préau qui semble être refait récemment si l’on s’en tient à la toiture et la peinture encore toutes neuves, sont postés quelques Casques bleus du contingent nigérien. Sur la gauche, le premier bâtiment qui abritait, nous a-t-on dit, les services de santé du camp, est totalement calciné. Les murs criblés de roquettes et noircis par les canons, tiennent encore débout. Mais toutes les toitures, charpentes, sanitaires, etc. ont volé en éclats. Juste à côté, on aperçoit un tas de gravats sur un vaste espace d’environ 800 à 1200 mètres carrés. Les installations et équipements militaires qui se trouvaient à cet endroit sont réduits en cendres. Selon un officier qui a requis l’anonymat, il s’agissait de l’emplacement de l’une des poudrières du camp, qui en comptait trois. A environ 50 mètres sur la droite, l’inscription « Mess-mixte » est bien visible sur un bâtiment R+1 sans toit ni porte et fenêtre. Même les dortoirs des soldats (le 1er Bataillon d’infanterie n’abrite que des militaires, sans leurs familles) sont éventrés. L’état-major du camp n’a visiblement pas été épargné par les bombardements, puisqu’il est en réfection. Seules quelques bâtisses, dont la grande salle des rencontres et des fêtes, ainsi que quelques bâtiments et services réhabilités sont fonctionnels. Quelque part dans le fond du camp, le Bataillon blindé semble avoir échappé aux impacts des canons. L’espace ceinturé de barbelés est partagé avec l’ONUCI, qui y a construit un petit mirador.

REUTERS/Finbarr O'Reilly

Contraste avec l’ancien camp d’Akouédo

Contrairement au 1er Bataillon d’infanterie, le 1er Baitallon des Commandos Parachutistes (1er BCP), sis à l’ancien camp d’Akouédo, en allant vers le village Ébrié du même nom, est intact. Le contraste est saisissant lorsqu’on franchit le grand portail principal, où on peut lire l’écriteau : « Commandement des Forces armées terrestres ». Bâtiments administratifs, services annexes, domiciles des familles des militaires, jardins, pelouses, terrains de sport et l’état-major où se trouvent les bureaux du nouveau Commandant des Forces terrestres, le Général Touré Sékou et de ses collaborateurs, n’ont subi aucun dommage. « Il n’y a pas eu de combat ni de bombardement ici, comme par miracle », nous a lancé à la sauvette un jeune bidasse. Le camp a même pris un petit bain de jouvence avant la visite du Premier ministre. Quelques bâtiments ont été repeints, et les abords de la place d’armes et du salut aux couleurs ont été badigeonnés à la chaux.

Anassé Anassé
L’Inter

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En visite dans les casernes / Soro interpelle l’armée et les militaires en exil: Le Premier ministre prône la cohésion dans l’armée

Ils ne les a pas nommément désignés, mais l’allusion est claire. Au terme de sa visite, hier dans des casernes d’Abidjan, le Premier ministre, ministre de la Défense, a adressé un message sans ambages aux militaires exilés. « Que personne ne se leurre, la démocratie est en marche (en Côte d’Ivoire) et personne ne peut l`arrêter. L’intelligent, c’est celui qui comprend la marche de l’histoire, s`y inscrit et avance avec elle. L`armée doit accompagner la démocratie (dans notre pays). La communauté internationale n’acceptera pas que nous soyons en recul de ce système. J`invite donc tous les soldats à le comprendre. Malheureusement, il y a quelques uns qui ne comprennent pas. Évidemment, quand on va en exil, on a l`impression que tout est beau. Le premier jour de l`exil, c`est tout feu tout flamme. Mais le monde a changé. La Côte d`Ivoire n`est plus celle de 60 ni de 80 ; nous sommes en 2011 », a déclaré Soro Guillaume au 1er Bataillon des Commandos Parachutistes (1er BCP), à l`ancien camp d`Akouédo. Le Premier ministre et ministre de la Défense a aussi interpellé l`armée sur sa responsabilité face à l`histoire. « Je voudrais dire à notre armée que le monde a changé. Nous sommes en 2011, le monde a changé et l’Afrique est obligée de changer et de suivre le rythme du changement du monde. Aujourd’hui, aucune nation ne peut avancer sans admettre ou accepter le système démocratique. Et le système démocratique privilégie les urnes. Donc l’armée doit s’inscrire dans cette dynamique et l’armée doit accompagner les institutions. Notre armée doit être une armée de développement, elle doit accompagner l’encrage du système démocratique, assurer la sécurité et défendre le pays», a expliqué Soro Guillaume. Le chef du gouvernement était accompagné dans cette tournée dans les casernes, du chef d’État-major général des armées, le Général de Division Soumaïla Bakayoko, du Représentant spécial du Facilitateur Bouréima Badini, de quelques membres du gouvernement dont le ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, du ministre des Infrastructures économiques, Patrick Achi et de son collègue des Victimes de guerre Matthieu Babaud Darret, ainsi que des chefs de grands commandements de l`armée. Soro Guillaume a visité successivement le Base aérienne au GATL (Groupement aérien de transport et de liaison) de Port-Bouët, la Base navale annexe de la Marine nationale au Plateau et les camps militaires du premier Bataillon d`infanterie et du premier Bataillon des Commandos Parachutistes, à Akouédo (nouveau et ancien camp). Soro Guillaume a prôné la cohésion et l`unité au sein des forces armées ivoiriennes. « Il faut que les efforts du gouvernement soient accompagnés par le travail de cohésion que nous devons faire dans l’armée. Il faut un vrai travail de cohésion. Notre pays a connu la guerre, il y a eu des frustrations, des divisions et les chefs qui ont été promus et nommés ont pour première responsabilité de faire en sorte par leur capacité à diriger les hommes, de ramener la cohésion au sein de nos forces », a ardemment recommandé la tutelle de l`armée. Le Premier ministre a fait savoir qu`il est venu se rendre compte par lui-même des conditions de vie et de travail difficiles des militaires, et a promis d`y apporter des solutions idoines dans les meilleurs délais.

Anassé Anassé

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