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L’impossible mission de Sarkozy, report favorable à Hollande

 
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Photo Reuters

REPORT DES VOTES FAVORABLES À HOLLANDE

Selon un sondage Ipsos Logica Business Consulting réalisé à l’issue du premier tour, 60 % des électeurs du FN voteraient pour le président-candidat, 18 % pour François Hollande et 22 % s’abstiendraient. Chez les électeurs du MoDem, un tiers se reporterait sur le candidat socialiste, un tiers sur Nicolas Sarkozy, et un tiers s’abstiendrait. Les sondages prédisent un score de 53 % à 56 % en faveur de François Hollande.

Pour éviter que le second tour ne soit faussé par la divulgation prématurée de résultats dans les médias ou sur les réseaux sociaux, la commission nationale de contrôle de la campagne électorale a recommandé lundi que tous les bureaux de vote en métropole ferment à 20 heures, ce à quoi s’est refusé le ministère de l’intérieur.

Décryptage…

L’impossible mission de Nicolas Sarkozy

Blog le monde.fr

Faut- il croire Alain Juppé lorsqu’il affirme que rien n’est joué et que Nicolas Sarkozy peut remporter l’élection présidentielle le 6 mai procain ?

Y a-t-il encore un suspens au lendemain d’un premier tour marqué par la percée de Marine Le Pen qui a totalisé 6,3 millions de voix, soit 1,5 million de plus que son père le 21 avril 2002 ?

Trois arguments sont invoqués par la droite :

-d’abord la faible dynamique du candidat socialiste qui, avec 28,6% des suffrages exprimés, ne devance que de 560 000 voix son rival UMP ;

- ensuite, le total des voix de gauche -43,7%- plus faible que celui espéré par François Hollande et ce en raison du score médiocre de Jean- Luc Mélenchon ( 11,4% )

-enfin , la bonne résistance de Nicolas Sarkozy qui, pris pour cible par les neuf autres candidats, a recueilli 27,06% des suffrages. Autrement dit, ne n’est pas écroulé . Et a fait nettement mieux que Jacques Chirac le 21 avril 2002 ( 19,9% des suffrages).

Tout cela est vrai mais deux arguments viennent contrebalancer cette démonstration :

- Nicolas Sarkozy est le premier président sortant à ne pas arriver en tête du premier tour . Il n’a pas réussi à créer la surprise, le choc, la dynamique que ses proches décrivaient la veille comme vitaux pour remettre les compteurs à zéro et engager une autre campagne.

- Par ailleurs la dimension référendaire du premier tour est très nette. Selon l’enquête IPSOS sur les motivations de vote réalisée du 19 au 21 avril, plus de la moitié des français (53%) ont voté dimanche pour marquer leur opposition à Nicolas Sarkozy et pour 57%, le bilan du président sortant et du gouvernement ont joué un rôle important dans leur vote

La mathématique vient aussi doucher les espoirs de Nicolas Sarkozy . Pour espérer l’emporter, il faudrait qu’il parvienne à rallier plus de 80% des électeurs frontistes et plus des 2/3des électeurs de François Bayrou alors que les reports sont actuellement de l’ordre de 60% dans le premier cas et de 30%. dans le second .

Difficulté supplémentaire : le réservoir électoral le plus important est du côté du l’électorat frontiste. Or c’est celui qui a été le plus déçu par les promesses de Nicolas Sarkozy sur le pouvoir d’achat. C’est celui aussi qui est le plus sensible aux thèmes de la sécurité et de l’immigration

Pour espérer en récupérer une partie, le président sortant n’a pas les moyens de muliitplier les annonces sur le pouvoir d’achat. Il va devoir en faire des tonnes sur le registre de la sécurité et de l’immigration. Au risque de perdre en retour les voix centristes dont il a aussi besoin

Il lui faut aussi réveiller les abstentionnistes, donc attiser les peurs, durcir le ton contre François Hollande dont il ne cesse de pointer l’inexpérience et l’art de l’esquive

Il est condamné à mener une campagne violente au risque de renforcer ce qui a fait par contraste la force de François Hollande : son côté tranquille et apaisant.

……….

Sociologie: Hollande séduit au-delà du PS, le vote Sarkozy « populaire » recule

LE MONDE |

Par Thomas Wieder

D’un scrutin à l’autre, un même candidat peut rassembler des suffrages venant d’horizons assez différents. Et un segment bien défini de l’électorat peut fort bien changer de champion ou de camp à quelques années d’écart. C’est ce que permet de vérifier l’enquête Ipsos-Logica Business Consulting, réalisée du 19 au 21 avril par Internet auprès d’un échantillon représentatif de 3 152 personnes en âge de voter, pour Le Monde, Radio France et France Télévisions.

Nicolas Sarkozy

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En 2007, il avait fait coup double dès le premier tour : il avait réussi à rassembler l’électorat traditionnel de la droite tout en conquérant des franges importantes de l’électorat populaire. Il a, cette fois, conservé un relatif ascendant sur le premier mais nettement reculé au sein du second.

Dimanche 22 avril, 18 % des ouvriers et 21 % des employés ont voté pour M. Sarkozy. Ils étaient respectivement 26 % et 31 % en 2007, selon l’enquête alors réalisée par l’IFOP pour le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). En 2007, 36 % des non-diplômés avaient voté Sarkozy ; dimanche, ils n’étaient plus que 18 % à lui accorder leurs suffrages. Auprès de l’électorat populaire, son recul, anticipé dans les sondages, est donc considérable.

Au rétrécissement de son assise sociologique correspond un resserrement de sa base politique. Il y a cinq ans, M. Sarkozy avait réussi, dès le premier tour, à rassembler au-delà de l’UMP. Ce sont 11 % de Français d’extrême gauche et 26 % des électeurs ayant voté pour Jean-Marie Le Pen en 2002 qui lui avaient alors fait confiance. Dimanche 22 avril, le président sortant n’a séduit que 3 % des premiers et 11 % des seconds.

« Interclassiste » et idéologiquement composite, un peu comme l’avaient été, en leur temps, ceux du général de Gaulle en 1965 ou de Jacques Chirac en 1995, l’électorat de M. Sarkozy s’est donc homogénéisé. Sa base sociologique est celle de la droite traditionnelle. Dimanche, le président sortant est arrivé en tête chez les artisans-commerçants (40 %), les retraités (32 %) et les catholiques pratiquants réguliers (53 %).

C’est tout le paradoxe : alors que son statut devrait en faire un rassembleur, le chef de l’Etat est revenu, dimanche, à ce qu’il était avant la présidentielle de 2007 : un chef de parti.

François Hollande

A l’inverse, le candidat socialiste a réussi là où son adversaire a échoué : non seulement il a fait le plein des voix socialistes, mais il est parvenu à séduire d’autres franges de l’électorat.

Sur le premier point, il a fait mieux que Ségolène Royal en 2007. A l’époque, 72 % des sympathisants socialistes avaient voté pour elle au premier tour. Dimanche 22 avril, ils sont 85 % à avoir voté pour M. Hollande.

L’ »OPA » réussie, en 2007, par le candidat centriste François Bayrou sur une partie de l’électorat du PS ne s’est pas répétée en 2012 : parmi ceux qui ont voté, dimanche, pour le président du MoDem, seuls 2 % se déclarent socialistes. Ils étaient 15 % en 2007.

Il y a cinq ans, Mme Royal avait su renouer avec des segments, stratégiques pour la gauche, qui avaient largement fait défaut à Lionel Jospin en 2002 : les professions intermédiaires, les ouvriers et les jeunes actifs de 25-34 ans. Dans ces catégories, M. Hollande a fait encore mieux qu’elle.

Ce n’est pas le cas, en revanche, pour les plus jeunes et les chômeurs : contrairement à 2007, ces segments, considérés comme parmi les plus difficiles à mobiliser, ne sont pas surreprésentés, cette année, dans l’électorat du candidat socialiste.

Un peu moins performant que ne l’était Mme Royal auprès des 18-24 ans et des demandeurs d’emploi, M. Hollande fait en revanche mieux que la candidate 2007 du PS auprès des retraités. En 2007, cette dernière en avait convaincu près de deux fois moins que M. Sarkozy. Cette année, les retraités ont voté à 29 % pour M. Hollande et à 32 % pour M. Sarkozy : la différence est minime.

De même, le candidat du PS fait jeu égal avec celui de l’UMP parmi les cadres et les professions libérales. En 2007, M. Sarkozy devançait Mme Royal de 14 points parmi ces électeurs.

Marine Le Pen

En obtenant, dimanche, près de 8 points de plus que son père en 2007, la candidate du Front national a principalement renforcé son assise dans des catégories où celui-ci était déjà fort. C’est le cas des ouvriers. Il y a cinq ans, ils étaient déjà surreprésentés dans l’électorat de M. Le Pen, mais ils étaient plus nombreux à avoir voté pour Mme Royal ou M. Sarkozy. Cette année, Mme Le Pen est première parmi les ouvriers (29 %), un point devant M. Hollande (28 %).

Marine Le Pen a réussi, dimanche, à consolider la base sociologique sur laquelle s’était appuyé son père et à inverser certaines tendances. En 2007, le père avait réalisé des scores inférieurs à sa moyenne nationale chez les 18-24 ans, et auprès des artisans-commerçants. Cette année, la fille a convaincu 19 % des premiers et 26 % des seconds.

Désormais – et c’est là l’un des enseignements du scrutin de dimanche -, peu de catégories continuent de tourner massivement le dos au FN : ce n’est plus guère le cas que des plus diplômés, des professions intermédiaires et de ceux dont le revenu mensuel est supérieur à 3 000 euros. En somme, la sociologie du vote FN s’est banalisée. Sans doute l’un des signes de la « dédiabolisation » souhaitée par Mme Le Pen.

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