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Tout sur la vie de Gbagbo dans sa cellule

 
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L’Expression

Détenu dans la prison de la Cpi, Laurent Gbagbo garde grand espoir d’obtenir une liberté provisoire. Le journaliste Francis Kpatindé qui l’a rencontré, raconté les coulisses de sa vie.

Tout sur la vie de Gbagbo dans sa cellule

Reclus dans sa prison de la Cpi, Laurent Gbagbo ne manque pas d’intérêt pour ce qui se passe en Côte d’Ivoire. Restant très optimiste quant à une issue heureuse de son procès : « Il pense que si on reste au droit, purement au niveau du droit, il a une chance de s’en sortir. Ou au moins d’obtenir une libération conditionnelle », a confié le journaliste Francis Kpatindé qui lui a rendu visite. Mais, pour Gbagbo, s’il s’agit d’un procès politique, il voit ses chances très minces. Laurent Gbagbo pense toutefois à une libération conditionnelle qui lui permettra de vivre ses vieux jours en Ouganda. « C’est quelque chose qui peut se passer, parce qu’on se souvient encore que la Cpi avait remis en liberté Jean-Pierre Bemba ». Mais cette décision n’a jamais été exécutée parce qu’aucun pays n’a accepté d’accueillir le leader du Mouvement pour la libération du Congo (Mlc). L’ex-journaliste de Jeune Afrique, pense savoir, selon ses propres informations que l’Ouganda a déjà accepté d’accueillir sur sol l’ancien président ivoirien. « La villa qui doit l’accueillir est déjà prête », a-t-il révélé. Mais selon un spécialiste, il y a peu de chance que l’ancien président ivoirien puisse se rende au pays de Yoweri Museveni en raison de la « porosité de ses frontières » et d’un manque criard de techniques modernes pour surveiller ce prisonnier de luxe. Concernant la situation politique actuelle en Côte d’Ivoire, ce seul journaliste qui a eu depuis accès à la cellule de Laurent Gbagbo, a confié le peu d’intérêt que feint d’accorder l’ex-président déchu à la gestion de la Côte d’Ivoire par son successeur Alassane Ouattara. « Il parle très peu d’Alassane Ouattara. Il suit l’actualité politique parce qu’il a accès aux journaux, à la télé, à la radio », a dit le visiteur du prisonnier de la Haye. Il dit avoir senti la passion dans la voix de Laurent Gbagbo concernant la crise malienne et Bissau-guinéenne. « Il m’a fait une révélation. Il m’a dit qu’il a payé pendant longtemps les salaires des fonctionnaires Bissau-guinéens », a dit Francis Kpatindé.
Gbagbo souffre de l’arthrose
Francis Kpatindé dit avoir rencontré un prisonnier qui a su garder son humour. « J’ai pu retrouver le conteur, celui qui a le sens de l’humour. Mais, il a des petits problèmes de santé. Il a de l’arthrose au poignet et au bras », a-t-il soutenu. Selon le visiteur, Laurent Gbagbo qui lit beaucoup, a des centaines de livres à son chevet. Précisant que l’ancien président est interdit de bouquins depuis trois semaines. « Il n’a plus droit qu’à son courrier qui est ouvert avant qu’on ne lui remette » a soutenu Kpatindé. Concernant les raisons de sa chute, Laurent Gbagbo lui a confié avoir signé son arrêt de mort, quand il a refusé de venir le 14 juillet 2010 à Paris lorsqu’on célébrait la fête de l’indépendance de la France. Cérémonie à laquelle il a été le seul chef de l’Etat africain invité à refuser de venir : « Il pense que là, il a franchi le rubicond », a confié le journaliste Kpatindé.

Sam-Wakouboué

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Avant son procès du 13 août; Gbagbo fait le grand déballage

Boigny Express

L’audience de confirmation de Laurent Gbagbo incarcéré à la prison de Scheveningen de la Haye depuis fin novembre 2011, va se tenir, sauf changement de dernière heure, le 13 aout 2012. Avant cette importante date, Laurent Gbagbo a décidé de parler…Il fait « le grand déballage ».

Francis Kpatindé, ancien Rédacteur en chef de Jeune Afrique, est le premier journaliste à avoir rencontré et discuté avec l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, depuis son incarcération à la Haye. La rencontre s’est déroulée le 14 juin dernier dans la cellule du Woody de Mama. Selon plusieurs sites et chaines de radio et de télévisions internationales, l’entretien entre les deux hommes aura duré quatre heures. En attendant que Francis Kpatindé ne fasse un large écho de cette rencontre très attendue par les média, on peut retenir pour l’heure deux informations capitales. L’ex chef de l’Etat a avant tout, révélé avoir plusieurs fois payé au cours de son mandat, le salaire des Bissau-guinéens. Francis Kpatindé a également évoqué avec Laurent Gbagbo, sa possible mise en liberté provisoire et son transfèrement vers l’Ouganda. Ce chapitre paraît moins intéressant, d’autant qu’il relève purement des questions d’ordre judiciaire, et non d’une simple proclamation ou d’un décret. C’est à la Cpi de décider de le libérer ou de ne pas le faire au regard de la réalité des faits. Toute l’importance de l’audience de confirmation des charges se trouve justement là.

Comment Gbagbo a dépensé l’argent des Ivoiriens

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En dehors de cette analyse, il est bon de s’interroger sur ce qu’à fait Laurent Gbagbo de l’argent du contribuable ivoirien. En effet, avant le début de l’audience de confirmation des charges qui pèsent contre lui, le « généreux » Laurent Gbagbo reconnaît avoir payé à plusieurs reprises, le salaire des fonctionnaires Bissau-guinéens. Si aucun chiffre n’a encore été avancé, il est clair que ce sont plusieurs milliards de Francs Cfa qui ont été engloutis dans une telle opération. Faut-il le rappeler, en septembre 2011, une affaire de valise d’argent entre Abidjan et Paris a fait le tour des rédactions du monde entier. En effet, au mois de septembre 2011, l’avocat Français Robert Bourgi, bien connu dans les arcanes de la Françafrique, avait affirmé avoir participé à plusieurs remises de valises d’argent à l’ancien président Français Jacques Chirac. L’information avait été diversement interprétée par les journaux ivoiriens selon qu’ils soient proches de la refondation ou du Rhdp. Mais le Professeur Mamadou Koulibaly ex numéro 2 du Fpi tombé en disgrâce avec son ancien mentor après sa chute, sera sans pitié avec ceux qui tentaient de nier les faits. Dans un entretien qu’il a accordé à la presse française, Koulibaly a en effet confirmé le 11 septembre 2011 que 3 millions d’Euros soit environ 2 milliards Francs Cfa de l’Etat ivoirien ont servi à financer la campagne de Jacques Chirac en 2002. L’ex premier vice président du Front populaire ivoirien avait en effet déclaré que « Robert Bourgi a parfaitement raison, il y a eu un transfert d’argent entre Laurent Gbagbo et Jacques Chirac en 2002 ». Vice-président du Fpi mais surtout président de l’Assemblée nationale au moment des faits, le Prof Mamadou Koulibaly s’y est farouchement opposé sans grand succès. « J’ai dit au président que nous étions un pays pauvre et que nous n’avions pas d’argent pour financer les élections d’hommes politiques de pays riches » s’est-il dédouané. Gbagbo avait-il obtenu l’autorisation de l’Assemblée nationale avant de sortir autant d’argent pour Paris? Mamadou Koulibaly, il faut le dire, tout en étant au cœur de la refondation a été très critique envers ses camarades qui s’étaient laissés aller à des excès intolérables. Quand il a voulu s’opposer à cette affaire de 2 milliards Francs Cfa, Robert Bourgi lui aurait dit ceci : « monsieur, vous êtes jeune, quand on veut faire de la politique, on est généreux ». Généreux, Laurent Gbagbo l’était. Lui qui avait déboursé la somme de 500 millions Francs Cfa pour les victimes des inondations au Burkina Faso en 2009. Et qui a aussi décoré l’équipe nationale ghanéenne de football à Abidjan au cours de la même année. Cette équipe avait en effet remporté la coupe du monde des moins de 20 ans au cours de la même année. L’opération aurait coûté entre 500 et 800 millions Francs Cfa. Tout ceci s’est fait à l’insu du contribuable ivoirien et pendant que l’Ivoirien, selon le Prof Mamadou Koulibaly avait droit à un seul repas par jour.

M. le Président, avouez tout !

Puisqu’il a commencé à faire le grand déballage en parlant des salaires qu’il payait aux Bissau-guinéens, il vaut mieux encourager Laurent Gbagbo à tout avouer. Et, en la matière, il y en a suffisamment à savoir. Notamment sur les commanditaires du coup d’Etat de décembre 1999. Quelques jours avant le fameux coup d’état du 24 décembre 1999, Laurent Gbagbo s’était rendu au Gabon. C’est d’ailleurs dans le bureau d’Omar Bongo que le Woody aurait appris que Bédié a été débarqué par le général Robert Guéi. Ces deux hommes vont diriger la transition de dix mois sous Robert Guéi jusqu’à ce que Gbagbo roule Guéi dans la farine. Laurent Gbagbo avait à l’époque, à peine rentré à Abidjan en passant par Bouaké, affirmé : « Il y a des coups d’états qui font avancer la démocratie ». Le temps est donc venu pour que Gbagbo parle et déballe tout. Où sont passés les 2 milliards de Franc Cfa destinés aux planteurs déplacés réceptionnés par la Présidence de la République ? Avec quel argent Gbagbo a-t-il battu sa dernière campagne présidentielle ? Il a aussi été question de plusieurs hélicos prépositionnés en Guinée Conakry durant les années Gbagbo. Lorsqu’il s’est agi d’aller récupérer ses avions, la Guinée aurait nié avoir reçu sur son sol de tels appareils. Au Togo voisin, c’est la bagatelle de 50 milliards Francs Cfa que Laurent Gbagbo aurait cachés à son profit personnel. Là aussi, les autorités togolaises n’ont jamais reconnu l’affaire qui a pourtant fait grands bruits en Côte d’Ivoire. Où Gbagbo a-t-il caché cet argent ? Gbagbo aurait également contribué à la campagne de l’ancien président malien ATT à coups de plusieurs millions de Francs Cfa. Voilà bien des affaires sur lesquelles les Ivoiriens attendent que l’ancien président ivoirien actuellement à la Haye, fasse toute la lumière. La vérité sur le salaire des fonctionnaires Bissau guinéens est très édifiante. Les crimes économiques sous Laurent Gbagbo sont divers et de diverses natures. Les Ivoiriens veulent tout savoir. Alors, M. le président pourquoi ne pas tout avouer ?

Jean Philippe Okann

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