«Le poids économique» des sans-papiers africains dans l’économie française

Mis en ligne par La Rédaction | vendredi 23 Fév 2018

[…]

Le travail immigré, clandestin ou non, n’est pas une si mauvaise affaire pour les comptes nationaux français. C’est tout du moins ce que mesuraient les deux économistes Xavier Chojnicki et Lionel Ragot (auteurs de L’immigration coûte cher à la France : qu’en pensent les économistes ?) : sur l’année 2005, l’immigration aurait fait gagner 4 milliards d’euros aux comptes de la Sécurité sociale, soit 0,5 % de PIB.

Pourquoi ? Les travailleurs immigrés « recourent plus fréquemment que les natifs aux aides au logement (34 %, au lieu de 13,7 %), aux allocations familiales (35 %, au lieu de 24,3 %) et à l’assurance chômage (19 %, au lieu de 11,7 %). Mais, a contrario, ils perçoivent moins de prestations liées à la santé ou à la retraite. Et ils paient des cotisations sociales et des impôts sur le revenu, les taxes sur la consommation (TVA) et les impôts locaux entre autres taxes », indiquait Xavier Chojnicki à L’Express en 2012.

Rejetant au passage comme fallacieuses les conclusions de Jean-Paul Gourevitch, un autre économiste, qui pointe le « coût abyssal » de l’immigration pour les comptes publics.

Le poids des transferts vers les pays d’origine

Dernière trace de l’activité économique des travailleurs clandestins en France : le montant des transferts vers leur pays d’origine. On en connaît l’importance pour les pays bénéficiaires puisque le total de ces transferts dépasse parfois l’aide au développement des bailleurs internationaux.

Les chiffres de la Banque mondiale sur les transferts partis depuis la France en 2016 vers le Maghreb et l’Afrique ne trompent pas sur l’importance cumulée des revenus perçus par les travailleurs immigrés africains : 1,6 milliard de dollars vers l’Algérie, 60 millions de dollars vers le Cameroun, 47 millions de dollars vers la Côte d’Ivoire, 37 millions de dollars vers le Burkina Faso…

Avenue Daumesnil, Mamadou Diakité énumère les collègues de sa connaissance qui cumulent cinq, dix ou quinze ans dans la construction, le tout sans papiers. Pour l’Institut national d’études démographiques (Ined), la durée des séjours des immigrants illégaux – avant une possible régularisation – est d’une dizaine d’année. Dans l’immédiat, la loi Collomb est attendue au Parlement.

Lire l’article entier sur Jeune-Afrique

Commentaires Facebook

Commentaires