Inculpation d’ex-chefs rebelles en Côte-d’Ivoire: Le gouvernement évoque “une présomption d’innocence”

Mis en ligne par La Rédaction | jeudi 10 Mai 2018

Chérif Ousmane (C), 2003 ISSOUF SANOGO/AFP/Getty Images

Edwige FIENDE

Le gouvernement ivoirien a évoqué mercredi “une présomption d’innocence” au sujet d’ex-chefs rebelles proches du président ivoirien Alassane Ouattara, inculpés pour des crimes commis pendant la crise post-électorale de 2010 à 2011.

“Il y a quand même une présomption d’innocence qui existe, au nom de cette présomption d’innocence, on devait aborder cette question avec retenue. Il faut permettre à la justice de faire toutes les enquêtes nécessaires, et à terme, on pourra tirer les conclusions”, a réagi la porte-parole adjointe du gouvernement ivoirien, Anne Ouloto, lors de la traditionnelle conférence de presse après un conseil des ministres.

En 2015, la Cellule spéciale d’enquête et d’instruction (CSEI) a inculpé des responsables militaires proches de M. Ouattara, dont Cherif Ousmane, Losseni Fofana, dit “Loss” qui occupent des postes de responsabilité au sein de l’armée ivoirienne et des civils, pour des crimes commis pendant la crise post-électorale de novembre 2010 à avril 2011, qui a fait officiellement plus de 3.000 morts.

Mardi, dix organisations de défense des droits humains dont la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) ont déploré le fait qu’”aucun” de ces militaires inculpées “n’a été jugée jusqu’à présent”.

Pour ces organisations, “les victimes sont de plus en plus animées par l’idée que le gouvernement ivoirien, et le président Ouattara lui-même, n’ont pas la volonté politique de soutenir les procès, et particulièrement ceux des commandants militaires pro-Ouattara dont les troupes sont soupçonnées d’avoir commis de nombreux cas de violences sexuelles et d’assassinats ciblés pendant la crise post-électorale.”

Selon Anne Ouloto, ces organisations ne devaient pas parler de “lenteur anormale” dans la procédure judiciaire en cours, estimant que le gouvernement ne peut pas “imposer” un rythme à la justice.

L’opposition ivoirienne et des ONG de défense des Droits de l’Homme ont régulièrement dénoncé une justice à “sens unique” en Côte d’ Ivoire à la suite des jugements des proches de l’ancien président Laurent Gbagbo.

Pour ces dix organisations, “le seul procès pour crimes de guerre ou crimes contre l’humanité à s’être déroulé en Côte d’Ivoire est celui de l’épouse de l’ancien président, Simone Gbagbo, acquittée par un tribunal ivoirien en mars 2017, après un procès entaché d’irrégularités de procédure et en raison de la faiblesse de l’enquête menée par l’accusation.”.

Alerte info/Connectionivoirienne.net

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  1. dabakala 10 mai 2018 at 12:13 -

    Présomption elle a dit ?!?!?!

    Tchrrr….

    Dabakala !!

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