Intrigant Bamba Moriféré en Cote-d’Ivoire: Opposant de façade, authentique serviteur de la quasi-totalité des régimes

Mis en ligne par La Rédaction | vendredi 18 Mai 2018

Par T. Briga

Toujours du bon côté. Jamais inquiété quels que soient les régimes. Son histoire ressemble à celle d’Anazè, l’araignée qui impressionnait ses concitoyens avec les attributs d’une peau de chèvre. Lorsque ceux-ci organisaient des battues, Anazè attendait patiemment qu’il y ait un tir de fusil ou un lancer de sagaie et qu’un animal soit atteint. On ne sait comment, mais il se trouvait toujours le premier auprès de l’animal agonisant ou mort. Il criait victoire en frottant sa peau sur celui-ci. Il la remerciait pour sa bravoure. Anazè seul, avec sa peau, n’avait jamais abattu le moindre animal. Ce dernier avait besoin d’un vrai chasseur, pour se mettre à travers sa peau en valeur, il s’est toujours abrité à l’ombre de quelqu’un.

Bamba Moriféré apparaît chaque fois que naît une lueur d’espoir pour dénoncer et combattre les errements du régime dictatorial de Dramane Ouattara. Son parcours est jonché d’actes qui contredisent les convictions dont il se prévaut et qu’il affiche à tout vent. Il claironne comme s’il doutait de la réalité des combats qu’il s’attribue, notamment ses implications dans les domaines des luttes d’émancipation de l’ivoirien.

Coïncidence ? 1985, Bamba Moriféré est nommé député de Daloa, Gbagbo prend le chemin de l’exil.

Le professeur Bamba Moriféré exhibe les liens qui l’unissent ou l’ont uni au Président Gbagbo, leur rencontre au lycée classique d’Abidjan, au syndicat SYNARES, et dans la clandestinité pour préparer la démocratie en Côte d’Ivoire. Il y aurait une fusion entre leurs visions du monde surtout quand il s’est agi de trouver les voies et moyens pour émanciper les ivoiriens du diktat du parti unique. Notre professeur passe sous silence les zones d’ombre, où il a pris un chemin contraire de celui à qui il accole son nom pour jouir un peu de sa notoriété. Il dissimule volontiers, les périodes plus nombreuses où il l’a simplement poignardé.

Le 10 novembre 1985 Bamba Moriféré est nommé député de Daloa par Houphouët. Il n’a pas eu le courage de dire non, au nom de cette quête de démocratie. Là, où son mentor, depuis longtemps, au nom de son indépendance a refusé des propositions de postes de princes, d’ambassadeurs, de ministres, de dignitaires que le régime du parti unique lui offrait pour le corrompre, en échange de son silence. Quant à B.M il n’a point résisté aux honneurs d’être désigné député d’un parti unique, lui le chantre de la pluralité a préféré aller à la gamelle.

Les actes qu’il a posés se trouvent aux antipodes des théories de démocrate qu’il professe. Ces faits sont vérifiables grâce à la profusion des moyens de communication que l’époque offre. A travers ceux-ci, on découvre le rôle trouble qu’il n’a cessé de jouer à toutes les étapes de ces prétendues luttes. La constance qui ne peut lui être déniée, c’est qu’il a quasiment servi, à des degrés divers tous les régimes qui se sont succédé depuis Houphouët à ce jour ; peu lui a importé la nature de ces régimes, pourvu qu’il ait eu sa place à la table du festin.

En acceptant d’être nommé député en 1985, et de devenir le collaborateur d’un système de parti unique, qu’il était censé combattre, il est permis de douter de la sincérité de ses combats passés, présents et futurs. Par ailleurs, il ne peut être exclu de songer que Bamba Moriféré pourrait être un cheval de Troie en service commandé. Un pion placé là, pour espionner ses camarades. Car au cours de cette même année de 1985, le citoyen Gbagbo menacé, n’a dû son salut qu’à l’exil. Pendant ce temps, Bamba Moriféré, son prétendu compagnon de lutte, devenait député du parti unique, vice-Président de la commission des affaires sociales et culturelles de l’assemblée nationale.

Quelle ascension fulgurante ! Quelle coïncidence ! Malheureusement quand les coïncidences se répètent, c’est le cas de B. Moriféré, il faut les analyser comme des faits objectifs.

Bamba Moriféré un opposant privilégié.

Bamba Moriféré constitue un leurre qui, à travers des partis politiques fictifs, s’accapare des vraies luttes, pour les noyauter et en tirer profit. Il a créé le Parti Progrès et Socialisme (PPS). En réalité il s’agissait d’un leurre. Car aux premières heures de la rébellion, ce parti a servi de vitrine en donnant un visage plus propre et présentable au MPCI de Soro. Cf. Le faso.net du 16 mai 2005. Ensuite le RPCI, puis le Collectif Démocratique (CODE) qui regrouperait 25 partis pour voter non au référendum. Il s’est encore agi d’un leurre, car par partis politiques il faut entendre des petits groupuscules sans identité, ni consistance. Bamba Moriféré s’en est servi comme un prétexte pour tuer dans l’œuf la lutte des vrais opposants à cette forfaiture de révision. Finalement la constitution a été imposée. Bamba Moriféré est satisfait, sa mission ayant été accomplie, il a disparu.

Et sa fille a été écartée du gouvernement. On prétend qu’elle serait sous surveillance. Interdite de sortie du territoire. Le père Moriféré retrouve soudainement force et vigueur et donne dans les gesticulations. Il ressurgit avec un nouveau machin appelé “Debout sauvons la Côte d’Ivoire” pour restaurer la démocratie et l’Etat de droit. Il organise des conférences surtout à Paris, des chaînes de TV lui font une publicité, il brouille les cartes. Il veut sauver la démocratie et la République, comme si depuis qu’il a contribué à confier le pouvoir à Dramane Ouattara, la démocratie avait un seul jour existé. Il peut être considéré comme un allié objectif du pouvoir actuel, d’autant qu’il lui est loisible de voyager où il veut pour endormir la diaspora surtout à Paris, Berlin et partout où une lueur de prise de conscience s’allume. D’où proviennent les fonds pour ces périples ?
Des personnes, prises comme des opposants, sont arrêtées et emprisonnées sans raison. Pendant ce temps, Moriféré, estampillé opposant, n’est ni interpellé, ni nullement inquiété pour les critiques qu’il émet. Le pouvoir sait certainement qu’il n’est qu’un ersatz d’opposant. Une pacotille farouche, mais connivente avec le régime, destinée à endormir, à noyauter toute velléité de prise de conscience. Avec son truc appelé “Debout sauvons ma fille”, il sollicite le pardon de Ouattara. Sa fille rentrera bientôt dans les grâces du pouvoir et la boucle sera bouclée.

Coup d’Etat de 1999. Bamba Moriféré saute au visage du professeur Zadi Zaourou.

Dans une interview parue dans “Le Repère” et reprise par le Nouveau Réveil du 24 septembre 2009, Zadi Zaourou raconte comment il a été apostrophé par ce dernier, devant des témoins et non des moindres. Extrait.

[” J’ai même dit publiquement à Guéï que nous sommes des anciens communistes.Nous ne pouvons accepter ce coup d’Etat. Étaient présents à cette rencontre, Séri Gnoléba; Bamba Moriféré; Laurent Gbagbo et Alassane Dramane Ouattara. “Nous sommes d’anciens communistes. Nous ne pouvions pas accepter ce coup d’Etat. J’ai à Guéï que nous sommes des anciens communistes et que donc, nous ne pouvions pas tolérer qu’on prenne le peuple à rebrousse poils pour lui imposer des choses. Moriféré m’a pratiquement sauté au visage. Il m’a dit ceci. “Mais Bernard, sois raisonnable, ce n’est pas un coup d’Etat. C’est la révolution des Œillets ! Je n’ai pas réagi à cela, car je l’ai trouvé ridicule”].

Rappelons que la révolution des Œillets concerne la chute en 1974 du dictateur Salazar au Portugal par un coup d’Etat militaire. Quelle différence B. Moriféré voyait-il entre la révolution des Œillets et le coup d’Etat de Guéï ? Il n’y en a pas. Zadi s’en est rendu compte, d’où son silence méprisant face à cette stérile sémantique ridicule. Pour service rendu, Bamba Moriféré obtiendra une rétribution conséquente en retour. Le général putschiste le nommera au poste de ministre de la santé. Une fois de plus il s’est maintenu à la table du festin.

Le parti (PPS) de Bamba Moriféré, vitrine légale de la rébellion de 2002.

Dans un article intitulé “Côte d’Ivoire : Guillaume Soro et la ” révolution ivoirienne ” de 2002 “, Le faso.net du 16 mai 2005, ce dernier revèle la complicité, la duplicité et la collusion du (PPS) de Bamba Moriféré avec son MPCI. Le PPS servait en réalité de vitrine politique légale au mouvement rebelle et armé de Soro le MPCI. Extrait.

[ ” Bamba Moriféré, fondateur du Parti pour le Progrès et le Socialisme (PPS) a pris ses responsabilités dès le mardi 22 octobre 2002 dans une déclaration relative au conflit actuel en Côte d’Ivoire, soulignant que la cause fondamentale de ce conflit armé réside dans la politique de l’ivoirité et la tribalisation du débat politique mises en œuvre par Bédié, remises à l’ordre par Guéï. (…) Si j’évoque Bamba Moriféré c’est que la filiation entre les animateurs du PPS et ceux du MPCI me semble incontestable. La déclaration du 22 octobre 2002 a permis la politisation du mouvement initié par les” mutins” un mois auparavant; on ne parlera plus, alors de “mutins”, mais du Mouvement Patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI) “].

Attitude étrange pour un supposé démocrate qui flirte et soutient une rébellion et en justifie les crimes notamment à Duékoué.

Le massacre des Wès à Duékoué. Bamba Moriféré : ” Les FRCI n’ont commis aucune exaction ”

A l’ombre des grands arbres rien ne pousse, mais une fois qu’ils ne sont plus là, d’autres espèces émergent et prospèrent. Gbagbo n’est plus là. Anazè se trouve nu. Beaucoup de bruits et rien de concret. Il brasse de l’air car il a retrouvé sa fonction initiale de parasite politique, incapable d’agir et d’exister par lui-même.

La preuve, pour donner un peu de visibilité à sa croisade de soi-disant, “sauver sa République”, le voici, sans vergogne, parti, consulter l’oracle dans sa prison de la Haye pour avoir son onction. Lui qui applaudissait quand il a été enlevé par les forces étrangères, et qui justifiait le massacre des Wès à Duékoué en ces termes grotesques. Extrait: Source Le patriote du 22 avril 2011.

“(…) D’après les informations qui sont en ma possession, les éléments armés des FRCI qui ont pris la ville, n’ont commis aucune exaction (…) Elles se sont attaquées à des miliciens et des mercenaires armés”. Source Le patriote du 22 avril 2011.

Dire de Bamba Moriféré qu’il est un opposant crédible sur lequel on peut compter pour un changement politique quelconque, équivaudrait à aller puiser de l’eau avec un vase poreux.

T. Briga

Commentaires Facebook

Commentaires

1 Commentaire ... participez vous aussi à la discussion.

  1. Coigny 18 mai 2018 at 19:41 -

    Qu’il est mal écrit cet article ! Mais bon, outre le soutien plus qu’affirmé à la personne de Laurent Gbagbo, l’essentiel y est avec cette omission de taille : la déclaration de Bamba Moriféré soutenant être “le père spirituel de la rébellion”. Aveu qui explique la présence de sa fille à Bouaké comme porte-parole du mouvement, et son neveu comme représentant dudit mouvement à la CEI, et accessoirement annonceur de résultats trafiqués et non validés/consolidés. Oui, il y a des raisons objectives de douter de Moriféré sans s’étaler dans un écrit aussi long et redondant.