La Haye: Jean-Pierre Bemba pourrait sortir de prison ce mardi après neuf années

Mis en ligne par La Rédaction | mardi 12 Juin 2018

Jean-Pierre Bemba « aurait dû être libéré immédiatement », a aussitôt fustigé devant les journalistes Peter Haynes, avocat de l’ancien chef de guerre. Seul problème aux yeux de la Chambre d’appel : la condamnation de Jean-Pierre Bemba dans une affaire annexe en mars 2017 à un an de prison et 300 000 euros d’amende pour subornation de témoin dans le cadre de son principal procès. Un nouveau jugement a été ordonné en appel.

Une audience « urgente »
Qualifiée « d’urgente », l’audience de mardi [11 à 16 heuers] a donc été ajoutée à l’ordre du jour de la Cour qui siège à La Haye pour discuter du maintien en détention du Congolais, qui pourrait bien être relâché après avoir été détenu pendant près d’une décennie. D’ailleurs, les experts en droit international s’accordent à dire qu’il est « fort probable » que le chef du Mouvement de libération du Congo (MLC) soit un homme libre avant la tombée de la nuit, et qu’il prenne la route pour la Belgique où se trouve sa famille.

Jean-Pierre Bemba avait été condamné en première instance en 2016 à 18 ans de prison, la peine la plus lourde jamais imposée par la CPI, pour les meurtres, viols et pillages commis en Centrafrique par sa milice entre octobre 2002 et mars 2003. En rappelant que Jean-Pierre Bemba n’était pas lui-même présent en Centrafrique au moment des faits, la Chambre d’appel a estimé qu’il n’aurait pas pu contrôler à distance les agissements de sa milice.

« Une simple opération mathématique »

« C’est une simple opération mathématique: la peine maximale encourue par Bemba dans l’affaire annexe d’atteintes à l’administration de la justice est de cinq ans, soit une durée bien plus faible que le temps déjà passé en détention », explique Thijs Bouwknegt. « Sa libération serait donc plus que logique », affirme le juriste, dont le constat est partagé par Stephen Rapp, ex-ambassadeur itinérant pour les États-Unis chargé des crimes de guerre.

« Je serais très surpris qu’il ne soit pas immédiatement libéré », a confié Stephen Rapp à l’AFP. « M. Bemba a déjà passé près d’une décennie en détention. Il est inconcevable que l’affaire de subornation de témoin aboutisse à une peine supérieure à cette période », poursuit-il.

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