Côte-d’Ivoire: Malmené dans l’opinion, le Fpi de Sangaré essaie de justifier son boycott en conférence de presse

Mis en ligne par La Rédaction | mercredi 13 Juin 2018

Par Connectionivoirienne

Révision de la liste électorale

Depuis que la coalition Eds s’est prononcée en faveur d’un boycott de la révision de la liste électorale, des voix s’élèvent au sein même de la galaxie Gbagbo pour dénoncer ce qui est considéré par des analystes comme un boycott de trop. Le Fpi de Sangaré qui soutient Eds dans cette option est entrée en campagne à travers des contrées du pays pour prôner le boycott de l’inscription sur la liste électorale. Cette décision, si elle est adoubée par la direction du parti, ne fait pas pour autant l’unanimité au niveau de la base. Sur les réseaux sociaux, le débat est très animé et beaucoup estiment que cette stratégie est mauvaise. Récemment au cours d’une intervention à Paris, le président de l’Ung, Stéphane Kipré, membre de la coalition Eds, a invité de façon subtile les pro-Gbagbo à ‘’remplir les listes électorales’’.

Cette fois, le Fpi et Eds sont dans un quasi-isolement car des alliés comme l’Urd de Danièle Boni Claverie et Lider de Mamadou Koulibaly ont pris le contre-pied du Fpi-Eds en invitant leurs militants et les nouveaux majeurs à s’inscrire massivement sur les listes électorales afin de sanctionner la gouvernance Ouattara.

Face à un tel imbroglio, le Fpi de Sangaré donne une conférence de presse ce mercredi pour, dit-il, livrer sa ‘’position sur la révision de la liste électorale par la CEI décriée’’. Il en profitera pour se prononcer également sur un probable 3e mandat d’Alassane Ouattara. Un exercice de communication quelque peu risqué d’autant plus qu’il intervient au moment où les responsables du parti se sont déjà mis en mission avec des messages qui vont dans tous les sens. Cette conférence vient-elle pour rectifier le tir ?

SD à Abidjan
sdebailly@yahoo.fr

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  1. dabakala 13 juin 2018 at 01:54 -

    “Le Fpi et Eds sont dans un quasi-isolement car des alliés comme l’Urd de Danièle Boni Claverie et Lider de Mamadou Koulibaly ont pris le contre-pied du Fpi-Eds”

    L’isolement n’a de valeur que lorsqu’on apprécie le poids politique et démocratique de chaque acteur.

    Le FPI et les pro GBAGBO sont tellement nombreux que les voix de l’URD ou du LIDER sont à peine audibles sur le terrain. Ces partis politiques occupent bien plus de place dans les journaux que dans les rues et les urnes.

    L’évidence est que le plébiscite que porte le FPI est tel que toutes les formations politiques ivoiriennes rêvent de voir cet électorat virer en leur faveur !

    KOULIBALY croyait récupérer des voix en créant le LIDER. BANNY a cru tout autant pouvoir récupérer le vote LMP pour renverser OUATTARA. Le PDCI pense pouvoir utiliser la carte LMP en denier ressort si avec le RDR ca capote.

    Bref, c’est ce qui se passe quand on représente la majorité dans une pays !!

    C’est aussi pourquoi le FPI reçoit autant de coups !!

    Le serpent n’est pas mort !!

    Dabakala !!

  2. srika blah 13 juin 2018 at 10:47 -

    @DABAKALA.

    Sangaré , cette fois ci s’est trompé. Il doit se ressaisir.

    L’enrôlement sur une liste électorale dans un pays independant,civilisé et “democratique” n’a rien á avoir avec un combat politique contre le pouvoir en place et contre la CEI.

    Le pouvoir et la CEI peuvent changer de main á tout moment, mais les effectifs sur les listes électorales restent.

    Nous sommes tous d’accord que la CEI de Youssouf est sous l’influence du pouvoir en place, mais cela ne doit pas empêcher les ivoiriens de faire l’acte de naissance de leurs enfants et aussi s’inscrire sur la liste électorale.

    @DABAKALA….
    Koudou Gbagbo et le FPI ne sont pas les SOLUTIONS de l’équation ivoirienne qui n’a pas encore trouver de solutions depuis des décennies.
    Les “Matheux” de la politique ivoirienne continuent d’avancer leurs théories dans le chaos.

  3. dabakala 13 juin 2018 at 11:08 -

    @srika …

    Ceci étant votre opinion, ce que vous ignorez, c’est que le FPI n’a pas besoin de donner de mot d’ordre pour amener les ivoiriens à adopter une attitude donnée. Tous les boycotts ordonnés par le FPI jusqu’ici correspondaient à des décisions que des ivoiriens avaient déjà prises bien avant leur annonce.

    Les législatives, les municipales, la présidentielle de 2015 sont des événements que les pro GBAGBO on boudé instinctivement et naturellement, forçant le pouvoir OUATTARA à fabriquer des chiffres pour se donner de la contenance.

    Concernant par exemple le recensement de la population, qui a échoué il y a peu, ce n’était pas le FPI qui aura demander son boycott, mais ce sont les ivoiriens qui l’on tout simplement boycotté.

    Alors, que la CEI change de main ou pas, ce que les ivoiriens savent, c’est que OUATTARA, qui cherche un troisième mandat, semble ne pas être disposé à organiser des élections transparentes et libre, avec une CEI réellement consensuelle, qui aurait permis à tous les partis politiques de s’affronter proprement et qu’enfin on se choisisse un président réellement démocratiquement élu, qui pourrait diriger ce pays sur la base d’un plébiscite réel et non fictif ou bombardé à la poudre, avec pour mission première de réconcilier les ivoiriens.

    Alors du point de vu du petit ivoirien que je suis, je ne vois pas pourquoi je participerais à cette mascarade !!!

    Ai-je besoin de l’avis ou du mot d’ordre de SANGARE pour me décider à boycotter ???

    Non !!

    Celui qui fait donc une grosse faute, ce n’est pas SANGARE, mais OUATTARA qui continue à maintenir un verrou politique sur une action démocratique salvatrice, qui permet à notre démocratie de s’exprimer en laissant le pays être dirigé par celui qui le mérite, dans les urnes !!

    Cela ne sert donc à rien de vous en prendre à SANGARE, quand l’étrangleur de mouton est ailleurs !!

    Fondamentalement, je fais partie de ces gens qui pensent que le temps est une variable importante dans votre « équation ». Ne pas participer à un scrutin n’est pas la fin du monde. Paradoxalement, ceux qui critiquent le plus la position de SANGARE et qui se souhaitent une participation du FPI aux élections, sont pour la plupart des militants RDR, qui savent pertinemment que sans le vote pro GBAGBO, ces élections n’auront aucune valeur démocratique. Dans le fond, ils espèrent que la CEI ne fraudera pas et que OUATTARA pourrait enfin gagner sans en avoir besoin.

    Non mes amis, on attend le prochain bus !!!

    Maintenant, tout est possible aussi, car ici, je ne donne que mon opinion !!

    Je ne suis pas SANGARE, encore moins CLAUDE KOUDOU !!

    Dabakala !!

  4. Coigny 13 juin 2018 at 12:48 -

    Le renouvellement de la liste électorale est le point de départ d’un processus d’ensemble. Plus prosaïquement : tu comptes voyager en train de Ferké à Abidjan. Tu sais que sur la voie ferrée, il y aura un train à bestiaux, et un train de passagers. Tu montes dans le train à bestiaux, et tu espères qu’en route, à force de plaintes, de cris et de prières, ce dernier deviendra par opération du saint esprit un train de voyageurs. Beh mon ami, tu es bien parti pour supporter les odeurs, la pisse et la bouse jusqu’à Abidjan.

    Le schéma de Ouattara depuis sa Constitution, est connu : faire sauter le verrou de l’âge, du “et”, et de la limitation de mandats. Mais pour s’assurer les coudées franches, il a besoin de : 1°) S’assurer d’éliminer toute candidature au sein du RHDP, pour bénéficier – encore – des conditions de l’appel de Daoukro en 2015 ; S’assurer de l’absence de l’opposition, en l’ignorant dans ses appels à un environnement décrispé et clarifié, qui l’emmènera donc au boycott ; 3°) S’assurer l’allégeance et la reconnaissance du binôme Conseil Constitutionnel / CEI pour valider et sa candidature, et son élection à un score soviétique.

    Il n’y a même pas un début de commencement de promesse de refonte de la CEI dont le mandat est échu, ni d’accession aux recommandations de la Cour de l’Union Africaine. Dans un tel environnement où la délivrance des cartes d’identité aux nationaux est bloquée mais que l’industrie tourne à plein régime en faveur des Ivoiriens Nouveaux, une opération de RLE créée forcément une liste biaisée, avec l’aval de la CEI. C’est quand le train arrivera vers Agboville que vous aller crier pour demander une désinfection de liste électorale ? Que vous obtiendrez une refonte de la CEI ? Que vous sera concédée le re-découpage électoral ? Que la représentativité des partis ou des groupements de la société civile sera avalisée ? Non, quand un homme n’est pas d’accord, il dit NON. Pas “peut-être” ou “on verra plus tard”. Et NON au schéma d’un Ouattara qui a décidé de confisquer la démocratie et l’alternance au nez et à la barbe des censeurs Occidentaux d’hier, c’est maintenant que cela se fait par le refus de monter dans son train à bestiaux.

  5. zoguehi 14 juin 2018 at 12:52 -

    Il n’y a pas de boycott de trop. Les positions de Sangaré- FPI – et Ouégnin – EDS – s’inscrivent dans une démarche logique.

    En l’état actuel, seul le boycott constitue une arme adaptée. On ne peut pas crier que l’organe – la CEI – censé organiser les élections n’a pas ou plus de légitimité, car forclos, et lui confier en même temps l’organisation desdites élections.

    L’inscription sur les prétendues listes ne présage nullement de l’usage honnête du vote de l’inscrit et à qui Youssouf Bakayoko le destinera. Les listes par lesquelles l’on prépare, les doublons et les fraudes à venir sont naturellement et surtout ouvertes aux ivoiriens nouveaux.

    “Cette fois, le Fpi et Eds sont dans un quasi-isolement car des alliés comme l’Urd de Danièle Boni Claverie et Lider de Mamadou Koulibaly ont pris le contre-pied du Fpi-Eds en invitant leurs militants et les nouveaux majeurs à s’inscrire massivement sur les listes électorales afin de sanctionner la gouvernance Ouattara.”, selon l’article.

    Comment peut-on imaginer sanctionner Ouattara dans ces conditions ? Si c’est la CEI qu’il a créée, son objet qui lui obéit au doigt et à l’œil, qui procède aux dépouillements des scrutins ?

    L’union est certes souhaitable, mais les deux micro-partis que sont l’udr et lider ne doivent leur existence et visibilité dans le paysage politique ivoirien que par leurs fondateurs Boni Clavérie et Mamadou Koulibaly.

    Jusque là, à part ces deux personnalités, l’on ignorait que ces deux particules (Udr et Lider) possédaient par elles-mêmes des masses d’adhérents !

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