Côte d’Ivoire: Des déguerpis de l’abattoir de Port-Bouët dorment dans un cimetière

Mis en ligne par La Rédaction | dimanche 8 Juil 2018

Une partie des riverains de Port-Bouët-Abattoir dort dans le cimetière de la commune de Hortense Aka-Anghui, depuis le lundi 2 juillet 2018 suite à un déguerpissement. Afrikipresse s’est rendu sur les lieux le vendredi 6 juillet 2018.

Interrogé, Moussa Fofana, victime du déguerpissement, raconte : « Toute ma famille est dans la rue. Nous dormons dans une école, mais il y a d’autres qui sont sur le terrain du quartier et même aussi dans le cimetière. Ils sont couchés sur des tombeaux avec leurs bagages. Je n’ai pas reçu de mise en demeure. Pour vivre ici, nous versions une somme d’argent selon le m2 au district d’Abidjan et cela part de 200. 000 FCFA à 1.000.000 FCFA. Mais, cette année quand nous sommes allés payer, on nous a demandé d’attendre. Normalement on devait nous avertir avant de faire cela, pour que nous prenions toutes les mesures pour trouver un autre endroit où vivre. Mais cela n’a pas été fait. Ma fille m’a réveillé vers 7 h et c’est là, que j’ai fait le constat. Ils ont commencé à démolir les constructions. Je n’ai rien pu sauver, comme beaucoup de personnes. Ils n’ont pas de cœur, on a des enfants. Ma fille passe le Bac cette année, à son retour, elle n’a plus où vivre. Comment elle pourra bien affronter son examen ? ». Sylla Fodé, une autre victime, a annonce le décès de son père survenu le mardi 3 juillet 2018, parce qu’il aurait eu du mal à supporter la situation.

Le district d’Abidjan réagit : « ils ont eu 3 mise en demeures (…) et un an sans payer des taxes pour pouvoir se reloger ailleurs »

Indexé dans cette affaire, le district d’Abidjan, par la voix de son Directeur de Communication, Nicolas Baba Coulibaly a fait savoir que toutes les procédures ont été respectées dans les règles de l’art.

« Effectivement c’est le district d’Abidjan qui a procédé au déguerpissement de cette population, et cela pour rester cohérant avec la volonté du gouvernement de sécuriser les populations dans cette période de forte pluie. Le District d’Abidjan est une institution sérieuse qui connaît très bien les procédures. Et donc, ces procédures ont été respectées, des accords ont été trouvés avec les populations pour eviter qu’on soit dans une situation de blocage. Tout a été fait dans les règles de l’art. Nous avons pris nos responsabilités pour déguerpir cette population de cet espace qui appartient au district d’Abidjan pour leur sécurité. Avant de demander à la population de partir, d’abord depuis avril 2017, on a eu une réunion avec la population. On leur a transmis trois mises en demeures pour leur demander de partir. Et quand on leur avait transmis cette mise en demeure, on leur a donné l’information de ne plus payer les taxes au District d’Abidjan, et de garder cet argent pendant un an pour pouvoir se reloger ailleurs ».

Ange Ouohi
Afrikipresse

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  1. marianne 8 juillet 2018 at 14:01 -

    Humainement il faut prévenir l installation des habitats précaires des le départ. Mais quand on laisse faire, quand on y apporte électricité eau on prélève des taxes personne ne peut comprendre qu’ on expulse comme ça!

    Je rappelle que l état doit s occuper de tous sans faire de distinction.

    Lorsqu’il a été défaillant à prévenir ol doit assumer équitablement les conséquences

  2. GBAGBO LAURENT 8 juillet 2018 at 15:34 -

    Encore une manifestation patente de mépris envers les populations.

    Dire que l’on a respecté toutes les procédures ne vous dédouane pas, pour la simple raison que ces justement ces procédures qui font problème !!

    On a l’impression que l’état et la commune, en agissant à l’improviste, croient pour se garantir le plus de chance de succès pour déloger les populations.

    Sous d’autres cieux, on procède à un balisage physique manifeste (une clôture provisoire en bois par exemple à mi hauteur pour circonscrire les régions à évacuer, avec des panneaux bien visibles et lisibles affichant le responsable de l’action, les voies de recours et les délais énoncés.

    A terme, personne ne peut dire qu’il a été surpris ou ignoré !!

    GBAGBO LAURENT