L’imam Oustaz Aguib Touré inculpé en Côte-d’Ivoire pour terrorisme et incitation à la haine

Mis en ligne par La Rédaction | mardi 10 Juil 2018

Oustaz Aguib Touré, imam de la mosquée Al-houda Wa Salam d’Abobo, une commune populaire d’Abidjan, a été inculpé pour des actes présumés de terrorisme, d’incitation à la haine et à la désobéissance civile.

Le 3 juillet, l’imam avait été convoqué par la police ivoirienne après des prêches sur le coût du pèlerinage à la Mecque et la destruction des maisons des « pauvres ».

« L’imam Aguib Touré, a été inculpé et placé sous mandat de dépôt, lundi 9 juillet, par le procureur de la République de Côte d’Ivoire », a confirmé à La Croix Africa, son avocat Me Souleymane Diallo. « Il est poursuivi pour des actes présumés de terrorisme, d’incitation à la haine, à la xénophobie, à la désobéissance civile ».

Le guide religieux musulman, imam de la mosquée Al-houda Wa Salam d’Abobo, une commune populaire d’Abidjan, est accusé d’avoir tenu des propos « dangereux » au cours de cérémonies religieuses largement diffusées sur les réseaux sociaux.

Sur son compte Facebook, il publiait régulièrement des prêches polémiques et qui lui ont valu deux convocations des services de la direction des renseignements généraux de la police ivoirienne.

Des prêches polémiques

Mardi 29 mai, Aguib Touré a déjà été auditionné pendant 4 heures par la police puis relâché, pour une vidéo publiée sur Facebook dans laquelle, il invitait les musulmans à ne pas inscrire leurs enfants dans les écoles chrétiennes.

Le 3 juillet, l’imam a encore été convoqué après la publication, sur les réseaux sociaux, d’une vidéo dans laquelle il dénonçait la hausse du coût du Hadj et la destruction des maisons des pauvres « pour donner les terrains aux riches » sous le régime du président Alassane Ouattara.

Après cette convocation, il a passé 6 jours à la direction des renseignements généraux de la police ivoirienne avant d’être inculpé, le 9 juillet.

Son avocat dénonce les conditions de son interrogatoire

« Notre client a été détenu au secret, et il n’a pas eu le droit de se faire assister par un avocat pendant son interrogatoire à la direction des renseignements généraux », s’est indigné Me Souleymane Diallo qui estime que les accusations contre son client « relèvent plus de l’imagination que de la réalité ».

Pour les chefs d’accusation retenus contre lui, le prédicateur musulman risque la peine maximale qui est de 20 ans de prison.

Le dossier est suivi par le juge du 8e cabinet d’instruction du tribunal de première instance d’Abidjan. La date de son procès n’est pas encore connue.

Guy Aimé Eblotié (à Abidjan).
Africa.la-croix.com

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  1. Coigny 10 juillet 2018 at 15:49 -

    Quelqu’un se rappelle le début de la radicalisation de Boko Haram au Nigeria ? Une réaction excessive, démesurée et violente des autorités de ce pays avec mort d’hommes avait conduit à la clandestinité puis à la radicalisation de ce mouvement, avec l’escalade qu’on lui connaît. J’ai eu connaissance du prêche incriminé de cet imam, et nulle part je n’y ai perçu du “terrorisme” ou de “l’incitation à la haine”.

    Là, on est entrés à l’usine de fabrication de martyrs, pour des propos juste critiques et avertisseurs, limite irrévérencieux à l’endroit d”un pouvoir qui a augmenté les frais du Hadj sans raison clairement justifiée. Pouvoir dont le premier responsable s’était estimé ostracisé du fait de sa foi religieuse. Au passage, cet homme de Dieu met en garde contre les risques d’un troisième mandat. C’est tout, et ça lui vaudra la prison. Non mais franchement, quel beau pays !!!

  2. Coigny 10 juillet 2018 at 15:53 -

    >une vidéo publiée sur Facebook dans laquelle, il invitait les musulmans à ne pas inscrire leurs enfants dans les écoles chrétiennes

    Je suis catholique non-pratiquant, et il ne me viendrait jamais à l’esprit d’inscrire mes mômes dans une école coranique, ce qui explique et justifie la position inverse de la part d’un musulman. Le dire, c’est s’exposer aussi à une convocation policière ?

  3. didiga 11 juillet 2018 at 09:55 -

    @ coigny

    laissez la mauvaise foi a cote

    ” il invitait les musulmans à ne pas inscrire leurs enfants dans les écoles chrétiennes”
    voici un des premices de l obscurantisme
    nous les muslims nous savons de quoi on parle

  4. Coigny 11 juillet 2018 at 10:51 -

    Oui, obscurantisme, le mot est lâché. Et pourtant, je rencontre de nombreux “obscurantistes” Ivoiriens qui refusent de voir leurs enfants dans les écoles dites françaises : trop chères, programme de faible niveau, encouragement à l’irrespect, à l’irrévérence, etc. Ils auraient été classés obscurantistes par @Didiga jusqu’à la récente étude qui place le système éducatif français bon dernier de l’ensemble de l’UE. Je n’inscris pas mes enfants à l’école coranique parce qu’on doit encore me convaincre de l’existence de débouchés, que je n’épouse pas l’idéologie musulmane, que je suis contre le fouet donné aux enfants, etc. Un père musulman en revanche qui épouse ces valeurs-là a le droit de croire que l’école laïque enlève aux enfants le sens de la soumission, la foi en Dieu et ses prophètes, etc. C’est un débat et dans une république diverse comme la nôtre où quantités d’opinions restent adossées à des ressentis dont la base est ou l’a priori, ou l’ignorance de l’autres, dans une telle république donc, l’on ne devrait pas faire économie du débat.

    Pour être sérieux, l’imam Aguib ne risque pas la prison pour son rejet de l’école chrétienne, l’école française ou l’école laïque, non. Il agite et retourne le landerneau électoral du RDR, en mettant le doigt sur l’absurdité de l’augmentation du hadj, la destruction des commerces et domiciles, et l’éventualité en passe de devenir certitude du troisième mandat. Rien de plus.

  5. didiga 11 juillet 2018 at 12:37 -

    Vous parlez de l école laïque quand l’imam parle d école chrétienne ne noyez pas le poisson

  6. Coigny 11 juillet 2018 at 14:11 -

    >l’imam parle d école chrétienne

    Le débat n’est pas le refus de l’école bouddhiste, raélienne, bossoniste, hindoue ou laïque. Il s’agit de phase avec l’école où l’on envoie ses enfants d’une part, et d’autre part, des VRAIES RAISONS de la poursuite de l’imam. Qui essaie de noyer le poisson ici ?

  7. Coigny 11 juillet 2018 at 14:40 -

    Il est quand-même bizarre, votre pouvoir-là : constamment dans l’anachronisme et la contradiction. Il y a peu, ce même pouvoir par la voix de son ministère de l’éducation nationale décidait de revaloriser l’enseignement confessionnel islamique, redorer le blason de ce dernier et le sortir du bois. Notamment par la possibilité d’y affecter des enfants, de structurer son système de transition entre cycles jusqu’au supérieur et lui assurer des passerelles avec le circuit dit classique. Bref, c’est vous qui voyez. Ne voilà t-il pas que peu après, un imam, donc gardien de la connaissance religieuse musulmane, estime en vertu de son droit constitutionnel d’émettre son avis (non injonctif, juste un conseil, un avis), qu’il est préférable qu’un musulman envoie son enfant à l’école coranique plutôt qu’à l’école chrétienne (catholique ou protestante). Cet avis se discute, de la même manière que se discute le choix d’envoyer son enfant au Lycée Classique, au Lycée Blaise Pascal ou à Glory School.

    Mais on prend prétexte de cet avis pour lui tomber dessus à bras raccourcis en évitant de faire référence aux vrais tabous auxquels il a osé toucher : la destruction des commerces et habitations des plus pauvres, livrés à la précarité et aux éléments pendant que les ruines desquelles ils ont été chassés sont attribués aux richissimes ; l’augmentation du prix du hadj, 5ème pilier de l’islam auquel n’ont touché ni Bédié, ni Guéi, ni Gbagbo ; la tentation d’un troisième mandat en dépit non seulement des dispositions constitutionnelles, mais de la parole donnée ; et cerise sur le gâteau, oser promettre un destin funeste à qui se laisse bercer par l’ivresse du pouvoir. Clairement, il était mûr pour la MACA, il suffisait juste de lui chercher les bons poux dans cheveux.

    La religion, en rien rationnelle, est le terreau de prédilection des extrémismes passionnés. Attention à ne pas faire d’un imam un martyr, en se rappelant comment Boko Haram s’est radicalisé et criminalisé suite aux réactions disproportionnées des autorités nigérianes. On entre dans le même schéma ici avec cet imam Aguib, par cette accusation si disproportionnée qu’elle en devient loufoque.

  8. GBAGBO LAURENT 11 juillet 2018 at 15:05 -

    En voila un qui ressemble à un pro GBAGBO quand on voit ses principes et ce pourquoi il s’engage !!

    OUATTARA ne fait pas de distinction.

    Le pro GBAGBO sème la terreur dans les rangs des poussiéreux juste à cause de ses idéaux. L’imam en fait autant et il est donc un terroriste par définition !!

    Comme disait l’autre, c’est maintenant que les écailles tombent des yeux des poussiéreux !!

    Yako !!

    GBAGBO LAURENT.

  9. Coigny 11 juillet 2018 at 19:50 -

    @Laurent Gbagbo vient là d’aggraver le sort de l’imam : parce qu’avec cette nouvelle “tare” (pro-Gbagbo), l’homme de Dieu risque de ne plus voir la lumière du jour pendant au moins 7 bonnes années ! Bah oui, pro-Gbagbo chez nous, c’est pire que d’être assassin, tueur, violeur, braqueur, terroriste, etc aux yeux de notre justice.

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