Jacqueville en Côte-d’Ivoire: «En 4 ans l’État nous a octroyé 440 millions mais nous avons investi 6 milliards” (Joachim Beugré)

Mis en ligne par La Rédaction | dimanche 16 Sep 2018

Les griefs des chefs de terre contre l’arrêt des chantiers du PPU

Le maire sortant de Jacqueville Joachim Beugré est candidat pour un nouveau mandat de cinq ans. Sa liste indépendante ‘’Coalition Amouankron’’ (entente, en langue locale Alladian) a été investie jeudi à Avagou. Un village qui est celui de l’un de ses quatre adversaires, le candidat du Rhdp, Pierre Yourougou.

La délégation des conseillers de la liste a fait son entrée sur la place du village autour de midi, tambours battant et fanfare au rendez-vous. Quand il monte au pupitre après le rituel d’usage, le journaliste maire a déclaré que la campagne n’étant pas officiellement ouverte, ce jour n’était pas celui des grandes déclarations. Il s’est alors contenté de retracer les grandes réalisations du mandat qui s’achève au moyen d’un film institutionnel qui a précédé son intervention. Il explique que Jacqueville vient de loin et qu’on ne peut parler de cette ville sans évoquer son enclavement de près de 65 ans suite à la percée du canal de Vridi. La commune en a souffert jusqu’en 2015, selon lui, par manque d’investisseurs privés. C’est, dit-il, dans ces conditions qu’il prend la mairie avec un trou de 300 millions de FCFA dans les caisses de celle-ci. « Nous avons pris fonction en juillet 2013 avec un trou de 300 millions de FCFA. En quatre ans l’Etat a octroyé à la mairie 440 millions de FCFA mais en 4 ans nous avons investi pour 6 milliards de FCFA en projets », révèle-t-il tout en précisant qu’il fallait frapper à des portes ici et ailleurs pour financer certains de ces projets, notamment des travaux d’adduction d’eau potable, d’électrification, de construction de classes et cerise sur le gâteau, la construction du foyer municipal d’un coût de 1,25 milliard de FCFA. Au total, 22 projets qu’il a obtenus du programme présidentiel d’urgence (PPU) après une audience avec le chef de l’Etat Alassane Ouattara en 2014. Une audience consécutive à un incident malheureux qu’il avait subi en France avec sa famille. Il a comparé son travail à la parabole du maître qui, voulant s’absenter a donné à chacun de ses 3 serviteurs respectivement cinq, deux et un talents que chacun devait fructifier. Une histoire pour dire qu’avec peu, l’on peut faire de grandes réalisations avec un peu d’imagination.

« Donnez-moi un autre mandat pour que je continue le travail que nous avons commencé », a-t-il invité les populations rassemblées. Par la suite, il a présenté son équipe de 31 conseillers, un dosage qui tient compte de la configuration socioéconomique des peuples des 3A (Alladian, Ahizi, Avikam).

A leur tour de parole, les chefs de village et de terre qui venaient d’investir le candidat n’ont pas manqué de soulever quelques préoccupations. Par leur porte-parole Sopi Tchagba Justin, ils ont dit qu’ils sont prêts à recevoir tous les candidats de par leur fonction mais qu’ils sauront reconnaître et accompagner ‘’celui qui travaille pour que leur situation s’améliore. Puis le chef, avec une grande liberté de ton d’interroger pourquoi cette région demeure pauvre alors que s’y trouve du pétrole et du gaz. Au chef de l’Etat, il a lancé un appel à l’achèvement des projets du PPU bloqués depuis lors.

SD de retour de Jacqueville
sdebailly@yahoo.fr

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