Abel Djohoré tance Soro en Côte-d’Ivoire: « Quand on veut un destin national, il faut avoir du cran et du courage….»

Mis en ligne par La Rédaction | lundi 22 Oct 2018

Résultat des élections locales – Abel Djohoré tance Guillaume Soro :

« Quand on veut avoir un destin national, il faut avoir du cran, du courage et les hommes »

« Incongruité, amateurisme politique notoire. Quand on veut jouer un rôle et assumer un destin national, il faut avoir un comportement responsable. On ne peut pas être membre d’une direction de parti et s’allier à une dissidence. C’est une voie sans issue ». C’est par ces propos que le député de Ouragahio et secrétaire général adjoint du Rdr en charge de la planification stratégique et des statistiques a répondu dimanche 21 octobre 2018, au cours d’une conférence de presse à Cocody à un journaliste qui voulait avoir son commentaire sur la récente participation de Affoussiata Bamba Lamine au récent congrès du Pdci, au nom de Guillaume Soro. Une réponse qui visait en réalité le président de l’Assemblée nationale en froid avec la haute administration du Rdr, le parti du chef de l’Etat Alassane Ouattara.

Abel Djohoré

Et le Pan en a pris pour son grade. « Quand on veut avoir un destin national, il faut avoir du cran, du courage et les hommes. Guillaume Soro n’a ni les hommes, ni le cran, ni le courage pour prétendre avoir un destin national. Les élections (locales) ont démontré la débâcle de ceux qui lui étaient proches. La Côte d’Ivoire a un repère, c’est Alassane Ouattara, c’est Amadou Gon Coulibaly à qui le président Ouattara fait confiance », a affirmé sans sourciller Abel Djohoré qui dit avoir rompu les amarres avec l’ancien chef de la rébellion.
Le conférencier analysait en tant que cadre du parti à la case, les résultats globaux des élections locales du 13 octobre 2018. Son parti, le Rhdp (dont fait partie le Rdr) a récolté officiellement 92 mairies et 18 conseils régionaux. Pour M. Djohoré, l’objectif en allant à ce double scrutin, était de remporter le maximum de circonscriptions et il considère que ‘’le Rhdp a brillamment gagné les élections’’. Convaincu de ce que son parti a fait une ‘’grande démonstration de force’’ à ces élections, le conférencier est arrivé à cette déduction, sans ambages : « Nous avons battu le Pdci et ses alliés. Cela augure d’un lendemain nettement meilleur pour 2020. En 2020, il n’y aura pas de débat. Au premier tour, le Rhdp gagnera les élections. Le Rhdp, c’est ce qu’il y a de mieux en Côte d’Ivoire ».

Les municipales et régionales, ajoute-t-il, ont démontré que seul, le Rhdp a une assise nationale. « Nous avons le sentiment que c’est un renouvellement de confiance du peuple à un leader, Alassane Ouattara », a-t-il estimé.

SD à Abidjan
sdebailly@yahoo.fr

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  1. albatros 22 octobre 2018 at 13:23 -

    Mon cher Abel, je pense que c’est le RDR qui manque de cran dans cette affaire. Entre un cadre du parti qui parraine des indépendants au grand jour et le parti qui n’a pas le courage de lui demander des comptes, qui manque de cran?

  2. Coigny 22 octobre 2018 at 16:05 -

    Dans le principe, Abel Djohoré n’a pas tors, tant la ligne de Soro semble illisible fragilisé qu’il est par la première cause de délitement mental, moral et spirituel : l’argent. Si le jeune sans le sous qui s’en alla rejoindre IB pour “mener la révolution” depuis le Burkina n’avait rien (ou si peu) à perdre, il en va autrement aujourd’hui pour l’homme qui possède résidences de luxe en Côte d’Ivoire, en Afrique, en Europe, aux Amériques,… épouse(s), enfants, parents, etc. Pire, il sait que la justice internationale aux leviers de laquelle manœuvre une certaine coterie, n’attend qu’un geste suspendu à Alassane Ouattara pour se saisir de lui.

    Alors, Soro “neutralisé” ? Peut-être bien. Mais Abel Djohoré est à la fois amnésique et excessif. Soro, pas courageux ? Peut-être est-il mieux placé pour le dire, mais nous autres avons observé un homme parti au charbon quand l’échec du 19 septembre faisait se terrer les uns tandis que les autres défiaient les records de Sotomayor. On l’a vu échapper à de multiples tentatives d’assassinat et s’en relever plus fort, et se pointer à l’entrée d’Abidjan avec ses bras cassés (dans un rapport de force à la base défavorable) face à la puissance de feu de l’assiégé.

    Abel Djohoré, officiellement en mission, voudrait pousser Soro à prendre ses responsabilités de façon violente, qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Nous autres, loin d’être amoureux de Soro, savons en revanche que c’est un homme de défi, et un vient ainsi de lui être lancé. Mais il est aussi un fin stratège, donc ne se jettera pas sur l’os. Mais un mécanisme vient ainsi de se mettre en place, lentement et inexorablement. Peut-être est-ce le but secrètement caressé par Abel Djohoré ? On va renouveler la commande de popcorn.

  3. wara 22 octobre 2018 at 18:57 -

    UNE LECTURE A PLUSIEURS GRILLES

    La réponse du secrétaire général adjoint du RDR chargé de la planification stratégique et des statistiques politiques était donc bien circonscrite !

    Les journaux sont libres d’exploiter une interview.

    Quand Abel Christian Djohoré Gbakayoro, le fils de grand Gbassi affirme que « Quand on veut avoir un destin national, il faut avoir du cran, du courage et les hommes », il a en partie raison.

    Il devrait y ajouter « Également de grands moyens et de l’intelligence ».

    Intelligence tactique, stratégique et relationnelle.

    Ce que Gbakayoro n’a donc pas cité comme qualités, pèse autant que ce qu’il a énuméré. Sinon plus !

    Soro se connait et donc connait ses lacunes d’aujourd’hui. Manifestement il connait aussi l’écosystème politique ivoirien au point d’être encore « membre d’un parti et de faire allégeance à l’opposition ».

    C’est cela la stratégie manœuvrière.

    Pour le courage et cran à l’évidence Gbakayoro lui-même se plante le doigt dans l’œil.

    Gbayoro n’a pas connu un certain Joseph OUPOH OUPOH. C’était un grand économiste ivoirien. Oupoh avait une vision ouverte, flexible et englobante d’un CV !

    Le curriculum vitæ selon le Professeur Ouph Oupoh plus qu’un parchemin ou des parchemins cumulés, est la PREUVE du chemin de la vie.

    Aucun ennemi masqué ou évoluant à visage découvert, ne saurait douter du courage à revendre de Soro, forgé sur un chemin ponctué de mille épreuves. Soro a un vécu qui ne peut être reconstitué qu’à Hollywood !

    Mais a-t-il les hommes de sa politique ? Les Hommes de son ambition ?

    Manifestement NON !

    Rien qu’à voir le cercle rapproché qui s’exprime sporadiquement sur les réseaux, personne ne voudrait de cette quasi-racaille selon les uns, demeurés selon les autres, au pouvoir d’Etat, « la Côte d’Ivoire est trop devant pour eux ! ». Ces enveloppes vides du magicien, ne pouvaient servir que le temps d’un combat ! Ni les bailleurs de fonds internationaux ni les gros investisseurs privés ne voudront d’une nouvelle cohabitation avec des aventuriers. Il ne restera donc que les blanchisseurs. Au propre comme au figuré…

    Au demeurant ceux qui disent que Soro n’a été qu’un prête nom, se fondent précisément sur cet argument pour le disqualifier. Une fois « la révolution » terminée, les vrais propriétaires ont repris leur bien !
    Pire, l’aile militaire qui a fait chemin avec Soro, s’est redécouvert après la reconquête, un amour pour la caserne et les voies hiérarchiques de l’ascension militaire. Les COM’ZONES sont aujourd’hui Colonels, c’est-à-dire à la porte du grade de Général, l’assurance d’une vie accomplie. Ceux-là pour rien au monde, ne risqueraient leur belle destinée pour de nouvelles aventures. Pire les armureries de guerre délocalisées ont été découvertes et récupérées les unes après les autres ! La poudrière de Bouaké était du menu fretin avec ce qui a été démantelée ailleurs…sous l’œil ébahi de témoins privilégiés.

    Soro sans les militaires, Soro sans les parrains tous alignés dans le RDR, Soro avec qui ?

    Voici pourquoi Soro a intérêt à ouvrir le cercle, sous l’angélique nom d’entreprise de « L’Alliance du 3 avril ».
    Et puisqu’en politique, rien n’interdit de puiser dans le vivier des compétences du voisin, on appellera ces futurs débauchés des transhumants ou autres noms d’oiseaux migrateurs, mais ce sont des forces qui serviront et combleront le déficit criard de compétences technocratiques autour de Soro.

    A ce jeu de rapprochement envers les partis d’opposition, Soro a tout à y gagner. Au pire, un jugement adouci …si par un hasard suprême, ceux-ci arrivaient au pouvoir AVANT lui !

    Ainsi je lis Soro dans ses “pas hésitants”.

    Quand bien même ces pas là ressemblent fort à une démarche de crabe ! Une démarche de Crabe ?

    Il y a quelques années que j’ai lu l’excellent “La Démarche du crabe” ! C’est l’histoire d’une quête, du sens de l’existence au-delà de l’individualité d’un homme dans une œuvre de Monique LaRue spécialiste de philosophie. J’ai dit Monique et non l’autre “savant” !

    Soro qui fréquenta le Petit séminaire de Katiola de la 6ème à la 3éme, de 1986 à 1989, est peut-être en quête avancée de lui-même. En cela il fait sans beaucoup de tapage sa reconversion spirituelle. Un retour à Dieu. Comme l’autre. La Simone 2.0 (formule bien chère à TIPADIPA2 !).

  4. marianne 22 octobre 2018 at 22:12 -

    @wara
    Pour le puriste déglingué @mantape

    J aime lire le côté factuel de vos interventions en faisant (pardonnez moi) abstraction de votre côté partisan.

    De grâce ne gâchez pas notre plaisir en y insérant des dires de quidam du site bon pour l asile.

    J aimerais vous poser cette question issue de votre excellente analyse. Si soro est un prête nom ,(ce que je crois vu la tournure de son destin personnel), qui est le grand chef?

    Je suis peinée pour lui. Car au moment des années de braise il était infiniment plus important que Mr bakayoko. Là on a l impression qu’ il n y a plus photo entre les deux. Comme quoi on peut avancer politiquement sans revendiquer une rébellion.

  5. wara 23 octobre 2018 at 01:05 -

    SORO UN SIMPLE PRETE-NOM ?

    @Marianne,

    Personnellement je ne crois pas qu’il soit simplement cela !

    J’ai bien dit “ceux qui …”. Je ne suis pas pour dire vrai de cette tendance. Donc je ne saurais te dire qui pourrait être son parrain.

    Celui qui a porté avec conviction le nom de guerre de “Docteur Koumba” ne peut être assimilé à un simple faire valoir.

    Autant Monsieur Le Préfet de Bouaké Tuo Fozié fut le premier visage à découvert de la rébellion autant Dr Koumba aura porté et défendu avec fermeté l’idéal prêché par le combat de 2002.

    En cela il mérite respect ET meilleure considération de tous les politiques qui se réclament du RDR.

    Soro a incarné LA VOIX du vivre ensemble durant une dizaine d’années.

    Or cet idéal de VIVRE ENSEMBLE reste aujourd’hui un chantier en friche. Un combat qui cherche SA VOIE ! Une construction qui demande un maçon qui peut fédérer tous ceux qui pensent et croient que cela est possible. Un maçon ISSU des rangs du RHDP…

    CETTE MISSION peut et devrait être portée par Soro. Il en a le profil et les potentialités réelles. Sans nécessairement se mettre a la marge ou évoluer en solitaire avec des compagnons plus que douteux tant du point de vue moralité qu’ambition politique ou de mercenaires.

    Avec ceux là Soro devrait pouvoir couper les amarres pour jouer pleinement le rôle qui lui revient au sein du RHDP oû sa place ne saurait être négociée. Surtout pas aux pieds de ces responsables politiques de la 25ème heure !

    LE RISQUE DE LAISSER SORO A LA MARGE …

    C’est moins qu’il soit un adversaire farouche demain.

    Sur le damier ou l’échiquier politique du RHDP enlevez ALASSANE OUATTARA et vous verrez le fossé. Quel fossé ?

    Le fossé entre Soro et ceux qui voudraient remplacer ADO. Pris individuellement dans plusieurs domaines Soro offre plus de capacités que chacun de ses adversaires. Voire plus que certains réunis.

    Mais il doit d’abord grandir…

    Soro à la marge Après ADO, c’est le risque assuré de voir le RHDP se disloquer très vite. Faute d’un véritable catalyseur qui aurait une légitimité acquise sur le terrain et un discours souple et ouvert pour les autres composantes de la société.

    Long plaidoyer mais que comprenne celui qui peut !

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