En Côte-d’Ivoire le FPI fait quoi si Gbagbo n’est pas libéré en 2019 ?

Mis en ligne par La Rédaction | lundi 22 Oct 2018

On a dit aux militants du FPI que Laurent Gbagbo, injustement détenu à La Haye (Pays-Bas) depuis le 30 novembre 2011, serait libéré en 2017 et qu’il fallait se préparer à l’accueillir. Malheureusement, la “prophétie” ne se réalisa pas. Au début de cette année 2018, on entonna le même refrain: “Il sera là bientôt et c’est avec lui que nous irons à la reconquête du pouvoir.” Ainsi, il n’est pas demandé aux militants d’engager la lutte pour la liberté et la justice comme dans les années 1990 mais d’attendre Gbagbo. Or “attendre” signifie compter sur l’action de quelqu’un. Celui qui attend n’attend plus rien de lui-même; il attend tout d’un autre (Dieu ou un autre homme). Il se croise alors les bras, se tourne les pouces, n’entreprend rien, s’installe dans l’inaction et l’immobilisme. Effectivement, entre 2011 et aujourd’hui, le parti se borna à faire le service minimum (2 à 3 tournées à l’intérieur du pays, quelques meetings, des points ou conférences de presse pour condamner ceci ou cela), ne mena aucune action d’envergure susceptible de bousculer le régime, de le faire reculer, de le contraindre à lâcher du lest ou de montrer à la face du monde, comme lors du 5e sommet Union africaine-Union européenne à Abidjan (29-30 novembre 2017), que le régime est anti-démocratique et liberticide. Même les camarades, qui furent arrêtés et embastillés après le Congrès de Mama (Hubert Oulaye, Sébastien Dano Djédjé et Justin Koua) ou après une marche de protestation à Yopougon (Samba David), on ne fit rien pour qu’ils sortent vite de prison. Parce qu’il fallait attendre Gbagbo, les malheureux camarades étaient obligés de purger leurs peines de 3 ou 4 ans. Seul le satrape, content ou fatigué de les voir souffrir, pouvait décider du jour de leur élargissement. Certains moururent dans ces prisons infectes. Les plus chanceux en sortirent très affaiblis ou avec des maladies. Tout ceci arriva parce qu’on nous demanda d’attendre Gbagbo, attendre qu’il sorte de prison et se joigne à ceux qui l’attendent depuis 2011 pour “aller à la reconquête du pouvoir”, pour battre le pavé, pour affronter Ouattara, pour faire ce que nous aurions dû faire sans lui, comme s’il ne s’était pas assez sacrifié comme ça, comme s’il n’avait pas donné suffisamment de son sang et de sa sueur, comme s’il avait encore la force de faire ce qu’il fit il y a 3 décennies.

Non, il ne fallait pas dire: “Attendons Gbagbo” mais “menons la lutte comme à l’époque où Houphouët affirmait arrogamment que le multipartisme était une vue de l’esprit et jetait en prison les étudiants qui réclamaient simplement de meilleures conditions de vie et de travail car il ne me semble guère normal qu’un parti attende tout et dépende à ce point de son leader qui a pourtant conseillé d’enjamber son corps et de continuer le combat s’il lui arrivait de tomber. Je trouve inacceptable que, sans Gbagbo, le FPI manque de stratégie et d’idées. J’ai du mal à admettre que les Refondateurs aient été incapables d’exploiter les situations qui, à un moment ou à un autre, provoquèrent la colère et la révolte des populations (enfants enlevés et assassinés, étudiants arrêtés et incarcérés, fonctionnaires chassés de leur travail, baisse du prix du cacao et de l’hévéa, augmentation du prix des denrées de première nécessité, quartiers précaires rasés, familles délogées, etc.) pour inquiéter le pouvoir. Je ne comprends pas pourquoi ils n’appelèrent jamais le peuple à boycotter les produits français (Orange, Canal plus, etc.) ou à occuper la rue dans toutes les villes jusqu’à la chute de ce régime sectaire et totalitaire.

Le parti s’est-il résigné à son sort? A-t-il abdiqué? A-t-il renoncé au combat? A-t-il abandonné son rêve de gouverner la Côte d’Ivoire autrement? Les enfants de pauvres ont-ils cessé de croire qu’ils peuvent et doivent améliorer la vie d’autres enfants de pauvres? Ces questions, on ne peut pas ne pas les poser quand le FPI d’aujourdhui donne l’impression que le prisonnier Gbagbo est son seul espoir. Or Gbagbo pourrait ne pas être libéré avant 2020. Car ceux qui l’ont envoyé à la Haye ont plus d’un tour dans leur sac; ils savent faire passer le temps; ils peuvent trouver toutes sortes de prétextes pour faire durer le procès, le temps que Ouattara finisse son second frauduleux mandat.

Bien sûr que mon vœu est que Laurent Gbagbo sorte de prison le plus tôt possible, cette année ou début 2019 mais, s’il ne sort pas, allons-nous attendre comme Vladimir et Estragon attendant Godot qui ne viendra jamais ou bien avons-nous un plan B? Autrement dit, on fait quoi si le “chef” ne bénéficie pas d’un non-lieu? De quels moyens le parti usera-t-il pour contraindre Ouattara à faire droit aux justes revendications de l’opposition (arriver à un consensus sur les listes électorales, le découpage électoral, la composition de la CEI, la sécurisation des électeurs et des candidats, la crédibilité du Conseil constitutionnel, etc.)? Au cas où Ouattara acceptait finalement de soutenir Bédié en 2020 et que les deux hommes se remettent ensemble, comment le FPI compte-t-il les affronter et les battre? Diriger, c’est anticiper. Voilà quelques questions sur lesquelles il serait bon de commencer à réfléchir au lieu d’attendre que Gbagbo sorte de prison. Si mes questions ont pu blesser quelqu’un, je m’en excuse d’avance mais telle n’était pas mon intention. Mon but était simplement de contribuer à la recherche de solutions capables de sortir le FPI de l’impasse dans laquelle il se trouve et qui n’empêche nullement nos valeureux camarades de nous quitter les uns après les autres.

Jean-Claude DJEREKE

Commentaires Facebook

Commentaires

12 Commentaires ... participez vous aussi à la discussion.

  1. srika blah 23 octobre 2018 at 01:00 -

    Si Gbagbo n’est pas libéré en 2019…le FPI attendra 2025..2030…2035 ……2100

  2. Deprado 23 octobre 2018 at 02:19 -

    Celui qui a vu le lion et celui qui en a entendu parler n’ont pas la même façon de courir quand on dit le lion arrive. Vous vous posez en éveilleur de conscience mais est ce que vous vous êtes une seule fois posé la question de savoir pourquoi vos incessants appels à la révolte contre le pouvoir en place n’ont jamais eu d’échos favorables? C’est simplement parce que vous n’êtes pas sur le terrain avec eux à l’avant garde du combat que vous exigez toujours. Donc changez de stratégie en venant mouiller le maillot sur le terrain vous verrez que la population n’attendait que votre présence pour enfin se réveiller.

  3. TIPADIPA2 23 octobre 2018 at 04:21 -

    Krrrr krrrr krrrr…

    Le doute s’installe chez les microbes refondus. Ils ne croient plus aux solutions (boycottages, siestes, pétitions, meetings 5400, marches 300, CNC, FDR-Font du refus …) de Sangaré Delon. Le pasteur CANCRE (en majuscule svp) réfugié canadien Jean-Claude Van Damme Djereke, l’auteur de l’apocalypse dans la bible des refondus, ne voit plus le gbangban 2020 dans ses prophéties. Il a oublié qu’on n’attache jamais bagages avec dioula Sangaré qui a mis tous microbes refondus au lit pour que son frère Ouattara gouverne tranquillement. Heureusement que Simone 2.0 fait le bonheur de certains cancres qui ont délaissé le lit de grâce matinée pour ramasser les bâches et chaises des nombreuses séances de prières quotidiennes !!!

    Krrrr krrrr krrrr…

    té ande

  4. quoi 23 octobre 2018 at 08:18 -

    @J.C Van Damme alias frayaliste Djereke ( LOL @TIPADIPA2),tu écris et tu parles trooooop.
    Pardon vient à Abobo à la grande gare ou au caca sport quartier plaque( tu as le choix).Depuis là nous mêmes on t’attend pour l’assaut final ou le match retour.
    Un frayaliste ne crie pas son fraya,”sabari” vient Seulement au pays.

    À chacun sa lorgnette !!!

  5. quoi 23 octobre 2018 at 09:03 -

    @Frayaliste Djereke juste pour t’encourager à rentrer voici les nouvelles donnes au pays:
    -Licorne est partie
    -L’ONUCI a plié bagage
    -Les microbes se cherchent
    -Les Hambak et autres sont devenus bourgeois et plus aptes à défendre le combat initial.
    Tu vois donc pasteur ou apôtre que le terrain est fertile pour nous renvoyer très loin de la Côte D’ivoire.Et ça sera juste entre nous,Ivoiriens nouveaux et anciens ivoiriens de souches pures homozygotes.

    À chacun sa lorgnette !!!

  6. marianne 23 octobre 2018 at 09:19 -

    En 2020 la solution c est le retour au banc de touche pour mieux approfondir le rattrapage. Gbagbo peut être libéré ou non là n est pas le problème.

  7. belo001 23 octobre 2018 at 09:49 -

    ha Jean-Claude DJEREKE !
    l’apocalypsien !
    si tu ne fais qu’écrire tu ne seras jamais compris ! viens sur le terrain, montre l’exemple ! 20 millions d’ivoiriens t’attendent ! ils n’ont besoin que d’un guide !
    tu ne fais que parler, écrire depuis 2011. fait juste un petit bilan pour comprendre que cette stratégie ne fonctionne pas. descend sur le terrain, gbagbo sera libéré le lendemain même !
    courage !
    beloo !

  8. quoi 23 octobre 2018 at 10:07 -

    SOS qui pourrait m’expliquer ce texte composé d’ajustement de mots en français malgré une lecture de gauche à droite,de droite à gauche de façon horizontale et verticale:
    “En 2020 la solution c est le retour au banc de touche pour mieux approfondir le rattrapage.”
    Ou bien c’est du charabia et si tel est le cas je m’excuse auprès de l’auteur de ce texte car je n’ai pas eu cette chance d’apprendre cette nouvelle langue à la maternelle.
    Encore mille excuses @Mamou car le charabia n’est non plus ma langue maternelle.

    À chacun sa lorgnette !!!

  9. fran6 23 octobre 2018 at 12:00 -

    Cher Jean-Claude DJEREKE, bien que je vous reconnaisse vos analyses très pertinentes en général, je suis forcé de vous dire que là vous connaissez mal le FPI. C’est un parti de combat. Ce que vous dites semble vrai à l’analyse des faits. Mais laissez moi vous dire que la posture actuelle du FPI est celle de tout donner pour son leader historique et le principal artisan de sa création. Le FPI vrai ne veut pas disperser ses forces. Mais croyez moi quand je vous dit que s’il était

  10. fran6 23 octobre 2018 at 12:24 -

    Cher Jean-Claude DJEREKE, bien que je vous reconnaisse vos analyses très pertinentes en général, je suis forcé de vous dire que là vous connaissez mal le FPI. C’est un parti de combat. Ce que vous dites semble vrai à l’analyse des faits. Mais laissez moi vous dire que la posture actuelle du FPI est celle de tout donner pour son leader historique et le principal artisan de sa création. Le FPI vrai ne veut pas disperser ses forces. Mais croyez moi quand je vous dit que s’il était acté que Laurent Gbagbo ne revient pas, alors ce parti ira aux élections et les remportera plus que jamais. Gbagbo lui-même donnera une consigne de vote claire aux militants. Le problème actuellement c’est que ce parti refuse mettre au second plan la libération de ses militants. Pas seulement de Gbagbo mais de tous ses militants. Car il ne faut pas oublier que parler d’autre chose que de la Libération des militants et des intérêts de la Côte d’Ivoire, c’est monter quelque part que leur incarcération est normale ou que leur libération n’est pas une priorité. Quel militant voudrait être dans un parti qui l’abandonne à son sort quand il est injustement incarcéré pendant la lutte? Ou qui parlerait de son futur mariage lorsque son père est à l’agonie ? Ce que fait le FPI en ce moment, c’est de récupérer tous ses ‘soldats’, où qu’ils soient (en exil ou en prison), de les remobiliser pour gagner avec eux les futures échéances électorales. Je vous avoue que si le FPI ne se comportait pas comme il le fait actuellement, moi je serais très déçu. Bien-sûr que ce parti veut gagner des élections. Mais pas en sacrifiant ses vaillants militants victimes de la barbarie du RDR.

  11. mantape 23 octobre 2018 at 15:09 -

    @quoi sawadogo

    Ko jean Claude van damne djereke…

    Tu m’as tué là…j’ai failli faire un accident avec mon gba-ha tellement j’ai ri …..
    Lui là il peut venir à la gare ou au caca sport pour se battre ? Laisse les tapettes humides forestières là….laisse les parler…elles ont notre adresse….et elles savent où nous trouver …..connaisseur connaît gaou passe ….
    À connaît pas ……

    Tu as du courage tu cherches à comprendre ce que moyamou alias @moncon Marianne a écrit ?

    A l’école coranique de SINDOU on ne nous a pas appris le charabia je ne sais pas comment tu feras pour comprendre…

    Winda taafi ( au revoir en moré)

  12. TIPADIPA2 23 octobre 2018 at 16:48 -

    Ouiii…@mantape Ouedraogo

    Djereke est le véritable Jean Claude Van Damme des télé-réalités refondues diffusées depuis le Québec au Canada. Les microbes refondus aiment voir ses séries et autres appels apocalyptiques depuis leurs lits de grâce matinée sans bouger !!!

    Un véritable rigolo comme un certain Oumar Bongo … (parole de Gbagbo)!!!

    Krrrr krrrr krrrr….

    té ande

Laisser un commentaire