Le Salon du chocolat de Paris s’ouvre dans une atmosphère morose chez les producteurs en Côte-d’Ivoire

Mis en ligne par La Rédaction | vendredi 2 Nov 2018

Au moment où «le délicieux» Salon du Chocolat de Paris ouvre ses portes aux amoureux de ce produit en France [du 31 octobre au 4 novembre], les discussions sur le taux de broyage du cacao dans les pays producteurs et ses cours mondiaux font fortement débats.

En Côte-d’Ivoire l’on apprend aussi qu’un projet de stockage [stratégique] de plus de 400 mille tonnes semblerait en délicatesse de financement auprès de la banque mondiale.

Le pays se serait tourné vers le Ghana voisin afin de cofinancer le stockage stratégique en entrepôts de plus d’un million de tonnes, dans le but d’impacter sur les prix payés aux producteurs, généralement décidés sur les bourses de Paris, Londres et New-York.

Cours Cacao au 2-11-2018 Boursorama

2 264.00 USD
+2.21%
valeur indicative 1 979.98 EUR

Fondamentaux Cacao

Le cacao est majoritairement cultivé en Afrique de l’Ouest, et consommé en Europe ou aux Etats-Unis. Depuis 2013, les prix sont tirés à la hausse par la demande chinoise grandissante.

Offre
En 2013, la production mondiale de fèves de cacao provenait à environ 70% d’Afrique de l’Ouest dans un marché massivement dominé par la Côte d’Ivoire, à l’origine d’un tiers de la production mondiale. Sur le même continent, le Ghana a massivement investi dans la culture de cacao, devenant le troisième producteur mondial après l’Indonésie. À eux seuls, les trois premiers producteurs mondiaux représentent 70% de l’offre totale selon les données du FAO. La récolte et le séchage des fèves nécessitent une main-d’œuvre importante : hormis quelques pays comme le Brésil, où il est transformé et consommé sur place, le cacao est essentiellement une culture d’exportation, souvent sous forme de fèves non transformées.

Demande
Les produits à base de cacao restent principalement fabriqués et consommés dans les pays industrialisés : les Européens sont de loin les plus gros consommateurs, suivis des Américains du Nord. Depuis 2013, les marchés émergents (Chine) jouent également un rôle important dans l’évolution de la demande. Outre l’alimentation, le cacao entre aussi marginalement dans la composition de tabacs ou de cosmétiques.

Cotation
Le cacao est principalement coté sous forme de contrats à terme sur le LIFFE de Londres (London International Financial Futures and options Exchange) ainsi que sur l’ICE Futures US d’Atlanta (Intercontinental Exchange, ex-NYBOT), en USD/tonne.

Evolution des prix
L’évolution des cours est très dépendante de la situation socio-politique des grands Etats producteurs, notamment de la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial. À titre d’exemple, les tensions politiques dans le pays en décembre 2010 et durant les premiers mois de 2011 avaient poussé les cours jusqu’à un record de plus de 30 ans, au-delà de 3.800 dollars la tonne à New York, avant de retomber par la suite avec l’amélioration de la situation. Après s’être échangé entre 2.000 et 2.500 dollars par tonne de la fin 2011 à la mi-2013, les prix sont remontés au-dessus des 3.000 dollars dans la deuxième moitié de l’année 2014, poussés par une demande grandissante en provenance de Chine alors que l’offre mondiale stagne.

Faible progression des broyages de fèves de cacao en Côte d’Ivoire

Les broyages de fèves de cacao en Côte d’Ivoire progressent peu. Hier, l’Association des exportateurs, Gepex, a annoncé que de début octobre 2017, démarrage de la campagne, à fin août, les broyages avaient totalisé 464 000 tonnes (t), contre 461 000 t sur la même période la campagne précédente.

Sur le seul mois d’août, ils ont été de 43 000 t, soit le même volume qu’un an auparavant.

Pour mémoire, sur le seul troisième trimestre 2018, les broyages en Europe ont été de 363 122 t, en Asie de 196 418 t et en Amérique du Nord de 128 494 t (lire nos informations L’Amérique du Nord affiche la plus belle progression de broyages de cacao depuis 2014).

Ci-dessous les chiffres, estimations et prévisions de l’Organisation internationale du cacao (ICCO).

Avec Commodafrica

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