Quand les injures font la loi en Côte-d’Ivoire

La conquête du pouvoir en 2020, s’annonce houleuse avec les propos violents des acteurs politiques c’est dernières semaines.

La Côte d’Ivoire va étonner le monde, dixit un homme politique ivoirien. Avec les propos qui fusent de chaque chapelle politique c’est dernières semaines, l’on est en mesure de croire à ce marxisme.

Episode tabouret, tablier et gringalet

Tout commence, le 6 décembre 2018 avec la sortie d’Adama Bictogo, vice-président du RDR parti au pouvoir et président du comité d’organisation du congrès du RHDP à l’encontre du PAN SORO Guillaume : « Chacun doit se déterminer. Evidemment, si vous êtes président de l’Assemblée nationale que vous n’adhérez pas au RHDP déposez le tablier. Si tu ne veux pas du RHDP démissionne »

L’offensive ne s’est pas fait attendre. Le mardi 1er janvier 2019, devant les cadres réunis à son domicile à Ferkessédougou, SORO réplique violemment en traitant ce dernier de Gringalet.

« Comme les temps ont changé, même tous les gringalets peuvent parler aussi. »
Quelques jours après, soit le 26 janvier 2019 lors du 1er congrès constitutif du Rhdp au stade Félix Houphouët-Boigny au Plateau, le chef de l’Etat Alassane a déploré les années noires pour le RDR sous la gouvernance de son ex allié, Bédié de 1993 à 1999.
« À un moment donné toute la direction du Rdr était en prison. Il n’est pas normal qu’on mette quelqu’un en prison pour son opinion »

Episode ‘‘fils adultérins’’

Recevant ce même jour les jeunes du PDCI à sa résidence, le Sphinx de Daoukro, devenu très amère et bavard face aux déboires que lui font subir les tenants du RHDP-Unifié les a qualifiés de ‘’fils adultérins et de détourneurs de deniers publics’’.
« Aujourd’hui, en ce moment, son esprit est avec nous, ici à Daoukro, et nulle part ailleurs. Surtout pas avec les fils adultérins » ; « Le RHDP est le rassemblement des détourneurs de deniers publics ».
Bédié va plus loin en mettant cette mobilisation réussie au compte de l’huile, du riz, du pain et des chiffons (pagnes) distribués aux congressistes.

Face à cet affront, le RHDP sort son joker. Le ministre kobenan Adjoumani, fondateur du mouvement « Sur les traces d’Houphouët » et ancien micro de Bédié tente d’enfoncer le clou. « Que le Président Bédié sache qu’il a échoué et c’est ce qui explique son agacement. », continuant « ce prétendu fils légitime d’Houphouët-Boigny, qu’a-t-il fait de l’héritage à lui légué par le père ? »lance-t-il.
Cette réaction, n’ayant pas fait mouche selon certains observateurs, va amener le RHDP à multiplier les sorties. Et cette fois-ci, en mettant en première ligne les femmes.

Le lundi 28 janvier 2019, Mme Odette Éhui Agnéro, ancienne présidente de l’UFPDCI Urbaine, virée pour avoir participé le 16 juillet dernier à la création du parti, RHDP, a sans langue de bois qualifié les propos de N’zuéba d’allégations mensongères.
« Nous nous insurgeons contre ce mépris du président du PDCI. Ce sont des allégations mensongères qui ne l’honorent pas »
A sa suite, la ministre de l’Education Nationale Kandia Camara s’est permis de faire une leçon de morale à Bédié tout en le mettant en garde.
« Faisons la politique de façon civilisée. Nul n’a le monopole des injures. Nous lui demandons de rester là où il était. S’il descend dans la poubelle, ce ne sera pas bon pour lui »

La réplique n’a pas tardé du côté des femmes du PDCI-RDA. « Au PDCI-RDA, les femmes sont bien élevées et entendent le demeurer. Les femmes n’insultent pas leurs semblables, encore moins leurs aînés.» A fustigé Mme Sita Coulibaly Présidente des femmes de l’UFPDCI Urbaine.

L’épisode ‘‘ibière kissai’’

L’apothéose de cette violence verbale, est celle du député de Tingréla (Nord), Mariam Traoré à la surprise générale et sans être invitée au débat. Dans une vidéo de 1 minute 02 s, diffusé sur les réseaux sociaux, en grande partie en langue locale (malinké) la député se livre à un exercice loin de figurer sur le cahier des charges du parlement. L’honorable si l’on peut le dire profère des injures de la manière la plus honteuse à l’encontre de Sita Coulibaly Présidente des femmes de l’UFPDCI Urbaine, allant jusqu’évoquer ses parties intimes. Une attitude jugée indigne de la fonction qu’elle occupe par certaines organisations de la société civile.

Pour l’heure une pétition en ligne, exigeant la démission du député est en cours en attendant la réaction du procureur de la république ADOU Richard, sur la table de qui une plainte a été déposé.

Jonas Ehouman

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