Indice de Corruption en Côte d’Ivoire – Analyse de l’offre et de la demande

La chronique de Bakus

« Les gens détournent par-ci, détournent par-là, ils font des rackets par-ci,
des rackets par-là. Les policiers ont  » gâté  » leur nom parce que tout le monde
les voit. Mais ils ne sont pas les seuls à racketter. Quand tu vas dans un
bureau et qu’on te prend l’argent pour faire un papier auquel tu as droit, c’est
du racket. On voit tout et on entend…. On entend ici, un tel vole dans la
direction qu’on lui a confiée, un tel vole sur la route, mais quand nous volons,
c’est nous-mêmes que nous volons… »

L’ auteur de ce diagnostique sans appel du cancer que représente la
corruption dans notre pays s’appelle Laurent Gbagbo, Président de la république
de Côte d’Ivoire. Le fléau a dépassé les seuils du tolérable et même de
l’intolérable. Tous les indicateurs sont au rouge. La côte d’ivoire, de l’aveux
de son chef est impuissante, désarmée, a le dos au mur face à l’improductive
synergie entre ses corrupteurs et ses corrompus. Une vraie bourse des
anti-valeurs oú l’on vend et achète l’abjection et le cauchemar. L’engin
est tellement bien huilé qu’il roule sans frottements ni bruits…

L’offre de corruption est une entreprise à grande échelle disponible partout,
dans nos administrations. Une cynique foire oú la conscience professionnelle,
l’intégrité et la dignité humaine sont des commodités qui se vendent comme de
petits pains. La transaction commence toujours par un dénis de service du genre;
« votre dossier n’a pas encore été signé par le directeur. Veuillez repasser dans
3 mois environ.  » Pour un profane, cette phrase résonne comme une assertion
honnête et innocente. Mais tombé dans l’oreille d’un initié, cette phrase a
valeur d’un algorithme complet oú, toutes les constantes et variables sont
clairement définies. L’initié saisit en général l’opportunité ainsi offerte et
propose de l’argent pour un service supposé gratuit. Si l’offre est alléchante,
le dossier revient dix minutes plu tard avec un sourire aussi codifié que la
transaction dont il est l’aboutissement.


Le deal conclu, chaque partie se retire, en attendant le prochain jour de
marché.

Transactions simples, transactions fluides. Mais portent en elles les germes
qui rongent le continent Africain. Un cancer de troisième niveau que nos
dirigeants prétendent soigner avec de l’aspirine.

Les établissement publics dont l’accès était autrefois un rituel, tant il
étaient sélectifs sont aujourd’hui les champs clos d’une escroquerie sans nom.
C’est un secret bien connu en Côte d’ivoire que les concours d’entrée dans nos
grandes écoles sont devenus payant. S’il n’y a pas encore de facture pro format
avec entête, la liste des prix est bien affichée dans la conscience collective
de nos concitoyens. La voici en exclusivité pour nos lecteurs:

Concours d’entrée à la fonction publique: Deux millions

Concours D’entrée à L’ENA: Trois millions

Concours d’entrée à l’école de police: Deux millions

Concours d’entrée à la gendarmerie Deux Millions

Concours des instituteurs adjoints Un million

Concours d’entrée à la douane: Trois millions

Ainsi coule la liste de la honte. Sans commentaire!

Que dire de la demande de corruption? Elle motive par l’offre, le désespoir,
le risqué de la faim, de la maladie ou parfois de la mort. Par la résignation
face à un état de fait qui s’ordonne comme une fatalité.

Ceci dit, pour vaincre le mal, il convient de faire des sacrifices. Elles
consistent à refuser de payer pour un service gratuit. Le corrompu est un
parasite qui vit de l’argent de gens désespérés qui cherchent a régler une
situation. L’ampleur du fléau est tel que, c’est plus facile à dire, qu’a le
faire. Mais un voyage d’un million de kilomètre ne commence t-il pas par un seul petit pas? C’est à réfléchir.

Bakus vous salut!

A la semaine prochaine.!

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Author: La Rédaction