Au Kenya, le Parlement peut désormais destituer le président aux pouvoirs réduits (Nouvelle Constitution)

Un scrutin kényan pour tourner la page des émeutes de 2008
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Lors d’un référendum qui s’est déroulé sans incidents, la grande majorité des Kényans s’est prononcée en faveur d’une constitution censée mettre fin à une longue instabilité.

Mercredi 4 août, 12,4 millions d’électeurs kényans étaient appelés à se prononcer par référendum sur une nouvelle constitution. Sur les 7,5 millions de premiers bulletins dépouillés, 5,2 millions étaient favorables à la nouvelle loi fondamentale, tandis que la participation était évaluée à environ 70 % des électeurs.

Le texte, voulu par le président Mwai Kibaki et son premier ministre, Raila Odinga, est censé trouver une issue à la crise politique qui sévit dans le pays depuis près de deux ans. Parmi les mesures phares figurent une restriction des pouvoirs du président, qui peut désormais être destitué par le Parlement, la création d’une chambre haute au Parlement et la suppression du poste de premier ministre.

Néanmoins, l’épineuse question de la réforme foncière n’est pas réellement traitée par la nouvelle loi fondamentale. Depuis l’indépendance de 1963, l’inégale distribution de la terre est une source récurrente de tensions ethniques. En 2008, l’Alliance pour la terre au Kenya, une ONG spécialisée sur ces questions, rappelait que plus de la moitié de la terre cultivable serait aux mains de 20 % de la population. Et l’objectif d’écrire un nouveau chapitre dans l’histoire du pays reste suspendu à la convocation d’une commission sur la répartition des terres.

Des émeutes avaient suivi les élections controversées du 27 décembre 2007. À l’époque, les partisans du candidat Raila Odinga avaient dénoncé une fraude du président sortant Kibaki ; les tensions ethniques entre les Luo, pro-Odinga, et les Kikiyu, pro-Kibaki, s’étaient soldées par 1 500 morts, des mois d’instabilité et la création d’un gouvernement de coalition réunissant les deux candidats et leurs partisans. Le référendum s’est déroulé sans incidents et les partisans du « non » ont d’ores et déjà admis leur défaite.

Francisco Pérez

Author: bleble