Mme Christine Zékou (LMP) chargée des Ivoiriens non enrôlés de l’étranger « Nous devons réfléchir à notre indépendance économique »

Mme Christine Zékou réside en France. Et dans le cadre de la campagne du président Laurent GBAGBO, Mme Zékou est Conseiller spécial du ministre Gnamien Yao, Directeur national de campagne adjoint, chargé des Ivoiriens de l’étranger (DNCA-IE). Plus spécifiquement, elle est en charge des Ivoiriens non enrôlés de l’étranger, elle-même non enrôlée. Sur le terrain, elle galvanise, mobilise et compte amener les non enrôlés à jouer un rôle déterminant pour la victoire du Président Laurent GBAGBO au premier tour de l’élection présidentielle d’octobre prochain. Elle décrit dans cet entretien sa stratégie, et partage le sentiment du Président Laurent GBAGBO de célébrer l’indépendance de la Côte d’Ivoire seulement en Côte d’Ivoire.

Vous êtes à Abidjan depuis quelques semaines pour prendre part aux festivités du cinquantenaire de la Côte d’Ivoire. Quels sont vos sentiments ?

C’est un sentiment d’adulte qui m’anime. Parce qu’à 50 ans, on va vers l’âge mûr, adulte et responsable. Savoir que la Côte d’Ivoire vient d’avoir 50 ans, cela veut dire tout simplement que nous sommes majeurs.

Les souffrances qu’on a connues dans les années 1960 se transforment aujourd’hui (2010) en jubilé. Néanmoins, nous, Ivoiriens, devons davantage réfléchir sur notre avenir. Le Président Félix Houphouët-Boigny nous a donné l’indépendance politique. Nous devons aujourd’hui réfléchir à notre indépendance économique. Nous sommes pauvres alors que nous avons d’énormes potentialités économiques. Il nous faut acquérir le savoir et la connaissance. Pour ce faire, nous devons former nos enfants, nous devons les pousser tous à l’école. C’est la seule façon pour nous d’être maître de notre destin.

Au niveau de la diaspora, vous êtes chargée de mobiliser les Ivoiriens non enrôlés de l’étranger pour la victoire de Laurent GBAGBO à la prochaine élection présidentielle. Concrètement, comment cette mobilisation se passe sur le terrain ?

Tout d’abord, je voudrais dire que le ministre Gnamien Yao qui, dans le cadre de la campagne du Président Laurent GBAGBO, est chargé de mobiliser les Ivoiriens de l’étranger, a eu l’idée géniale de créer au niveau de sa Direction une structure entièrement dédiée aux Ivoiriens non enrôlés de la diaspora. Il m’a nommée à la tête de ce mouvement, parce que je suis moi-même non enrôlée. Je m’en réjouis. Nous avons apprécié cette démarche du ministre Gnamien Yao, parce que, les Ivoiriens de l’étranger non enrôlés sont très nombreux, et donc, il faut compter avec eux pour la victoire du Président Laurent GBAGBO.


Comme tous les Ivoiriens, nous avons douloureusement vécu la guerre dont a été victime notre pays. Et quand est arrivé l’enrôlement, nous avons malheureusement constaté que bien d’Ivoiriens de l’étranger ne figurent pas dans les listes électorales provisoires. Ils ne pourront donc pas prendre part au vote lors de l’élection présidentielle d’octobre. C’est dommage. Mais pour nous qui soutenons le Président Laurent GBAGBO, nous sommes organisés pour être comme le dit S.E.M. Gnamien Yao, le douzième homme qui va pousser à la victoire le Président Laurent GBAGBO. Parce que nous pensons que c’est lui le leader qui est capable de mettre la Côte d’Ivoire sur les rails du développement après avoir été contrarié par les ennemis de la république.

Nous sommes donc en train de nous mobiliser pour sensibiliser ceux de nos frères et sœurs enrôlés pour que, le moment venu, ils accordent majoritairement leurs suffrages au Président Laurent GBAGBO.

Je salue donc l’initiative du ministre Gnamien Yao qui m’a chargée de mobiliser nos frères et sœurs non enrôlés. Nous avons foi que le Président Laurent GBAGBO, une fois élu, va réparer cette injustice dont nous sommes victimes.

Quel sentiment vous habite de savoir que vous n’allez pas prendre part à l’élection présidentielle d’octobre prochain ?

Vous savez, chaque voix est très importante pour l’élection de votre candidat. Rappelez-vous, aux Etats-Unis à l’époque où Georges Bush fils a été élu pour son premier mandat, la marge de manœuvre était telle qu’il a fallu compter à maintes reprises les bulletins de vote pour le départager de son adversaire. Au Ghana, pays voisin, la différence de voix entre le Président John Atta Mills et son adversaire était très mince. Quand, en Côte d’Ivoire, on nous exclut du jeu électoral, les acteurs de cette manœuvre veulent voir le Président Laurent GBAGBO échouer. C’est pourquoi, nous devons être vigilants. Et en tant que non enrôlés, nous avons un rôle majeur à jouer, celui de sensibiliser l’ensemble des Ivoiriens pour qu’ils accordent massivement leurs suffrages au Président Laurent GBAGBO. Rappelez-vous, je vous ai dit que nous constituons le douzième homme comme dans un match de football les spectateurs sur les gradins poussent à la victoire leurs équipes. C’est le rôle que nous entendons jouer au sein du Mouvement des non enrôlés, c’est-à-dire pousser le Président Laurent GBAGBO à la victoire dès le premier tour de l’élection présidentielle d’octobre prochain.

Le fait que votre candidat n’ait pas pris part récemment aux festivités du 14 juillet à Paris a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Quelle a été votre opinion ?

Pour nous, adeptes de la liberté et de la souveraineté, nous avons partagé le même sentiment que le Président Laurent GBAGBO. C’était un courage politique que nous avons apprécié. Le Président GBAGBO a su exprimer ce qu’il ressent, il a su prendre ses responsabilités. Pour nous, c’est une responsabilité historique. Cela a fait plaisir non seulement aux Ivoiriens que nous sommes, mais aussi, aux africains qui retrouvaient ainsi en lui une certaine légitimité. En tout cas, avec le Président Laurent GBAGBO, nous avons partagé le même sentiment. C’est d’ailleurs pourquoi je n’ai pas hésité un seul instant à venir célébrer ici même en Côte d’Ivoire les 50 ans de notre indépendance. Les Ivoiriens de l’étranger que nous sommes, aurons l’occasion de lui exprimer notre soutien lors de la journée hommage que nous allons lui témoigner.

Edgar Kouassi
L’Expression

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