Élections en Côte d’Ivoire, Gbagbo fait planer le doute

Soir Info, par K.A.Parfait


Le Chef de l’Etat Laurent Gbagbo a pris le Décret N°2010-207 du 05 août 2010, portant convocation le dimanche 31 octobre 2010, du collège électoral de la République de Côte d’Ivoire en vue de l’élection du Président de la République. Le 7 août 2010, à la faveur du cinquantième anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo a fait une déclaration qui laisse planer un doute sur l’effectivité de ce scrutin à la date indiquée. ’’Nous, nous voulons la paix pour notre pays et, les élections, nous les voulons quand elles sont un élément de la paix. C’est pourquoi, nous allons doucement’’ , a-t-il révélé. Il s’agit de savoir ce que veut dire le concept ’’doute’’. C’est une interrogation. Il peut être le pressentiment, l’impression d’une réalité différente. Il s’oppose à la certitude, notion de ce qui est sûr et qui n’est pas discutable. Ainsi, à partir de cette affirmation de Laurent Gbagbo, se dégage clairement un doute. Car, comme le dit le chef de l’État, les élections ne seront effectives que lorsqu’elles seront un élément de paix. Ainsi, peut-on déduire que la condition de réalisation des élections, c’est la paix. Il a d’ailleurs fustigé ceux qui pressent les Ivoiriens pour aller aux élections. ’’Eux, ils veulent avoir des élections. Mais, on peut avoir des élections et faire la guerre, après. Il y a des pays où on a poussé les gens : « Allez aux élections ! Allez aux élections ! Allez aux élections ! ». Ils sont allés aux élections et puis, après, il y a eu des morts. Au Kenya, au Zimbabwe…Même nos frères de Guinée- Madame l’Ambassadeur de Guinée est là- ont fini le premier tour, maintenant, ils vont mettre un mois pour le second tour, et, cela parce qu’on les a pressés. Les gens les poussaient. Mais, aujourd’hui, quand c’est bloqué, ceux qui les poussaient ne sont plus là’’ a fait remarquer Laurent Gbagbo. Il a ajouté à cet effet : ’’il faut que les gens se calment ; qu’ils nous regardent régler nos problèmes. Et, nous sommes capables de les régler. J’ai dit à un ami étranger qui est venu me voir : « Vous, vous cherchez les élections, alors que nous, nous cherchons la paix ». Ce sont deux choses différentes’’. Ces propos du chef de l’État font rayonner le doute et visent en réalité à éviter toute précipitation en toute chose. Cette conception est d’ailleurs soutenue par le facilitateur du dialogue inter-ivoirien, le président du Faso Blaise Compaoré. Celui-ci n’a pas fait de fixation autour de la date des élections au cours d’une conférence de presse le vendredi 18 septembre 2009, à l’Aéroport Félix Houphouët-Boigny peu avant son départ pour Ouagadougou. ’’Je crois que le plus important, c’est que nous ne pouvons pas, au regard de ce que nous savons des processus en Afrique, nous précipiter pour aller à des élections si nous savons qu’après ces élections, nous allons nous retrouver dans des contentieux à gérer parfois pour des années encore. C’est pour cela, je pense que nous devons veiller à ce que la liste électorale qui va sortir soit une liste fiable, une liste de consensus. Et à partir de là, on peut être certain que les élections souhaitées seront des élections crédibles pour la Côte d’Ivoire et pour la Communauté internationale’’,a souligné Blaise Compaoré. Le président Burkinabé a surtout souhaité que les élections présidentielles soient ’’une base pour la réconciliation nationale’’. En clair, l’enjeu de ces élections, c’est d’instaurer un climat de paix et de sécurité pour tous. C’est en cela le chef de l’État veut y aller ’’doucement’’. Or, ces élections ont été reportées depuis 2005, provoquant parfois un sentiment de lassitude et de scepticisme qui a pour conséquence le doute. Au total, il est certes bon d’aller vite aux élections, mais sûrement.

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Publié par bleble