Grades et étoiles de Gbagbo – voici la liste de tous les militaires

Nomination des officiers généraux par le président de la République : Un acte de haute portée républicaine

Le Président de la République vient de nommer, par décrets pris le 03 août 2010, plusieurs officiers de l’armée nationale, à des grades supérieurs. Ainsi, les Généraux de Division Philippe Mangou et Edouard Kassaraté, respectivement Chef d’Etat Major des Armées et Commandant Supérieur de la Gendarmerie sont élevés au grade de Généraux de Corps d’Armée ; les Généraux de Brigade Vagba Faussigneaux (Commandant Marine Nationale), Aka Kadjo Marc (Commandant Forces Aériennes) et Guiai Bi Poin Geoges (Commandant CeCOS), deviennent Généraux de Division. En outre, les Colonels Majors Détoh Létho Firmin (Commandant Forces Terrestres), Dogbo Blé Bruno (Commandant Garde Républicaine et Commandant Militaire du Palais), Alla Kassi (Etat Major des Armées), Touré Sékou (Commandant EFA de Zambakro), Kouakou Kouadio Nicolas (Commandant Centre de Commandement Intégré) reçoivent les grades de Généraux de Brigade. Dix officiers supérieurs précédemment colonels deviennent des Colonels Majors. Il s’agit des officiers supérieurs suivants : Konan Boniface (Comthéâtre), Yoboué Kouakou (Attaché de défense), Ahouma Brouha Nathaël (Commandant GSPR), Gnahouké Gbeuglé (Gendarmerie Recherches), Sama Damalan Henri César (Ministère de la défense), Kpan Robert (Forces Terrestres), Koloubla Dakouri (Forces Terrestres), Dassé Toualy (Forces Terrestres), Nanan Kouadio Kan (Médecin, Service de Santé des Armées), Mme Kouamé Akissi (Médecin, Service de Santé des Armées). Aux officiers supérieurs cités, s’ajoutent évidemment plusieurs autres promus au Tableau National, allant par ordre décroissant, du grade de colonel à celui de caporal.
Au-delà du caractère régulier de ces nominations qui ont lieu chaque année, celles de 2010 revêtent un triple symbolisme qu’il importe de porter à la connaissance des Ivoiriens, afin que nos compatriotes apprécient la justesse et la haute portée de l’acte posé par le Chef de l’Etat. Avant de décliner le sens des décisions du Président de la République, il me faut établir l’échelle des responsabilités, en matière de nomination dans les différents grades d’armée.
Rappel des procédures de nomination, d’affectation ou de mutations des militaires.
Dans l’armée ivoirienne, les procédures de nomination, d’affectation ou de mutation des militaires sont régies par des textes. Ainsi, les avancements aux grades sont déterminés par le Décret n° 96-578 du 31 juillet 1996. Quant aux mutations et affectations des agents, elles sont réglementées par trois textes de base notamment, le Décret n° 96-603 du 09 août 1996 portant organisation du commandement dans les Forces Armées Nationales, l’instruction ministérielle n° 389 du 20 janvier 1997 concernant les règles, et la note n° 1729 du 21 juin 1999 relative aux affectations et mutations.
Conformément aux textes cités en référence, la responsabilité des nominations aux grades, les affectations ou mutations, obéit à une hiérarchie. Ainsi, du grade de sous-lieutenant à celui de général, les nominations relèvent du Président de la République ; du grade de sergent-chef à l’adjudant chef major, c’est le Ministre de la Défense qui est compétent, enfin, du grade de caporal au sergent, la responsabilité des nominations aux grades revient au Chef d’Etat Major des armées.
La sélection des proposables se fait chaque année par une commission nationale des avancements régie par des textes, dont les travaux peuvent durer plusieurs mois. La commission étudie les dossiers d’avancement reçus de tous les commandements. Elle fait des propositions depuis le plus petit grade jusqu’au grade de colonel et elle s’arrête là. Comme conséquence liée à cette limite, les promotions aux grades de colonel major et de général (de brigade, de division, de corps d’armée) relèvent exclusivement de la compétence du Président de la République, Chef Suprême des Armées. Les affectations et les mutations des agents se font annuellement ou à tout moment lorsque les circonstances l’exigent. Toutefois, en temps de crise ou de guerre, le Chef d’Etat Major des Armées est habilité à procéder aux affectations et mutations des militaires dans les structures opérationnelles, après avis du Ministre de la Défense.
Ces précisions faites, il me faut maintenant expliquer le sens de la décision prise par le Président de la République d’élever certains officiers supérieurs aux différents grades. Il convient de noter que cette décision vise trois objectifs principalement, à savoir : d’abord, renforcer la solidarité au sein de l’armée nationale et réaffirmer l’autorité des chefs militaires ; ensuite, appeler à l’unité de l’armée nationale ; enfin, mettre un terme définitif aux rumeurs et spéculations fantaisistes.
2- Le Président de la République veut renforcer la solidarité au sein des armées et réaffirmer l’autorité des chefs.
Ces nominations interviennent dans un contexte de sortie de crise militaro politique survenue en Côte d’Ivoire dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002. Chacun le sait, ce fut une nuit macabre, suivie d’une journée de grande tristesse, gravée dans la mémoire collective nationale. Ces moments douloureux ont porté un violent coup à l’unité et la solidarité de l’armée. Plusieurs militaires et non des moindres, ont déserté les rangs de l’armée républicaine pour se retrouver dans la rébellion. Fort heureusement, la majorité des effectifs des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d’Ivoire, dans un élan unanime de solidarité, ont formé un glacis défensif autour du Président de la République et de l’ensemble des Ivoiriens, pour organiser la résistance et défendre la patrie.
Depuis huit ans de tergiversations, parfois semées de doute, que dure le règlement de cette crise, la solidarité, la loyauté et le devoir de service des militaires Ivoiriens n’ont jamais été ébranlés. Nos soldats sont toujours restés soudés dans l’accomplissement de leurs missions ; gardiens et défenseurs de la République, ils sont restés sourds aux cris des oiseaux de mauvais augure. En parcourant la liste des nouveaux promus, l’on se rend compte que les heureux bénéficiaires sont les chefs militaires, porte flambeaux de l’ensemble des militaires loyalistes, symboles de la résistance et de l’espérance, que le Président de la République a bien voulu distinguer, dans le strict respect des procédures militaires que j’ai rappelées tantôt. En promouvant ces officiers, le Président de la République, Chef Suprême des Armées, a voulu d’abord saluer le courage et la loyauté dont ces derniers continuent de faire preuve. Au-delà, le Chef de l’Etat entend également magnifier le sens de la solidarité que ces chefs militaires impriment ainsi à l’institution militaire toute entière. Dans une Côte d’Ivoire où les valeurs républicaines sont aujourd’hui combattues et foulées aux pieds, le comportement des militaires ivoiriens, à travers leurs chefs, a valeur d’exemple. En tout état de cause, l’armée ivoirienne, qui sort lentement mais sûrement d’une longue période de traumatismes a besoin de chefs modèles pour indiquer la bonne direction à suivre, en ce début de l’an un du prochain cinquantenaire. C’est pourquoi, le citoyen ordinaire pourra se convaincre en parcourant la liste, que les officiers promus par le Président de la République sont tout simplement des Ivoiriens, sans distinction d’ethnie, de religion ou de parti politique. Ils méritent tous, les grades qui leur sont attribués et qui vont renforcer désormais leur autorité dans les unités de commandement. Nul doute que ces grades contribueront à faire des émules au sein de l’armée: c’est le premier sens à donner à la décision du Président de la République.
3- Le Chef de l’Etat invite à l’unité de l’armée nationale, sa décision est un acte de paix.
Le Président de la République sait que la Côte d’Ivoire est engagée dans un processus de sortie de crise dont l’aboutissement a besoin de son implication permanente, de sa force de persuasion et, surtout, de sa capacité à dépasser les clivages et à se hisser au dessus de la mêlée. C’est pourquoi, le Président n’a pas promu que les officiers FDS mais, a décidé d’élever également aux grades supérieurs, certains officiers issus des Forces Nouvelles. En cela, le Président de la République a pris en compte les propositions aux grades présentées par le Général Soumaïla Bakayoko, Chef d’Etat Major des Forces Nouvelles. En outre, le Président a inscrit à titre exceptionnel, les bénéficiaires au Tableau National des grades, c’est-à-dire, il n’a marqué aucune différence entre les officiers FDS et FN. C’est ainsi que les lieutenants-colonels Ouattara Karim (Adjoint Commandant CCI) et Soumahoro Gahoussou (Chef des opérations) ont été nommés au grade de colonel plein. Par ailleurs, cinq autres officiers subalternes issus des FN ont également bénéficié de promotion dans leur grade.
A l’évidence, à travers ces actes de nomination, le Président de la République appelle à l’unité de l’armée nationale. Dans une République, il n’y a pas deux armées mais une armée et une seule. La guerre a créé des désordres dans l’institution militaire nationale, il faut en convenir mais en même temps, il est de notre responsabilité en tant qu’acteurs, d’en ressouder les morceaux pour retrouver la cohésion et l’unité de notre armée. C’est ce message que le chef de l’Etat lance en direction des autorités militaires des Forces Nouvelles. Ce que le Président de la République vient de faire en direction des FN est un acte de plus qui s’ajoute à la signature de l’amnistie, aux décrets d’intégration des militaires FN et à bien d’autres actes de paix. Il est important que les responsables militaires des Forces Nouvelles s’engagent enfin définitivement sur la voie de la paix. Les Ivoiriens attendent donc des nouveaux promus, des gestes concrets de bonne volonté, dans le sens de l’unité de l’armée et la réunification effective du pays. C’est la deuxième signification du décret présidentiel.
4- La décision du Président de la République met fin aux rumeurs et spéculations fantaisistes.
Des informations récurrentes font état de ce que le Président de la République voudrait remplacer le Général Philippe Mangou à la tête de l’armée par le Général Dogbo Blé Bruno, actuel Commandant de la Garde Républicaine et Commandant Militaire du Palais. Leurs arguments reposent sur le fait que Dogbo Blé est Bété. Ces rumeurs qui continuent de faire le tour d’Abidjan sont fausses et ne reposent sur aucun argument sérieux et rendent leurs auteurs méprisables. Pour ces producteurs et colporteurs de rumeurs, les nominations de ce jour sont la réponse à leurs élucubrations, des nominations qui démontrent sans ambiguïtés, s’il en était encore besoin, que le Président Laurent Gbagbo ne regarde pas la coloration ethnique, religieuse ou politique de ses collaborateurs. Il choisit ses collaborateurs sur des bases de qualités et de l’intérêt que ces derniers portent à la Côte d’Ivoire. S’il y a eu dans ce pays un Chef d’Etat qui a pris des dispositions légales pour réprimer les dérives tribales, c’est bien le Président Laurent Gbagbo. Donc, quand un argument ne tient pas, on cherche autre chose. Que les vendeurs de rumeurs retiennent une fois pour toutes, que rien ne viendra perturber la solidarité et la cohésion de l’armée ivoirienne que le Général Philippe Mangou dirige avec tant de compétence et de loyauté. Le Général Philippe Mangou est le Chef d’Etat Major des Armées de Côte d’Ivoire et le Général Dogbo Blé est sous ses ordres. Ces deux Généraux forment une paire indestructible en qui le Président de la République renouvelle constamment sa confiance. En conséquence, ce ne sont pas les désirs fantaisistes des producteurs de rumeurs qui vont y changer quelque chose. Telle est la troisième signification de la décision du Chef de l’Etat.
En définitive, des inventaires qui précèdent, les Ivoiriens doivent retenir que les actes de nomination dont le Président de la République vient de gratifier l’armée sont de haute portée républicaine. Il s’agit pour le Chef de l’Etat, de renforcer la cohésion et de réaffirmer l’autorité militaire au sein de l’armée. Il s’agit également de booster le processus de sortie de crise en appelant à l’unité de l’armée nationale. Enfin, par ce geste concret, le Président de la République veut mettre un terme à l’industrie de la rumeur. Maintenant que ce débat est clos, préparons nous pour le plébiscite de Laurent Gbagbo, dans quelques mois.
Abidjan, le 09 août 2010
Bertin KADET
Conseiller Spécialdu Président de la République
Chargé de la Défense et des Equipements militaires

Author: bleble