Anciens rebelles, les Com zones dessinent leur destin

Bouaké/Sortie de crise

72 h chrono. C’est le temps imparti aux premiers responsables des dix zones militaires forces nouvelles pour réfléchir et faire des propositions relatives à leur destin dans cette Côte d’Ivoire post crise.

La quasi-totalité des chefs de guerre n’a pas voulu se faire conter la rencontre. A l’exception des commandants Fofié Kouakou de Korhogo, Morou Ouattara de Bouna et Fofana Losseni de Man, représentés par leurs commandants en second, tous les chefs militaires de Guillaume Soro ont répondu en personne à l’appel. Entre autres, Ouattara Zoumana de Mankono, Issiaka Ouattara dit Wattao de Séguéla, Ben Laden d’Odienné, Traoré Dramane de Touba, Cherif Ousmane de Bouaké, Touré Hervé dit Vetcho de Katiola…Réunis en conclave au siège de l’aile politique depuis hier, en début de matinée, sous la supervision du chef d’état-major, le général Soumaila Bakayoko, l’inspecteur général des armées Fn et des responsables des bureaux régionaux des démobilisés, le commandant Chérif Ousmane et ses pairs, à en croire le directeur de cabinet du secrétariat général, plancheront également sur les voies et moyens à trouver pour booster le processus de démobilisation et de réinsertion de leurs ex-combattants. Avant de donner le top départ des travaux en commission, dans une ambiance empreinte de sérénité, le colonel major Bamba Sinima a indiqué qu’il s’agira, dans ce volet, de faire des propositions idoines à leur patron, pour apaiser les inquiétudes des ex-combattants concernant l’après crise. « La démobilisation ne concerne pas uniquement les ex-combattants, nous sommes tous des ex-combattants potentiels car nous avons des préoccupations liées à nos officiers nommés à titre opérationnel. La mise à la retraite avait été envisagée par les différents accords surtout les accords complémentaires 4.

L`horizon sombre pour les Com zones

Et définissaient des modalités qui devraient être complétées par une ordonnance présidentielle qui malheureusement n’a pas encore été prise. Donc aujourd’hui, une certaine incertitude se situe à ce niveau et il est bon que les Forces nouvelles, qui sont les premières concernées par la question réfléchissent et fassent des propositions. Le conclave a été institué pour que nous-mêmes Fn, venions réfléchir sur notre propre sortie de crise. En ce qui concerne la démobilisation, la réinsertion, les officiers nommés à titre opérationnel et même les officiers des Fds qui à un moment donné ont travaillé sans statuts précis et tout cela doit être clarifié », précise le directeur de cabinet des Fn. Et de poursuivre : « La date des élections vient d’être fixée par le gouvernement en rapport avec la Cei. C’est le 31 octobre de cette année et nous sommes en août. Aujourd’hui, nous avons des préoccupations liées à l’aspect de la démobilisation de nos combattants et de la réinsertion de ceux qui ont été déjà démobilisés. Au fur et à mesure que nous avançons vers la date des élections, l’inquiétude grandit au niveau de ces jeunes. Car, pour l’instant, rien n’a encore été fait pour obtenir une réinsertion parfaite et correcte de l’ensemble de ceux qui ont déjà été démobilisés. Encore moins de ceux qui sont en train d’être démobilisés. Vu l’impérieuse nécessité d’obtenir une sortie de crise paisible, il est apparu nécessaire pour les Fn de se retrouver et analyser profondément cette question ».


La forte pression exercée par les ex-combattants…

Pour Bamba Sinima, la dernière résolution inhérente aux accords complémentaire, arrêtée depuis 2008 coince toujours. Des réflexions s’imposent pour une Côte d’Ivoire post crise paisible. « Vous savez depuis le début de la crise, notre pays a connu trois schémas de démobilisation et de réinsertion. Le premier est intervenu après les Accords de Marcoussis. Il prévoyait un filet de sécurité d’environ 500 000 Fcfa pour tous les combattants démobilisés. Cela devrait être payé en trois tranches. Ensuite le deuxième schéma adopté optait pour une traduction du filet de sécurité en projet de réinsertion. C’est ainsi que furent créés le Pnrrc et le Service civique. Pour la formation et la réinsertion des ex-combattants. Malheureusement, ces deux structures n’ont pu jouer leur rôle de façon fondamentale et complète. Si bien qu’au 4e Accord complémentaire de Ouaga, il a été envisagé un autre schéma. Ce dernier consiste à payer 500 000 Fcfa à chaque combattant. Cela a été défini depuis 2008. Et jusqu`à ce jour, la mise en œuvre pose problème. Cela n’a pas connu un début d’exécution effectif. Vu la pression du terrain, car les jeunes s’inquiètent de leur propre situation, au fur et à mesure qu’on avance dans la sortie de crise. Ils se demandent ce qu’ils deviendraient », a-t-il indiqué. Avant de lever un coin du voile sur les attentes de son patron vis-à-vis de ce conclave. « Soro attend beaucoup de cette rencontre car les Fn ont en charge la conduite du processus de sortie de crise. Des difficultés majeures ont été franchies. Nous sommes fixés sur la date des élections. Donc, on peut dire que le bout du tunnel n’est plus loin. On peut dire que très prochainement, les Ivoiriens vont connaître cette fin tant attendue. Ce n’est pas en ce moment que les FN vont connaître quelques perturbations. Il faut que les Fn aillent vers cette sortie de crise en rangs serrés, les mains dans les mains, en chantant. Nos préoccupations ne sont pas forcément celles du Sud. Nos préoccupations sont les nôtres. De ces discussions sortiront des propositions dont la mise en œuvre serait facile et pourrait nous conduire à une sortie de crise paisible pour notre mouvement », a-t-il noté. Auparavant, André Ouattara, directeur de cabinet adjoint, avait révélé le programme des travaux. « Aujourd’hui, ont lieu les travaux en ateliers, demain (aujourd’hui, Ndlr) une première plénière à 11h30. A 17h 30, on se retrouvera pour des travaux en ateliers. 18h à 19h 30 nous nous retrouverons pour une deuxième plénière. Vendredi 10 h à 12h, nous procéderons à la cérémonie de clôture qui sera composée de trois éléments : la lecture des rapports de commission, la lecture des motions et le mot de clôture », a informé le dircab adjoint.

Marcel Konan
Correspondant régional
L’Expression

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Publié par bleble