Affi N’Guessan (Pdt. du FPI) refoulé par les USA – Un signal fort au régime Gbagbo

Rapatriement Visa annulé – Le vendredi 6 août 2010 restera une date plutôt triste pour le président du Front populaire ivoirien, Pascal Affi N’Guessan. Ayant quitté Abidjan la veille pour Houston (Etats-Unis), où étudient ses deux enfants, l’homme s’est vu contraint, durant son escale à Paris, de regagner la Côte d’Ivoire. Alors qu’il avait achevé toutes les formalités et attendait d’embarquer dans le salon d’honneur, un agent du personnel d’Air France est venu lui signifier l’annulation de son visa. Cela, à la grande surprise de l’ancien Premier ministre et président du parti au pouvoir. Pour ce très proche du chef de l’Etat ivoirien Laurent Gbagbo, c’était une situation des plus humiliantes pour une personnalité de sa trempe, en ce sens qu’il apprenait que son visa dont la validité court jusqu’en 2017 a été annulé à son insu par le département d’Etat Américain. N’ayant cependant aucune explication, Affi N’Guessan a regagné Abidjan dès vendredi soir. Et le samedi, c’est un communiqué des services du ministre ivoirien des Affaires Etrangères qui s’est contenté d’expliquer que le ministère a convoqué l’Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique en Côte d’Ivoire «pour élever une vive protestation contre ce traitement infamant et humiliant». Et qu’en réponse à la protestation ivoirienne, le Gouvernement américain aurait exprimé ses profonds regrets (!?), en promettant de faire prendre «les dispositions utiles en vue de l’octroi d’un nouveau visa» au président du FPI. Communiqué diplomatique pour, certainement, tenter de sauver la face.

En tout cas, s’il y a une leçon à tirer de cet «incident», c’est qu’il s’agit d’un un signal fort que les Etats-Unis d’Amérique viennent de donner au régime de Laurent Gbagbo. Une manière de dire aux Refondateurs, à quelque niveau qu’ils soient, que les Américains ont désormais les yeux sur eux et qu’ils les suivent de prêt. Surtout que depuis un bon moment, les Etats-Unis s’intéressent de plus en plus à la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire. Et en sens, le remplacement de l’Ambassadeur Wanda Nesbitt par M. Philip Carter III n’est pas fortuit. Ce diplomate, avec ses 29 années d’expérience dont la plupart en Afrique, est très écouté à Washington. C’est donc dire tout l’intérêt que le pays du Président Barack Obama porte désormais à notre pays. Or avec ce que l’on sait des méthodes américaines, les frontistes devraient s’en méfier et arrêter leurs basses manœuvres qui n’ont pour seul objectif que de retarder le processus électoral en Côte d’Ivoire. Il est de notoriété qu’avec le pays de l’Oncle Sam, on ne tergiverse pas trop. Et Gbagbo et les siens en ont certainement conscience.

Diawara Samou
Le Patriote

Author: bleble