Guy Labertit: « Côte d’Ivoire, sur le sentier de la paix est l’antidote du vertige occidental »

Photo par Bosson Honoré

Dédicace: « LES GENS ONT VOULU INSTRUMENTALISER NOTRE PETITE CRISE POUR CHANGER LE REGIME ELU»

Le militant du Parti Socialiste français et un observateur averti de la vie politique en Afrique et notamment de la crise ivoirienne, Guy Labertit a organisé mardi 10 août 2010 dans l’après-midi au Conseil économique et social en relation avec Librairie de France Groupe, la cérémonie de dédicace de son deuxième livre sur la crise ivoirienne « Côte d’Ivoire, sur le sentier de la paix ». Il intervient après « Adieu Abidjan sur-Seine » paru en 2008 et dont la cérémonie de dédicace le 23 octobre 2008 avait tout aussi eu pour cadre la Salle des plénières du Conseil Economique et Social et toujours en présence du Président Laurent Gbagbo.

Le Président Laurent Gbagbo parrain de cette cérémonie de dédicace a salué l’acte d’écriture de Guy Labertit pour faire comprendre surtout à l’occident et aux occidentaux, les ressorts de la crise ivoirienne et les mécanismes dont usent les ivoiriens depuis 2007 pour marcher à nouveau vers la paix : «Je suis heureux, qui connais bien le microcosme politique du Tchad et qui a toujours refusé d’écrire sur la crise tchadienne malgré mes encouragements et mon insistance , ait écrit deux livres sur la crise ivoirienne. Cela est bon pour les occidentaux qui ont besoin de mieux comprendre notre crise et de connaître les efforts que nous efforts pour nous en sortir. Je suis venu donc par amitié pour Guy et pour l’encourager à poursuivre son œuvre ».


Le Président de la république en a profité pour faire quelques commentaires sur la gestion de cette crise que la France et la Communauté internationale ont voulu instrumentaliser à dessein pour changer le régime en Côte d’Ivoire : « La petite crise ivoirienne est devenue une grande crise parce que les gens voulaient l’instrumentaliser et renverser le régime démocratiquement élu par les ivoiriens. Sinon, je me demande encore aujourd’hui, en quoi cette crise méritait-elle une vingtaine de résolutions du conseil de sécurité de l’Onu ? Si les gens avaient voulu nous aider pour mâter la rébellion, nous aurions eu une guerre de deux semaines tout au plus ». Et le chef de l’Etat ivoirien, dans un cri de révolte de dire : « Je ne peux pas accepter que quelqu’un assis dans une maison quelque part en Europe veille changer un chef élu par le peuple de Côte d’Ivoire. Pourquoi vouloir faire passer un pouvoir démocratiquement conquis des mains du Président de la république entre les mains d’un premier Ministre fut-il votre ami ? C’est la première grosse bêtise par laquelle l’extérieur s’est dévoilé. Pourquoi demander au Président de la république de transmettre les pouvoirs de l’Exécutif au Premier Ministre et même de lui donner le droit de signer des décrets. Ils veulent la démocratie pour eux mais pas pour nous. Voilà pourquoi, ne pouvant m’accommoder de cette forfaiture, j’avais dit que je n’étais pas un Sous-préfet français ». Laurent Gbagbo a dénoncé par ailleurs les manœuvres de déplanification après la Présidence de la république, de l’Assemblée nationale, l’autre symbole fort de la résistance : « Quelle drôle de solution de sortie de crise que demander la dissolution de l’Assemblée nationale ? Les députés ivoiriens émargent au budget national, où se trouve donc le problème de l’extérieur. Ils ne se sont malheureusement pas arrêtés à cette étape. Ils ont parcouru les villages et proposé de changer le Président de la Côte d’Ivoire qu’ils ne trouvaient pas bon. Ils y ont essuyé une volée de pierres et de bois vert.idem dans les casernes, ils ont échoué parce qu’après leur passage la nuit, les militaires venaient me faire le compte rendu de leurs différentes rencontres. Je suis heureux que toutes ces manœuvres de déstabilisations aient échoué, voilà pourquoi, j’ai dit dans mon discours du 6 août que la résistance a payé ». Le chef de l’Exécutif ivoirien y est allé encore d’une autre révélation suite à la signature de l’Accord politique de Ouagadougou, fruit du dialogue direct qu’il a proposé à la rébellion et accepté par Guillaume Soro, son Secrétaire général, qui sans en avoir eu l’initiative, a assumé la responsabilité politique de ladite rébellion. : « Après la signature de l’APO, les gens de l’extérieur m’ont téléphoné pour me demander : Président qu’est-ce qu’on fait ? Que devenons-nous et quel est désormais notre rôle ? Je leur ai répondu que l’important pour moi était la réponse de Soro Guillaume à qui j’ai proposé le dialogue direct et la signature de l’APO ». Lors de cette cérémonie de dédicace de ce livre qui a trait à la crise ivoirienne dont la première phase de gestion s’engage dès les premières semaines qui suivent le coup d’Etat « avec l’introduction militaire et politique de la France » selon Guy Labertit, l’auteur de « Côte d’Ivoire,sur le Sentier de la paix », Laurent Gbagbo ne pouvait esquiver la question de l’avenir des relations franco-ivoiriennes : « Il y aura un avant et un après crise de Côte d’Ivoire et il est bon qu’il en soit ainsi. On peut écouter les conseils d’un ami mais si l’ami veut te remplacer dans ton foyer, il n’est plus un ami. Dieu bénisse l’amitié sincère entre la France et la Côte d’Ivoire. » Guy Labertit a présenté son ouvrage comme « l’antidote du vertige occidental » empruntant cette expression à Hubert Védrine qui fut Ministre des Affaires étrangères de France. Pour lui, la Côte d’Ivoire qui s’est sortie « de la nasse de par sa résistance à la dictée de la France, trois ans après la signature de l’APO, va voir le bout du sentier déboucher sur une clairière, qui sera celle de la paix durable et d’un nouveau départ pour une Côte d’Ivoire à la fois forte, parce qu’unie, démocratique, parce que traversée par des débats politiques légitimes, et respectée au sein de la communauté internationale. Car au plus haut niveau de l’Etat dont l’autorité a été préservée malgré toutes les tentatives de l’abattre, la dignité a toujours prévalu quoi qu’il ait pu en coûter » Un nombreux public a fait le déplacement au Conseil économique et social (CES) pour soutenir Guy Labertit. Vivement salué par Hoba Albert et Keïta Kader respectivement Secrétaire général du CES et directeur commercial et marketing de Librairie de France Groupe.

Franck A. Zagbayou
FratMat

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Publié par bleble