Encasernement/ MICHEL AMANI N’GUESSAN: “JE VEUX SIGNER UNE CONVENTION AVEC LES FAFN”

Le ministre de la Défense, Michel Amani N’Guessan, est à Bouaké depuis hier en vue de signer aujourd’hui un accord avec les Forces nouvelles, afin de faciliter l’application de l’Accord complémentaire IV de l’Accord politique de Ouagadougou et ne pas gêner la présidentielle du 31 octobre par des préalables. «Je veux qu’on signe une convention, au nom de la continuité de l’Etat. Donc je m’en vais pour rassurer les ex-combattants, à travers un texte qui va les lier à l’Etat, pour dire que la priorité leur reviendra dans tout programme de réinsertion. Donc ils peuvent recevoir des certificats de démobilisés et attendre patiemment que la Côte d’Ivoire mette en place des programmes», a-t-il soutenu. Avant d’ajouter que «les conclaves en zone Cno sont la preuve du manque de confiance». Vu que «beaucoup d’ incongruités», constatées dans le texte, rendent son application difficile sans compter la contrainte financière à laquelle l’Etat ne peut faire face. Parlant des rapports entre deux forces ex-belligérantes, il est convaincu que la crise est définitivement terminée. D’emblée, il a rassuré les Ivoiriens sur l’état de l’armée. «Le moral des troupes est au beau fixe», et il parle même «d’autosatisfaction. » «Le moral est très haut». Même s’il reconnaît qu’il existe «des velléités de déstabilisation» auxquelles le gouvernement fait face. Au plan moral, «aujourd’hui, nous sommes à 100% de la volonté de tourner dos à la guerre». Il reste donc à faire face aux questions techniques en apportant des solutions aux problèmes posées et aux inquiétudes et à la perte de confiance des Forces nouvelles et des ex-combattants vis-à-vis du gouvernement. Notamment en mettant fin aux dépenses non harmonisées sur les questions de l’encasernement des 5000 volontaires de la nouvelle armée et de la réinsertion. «Nous sommes en train de renoncer à ce désordre». Ainsi, avec l’accord du Premier ministre, la facture définitive pour l’encasernement s’élève à «4,5 milliards Fcfa, c’est le minimum». La somme servira à faire face aux besoins fondamentaux des soldats durant cette «période transitoire» de 3 à 4 mois.

La lettre et l’esprit de l’Apo


Et, après les élections, les ex-combattants pourront présenter leur «certificat de démobilisé» pour bénéficier d’un programme de formation. «Je m’en vais lundi même négocier que les 500.000 Fcfa ne soient pas payés avant le 31 octobre et que les démobilisés acceptent les programmes de réinsertion qui vont aller au-delà du 31 octobre». D’où l’exhortation faite à tous ceux qui hésitent encore à «faire des sacrifices», à faire preuve «d’intelligence» et à ne pas s’accrocher à l’esprit et à la lettre de l’Apo. D’ores et déjà, il estime que «les Ivoiriens ont accepté les sacrifices nécessaires pour une sortie de crise réussie. On ne peut pas être libre et se créer des besoins qui aliènent notre liberté». Concernant le déploiement du Centre de commandement intégré (Cci), vu qu’il est difficile de payer 50.000 Fcfa par mois à chaque élément des Fafn membres des brigades et commissariats mixtes et qui ne sont pas des fonctionnaires pendant plusieurs mois, il a été décidé de déployer le gros lot à une semaine des élections. «Il ne faut pas s’accrocher à la lettre et à l’esprit de Ouaga, sinon nous faisons fausse route». Car il comporte «des imperfections» mais aussi beaucoup de choses sont faites qui ne figurent pas dans l’accord, à l’image de la formation militaire à Daoukro. Toutefois, il précise que son déplacement à Bouaké ne sera pas étendu à la question de la promotion dans l’armée. Estimant que «le tableau unique d’avancement» qui était «le principe est un acquis». Et ayant été déjà publié, il n’est plus question d’en discuter. Bien au contraire, Amani N’Guessan pense qu’il appartient désormais aux Fafn d’agir, après les actes posés par le Chef de l’Etat notamment en disant «Nous réintégrons l’armée pour créer l’armée nouvelle. Les militaires savent qu’une fois que le tableau d’avancement sort, ça ne fait pas l’objet de débat. Je n’en discuterai pas officiellement, c’est terminé». Après les décrets, ce qui reste, c’est de définir les conditions de départ à la retraite des commandants de zone ; l’harmonisation des grades des contingents Zinzin et Bahéfoué ; la nomination des responsables du Cci et des chefs des trois autres groupes d’instructions sur les quatre que comptent les zones Cno en remplacement des dix zones. Comme avec les Fn, le ministre de la Défense se propose de discuter aussi avec les groupes d’autodéfense pour privilégier la formation à la prime de 500.000 Fcfa pour solde de tout compte. Amani N’Guessan se dit favorable à ce que les citoyens appuient leur armée. En revanche, il condamne toute publicité. Aussi, s’est-il vivement élevé contre les pancartes publicitaires réalisées par le Conasfor après la collecte de 787 millions de Fcfa au profit de la grande muette. Concernant l’unicité des caisses, il a soutenu q u’elle sera effective en fonction du déchargement des Fafn. Plus l’Etat prendra en charge certains besoins des Fafn, plus il se déploiera. «Il faut être réaliste». Amani N’guessan dit être soucieux de ne pas créer «une situation de révolte au sud» en essayant de satisfaire les deux parties. Concernant la sécurisation des élections et candidats à la présidentielle, la mission reviendra, a-t-il dit, aux Compagnies mixtes de sécurisation des élections (Cmse), émanation du Cci, qui seront installées aussi bien au sud qu’au nord.

PAULIN N. ZOBO
Fraternité Matin

Author: bleble