A la Une: spécial élections et spécial inondations

« Afrique : que d’élections ! » : c’est l’intitulé d’un dossier que nous propose le site d’information Fasozine. Fasozine qui fait le point donc sur les principaux scrutins à venir sur le continent.
« Tout d’abord en Guinée où, après moult tergiversations et une attente interminable, le second tour de l’élection présidentielle est prévu pour se tenir le 19 septembre. Un rendez-vous crucial pour ce pays, estime Fasozine, qui cherche à sortir d’une longue période d’incertitudes et de bâillonnement démocratique. Il faut donc espérer qu’au lendemain de cette ultime confrontation entre Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé, les deux challengers de ce second round, (…) la sagesse continue de prévaloir, affirme le site d’information, pour que la Guinée entre effectivement dans une nouvelle phase –plus prometteuse- de son histoire plutôt tumultueuse, à l’instar de bon nombre de pays africains. »

La présidentielle cette fois au Burkina est prévue le 21 novembre. « Les différents états-majors politiques s’activent pour ce rendez-vous, jugé sans enjeu, affirme Fasozine, l’actuel chef de l’Etat, Blaise Compaoré, étant quasiment sûr de l’emporter. En réalité, le débat porte beaucoup plus, actuellement, sur une série de réformes politiques, qui incluent la révision de l’article 37 de la Constitution, qui limite à deux quinquennats, le mandat du président du Faso. Entre campagne et contre-campagne, les débats commencent à se cristalliser autour de la remise en cause annoncée de ce verrou constitutionnel, note le site d’information. Un échauffement pré-électoral, qui risque bien de constituer le principal axe de campagne des candidats des partis de l’opposition, dans un jeu où leur poids politique est constamment affaibli par des querelles intestines et de leadership, divisions structurelles et autres dissensions… »

Gbagbo en perte de vitesse ?

La présidentielle en Côte d’Ivoire, à présent, qualifié par Fasozine de « véritable arlésienne. (…) Désormais escomptée à l’horizon du 31 octobre, cette élection, qui est censée réconcilier le pays avec lui-même et solder, petit à petit, les séquelles de la longue crise sociopolitique dans laquelle l’Eléphant d’Afrique est emberlificotée depuis septembre 1999, reste certainement le lien fondateur d’une nouvelle espérance, de la foi en demain. » Et Fasozine de s’interroger : « les acteurs politiques ivoiriens sauront-ils enfin saisir la gravité historique du moment pour coller, au moins cette fois, l’acte au discours ? »

Toujours à propos de cette présidentielle en Côte d’Ivoire, ce point de vue du quotidien malien Le Républicain. Le Républicain qui ne voit pas Laurent Gbagbo, le président sortant, partir favori : « selon certains observateurs, écrit-il, le FPI, le parti au pouvoir, est en réalité en perte de vitesse dans l’opinion publique ivoirienne, dégoûtée qu’elle est de la gestion approximative des affaires de l’Etat. Tandis que le coût de la vie devient de plus en plus cher, le pouvoir d’achat des populations baisse de façon drastique. Donnant ainsi à l’opinion, le sentiment d’indifférence que le pouvoir nourrit face à la souffrance du peuple. » De plus, toujours d’après Le Républicain, « de sérieuses accusations pèsent sur certains représentants proches du pouvoir qui se rendraient coupables de radiations malveillantes de noms sur la liste électorale au profit du camp présidentiel. Les leaders de l’opposition ne ratent aucune occasion pour fustiger la gabegie et le laisser-aller dont la Refondation fait preuve dans la gestion de la chose publique. »

Que d’eau !

Les inondations… problème récurent sur le continent. Rappelons que 70 000 personnes sont sans abris au Niger dans la région de Maradi, depuis les fortes pluies de ces dernières semaines et la crue historique du fleuve Niger. Mais il ne se passe pas un jour, en ce moment, sans que les journaux rapportent des cas d’inondations ponctuelles ici ou là. Exemple à Dakar : « la banlieue coupée du monde », titre le quotidien Sud qui constate qu’il aura « suffi de 58 mm de pluie dans la zone de Mbao et Keur Massar et 38 mm à Pikine, pour couper une bonne partie de la banlieue de Dakar du reste de la capitale. »

Et Sud de décrire le calvaire : « les différents bassins de rétention au niveau des points bas de la route obligent les populations à ériger des barricades aux devantures des maisons et des commerces. Des murs y sont édifiés pour empêcher les eaux de pénétrer dans les concessions au fur et à mesure que les voitures traversent ces « bassins ». (…) Des sacs de sable ont été posés en renfort. Il faut relever pantalons ou pagnes jusqu’à hauteur des genoux et patauger pour accéder à l’intérieur ou traverser ces marigots. »
Même chose en Côte d’Ivoire, avec le carrefour de l’Indénié à Abidjan, systématiquement inondé à chaque pluie… « A quand la fin du calvaire des usagers ? », se demande Le Nouveau Réveil qui dénonce les millions de FCFA engloutis à perte – c’est le cas de le dire – par les autorités, « sans réussir à corriger la faille. »

Enfin, il n’y a pas que les villes… Au Burkina, le quotidien Le Pays rapporte des inondations dans la province du Tuy, où des « eaux venues d’ailleurs, écrit-il, ont déferlé, détruisant ainsi les maisons et emportant les effets. On ne déplore pas de perte en vies humaines mais ce sont plus de 1 000 personnes qui ont tout perdu et sont sans abris. »

Frédéric Couteau RFI

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