Santé – Le vecteur d’une dangereuse maladie découvert à Abidjan

Les arboviroses sont des infections peu typiques en dehors de certains aspects évocateurs comme une encéphalite (inflammation de l’encéphale, partie du cerveau logée dans la boîte crânienne) ou une fièvre hémorragique. Le tableau initial le plus fréquent est en effet une fièvre non-spécifique pouvant évoluer vers une infection mortelle, selon le site santeweb. Ces infections pourraient émerger en Côte d’Ivoire. Il s’agit par exemple du chickungunya dont le vecteur majeur, aedes albopictus a été découvert, pour la première fois en Côte d’Ivoire. C’était l’année dernière, en juillet, sur le quai à conteneurs du Port autonome d’Abidjan. Mais des investigations plus approfondies sont envisagées pour cette espèce qui est également vectrice de la fièvre jaune et de la dengue, dans de nombreux pays du monde. Cette information a été donnée à la presse, récemment, lors d’une conférence animée au ministère de la Santé et de l’hygiène publique par le professeur Doannio Julien Marie Christian. Le thème avait trait à la lutte contre les vecteurs de la fièvre jaune et la dengue. Ce biologiste, entomologiste médical et vétérinaire, avait soutenu que pour maîtriser ces deux maladies qui avaient fait trois morts et de nombreux suspects à Abidjan, Grand-Bassam et Bouké, il fallait organiser la surveillance. Il avait cité les surveillances constantes des populations (surveillance épidémiologique) et des vecteurs (surveillance entomologique). Aussi, avait-il relevé la nécessité de surveiller des autres arboviroses éventuelles. Rappelons que le chikungunya (en abrégé le chik) , est une maladie infectieuse tropicale, due à un arbovirus (noté Chick, pour chikungunya virus), un Alphavirus de la famille des Togaviridae, transmise par des moustiques du genre Aedes. Ce n’est pas une maladie nouvelle. Le virus a été isolé pour la première fois en 1952-1953 lors d’une épidémie de fièvre qui sévissait sur le plateau du Makonde dans la province de Newala au Tanganyika (actuelle Tanzanie). La maladie est responsable d’affections sévissant sous forme endémique en zones rurales d’Afrique subtropicale, et sous forme épidémique dans des populations non immunes, en particulier urbaines, aussi bien en Afrique qu’en Asie du sud (Inde, Viêt Nam). Selon l’Oms, le chikungunya est une maladie dite dengue-like, c’est-à-dire qu’elle ressemble beaucoup à la dengue (douleurs musculaires et articulaires, forte fièvre, éruption sur la peau, etc.). La maladie se déclare généralement par une très forte fièvre, parfois au-delà des 40 °C, durant environ 3 jours. Cette fièvre est suivie d’un érythème (éruption de boutons) et de courbatures très douloureuses, ainsi que de vives douleurs des articulations clouant le malade au lit. Les enfants ne présentent que rarement ces douleurs articulaires. Chez eux, le chikungunya se traduit comme une simple grippe. Toutefois, à La Réunion, deux enfants de 9 et 10 ans sont décédés dans des tableaux d’encéphalite et de myocardite (atteintes du cerveau et du cœur).Les douleurs articulaires peuvent persister ou réapparaître pendant plusieurs mois, notamment aux articulations fragilisées (anciennes entorses ou fractures chez des sportifs par exemple). Une attention particulière doit toutefois être portée aux personnes fragiles : les nourrissons dont les douleurs peuvent bloquer la mâchoire et rendre impossible toute alimentation, les personnes âgées aux défaillances d’organes particulièrement sensibles aux effets de la fièvre (accélération de la fréquence cardiaque, déshydratation). Sont particulièrement exposées à ces risques secondaires à toute fièvre les personnes souffrant de diabète, insuffisance cardiaque, rénale, respiratoire etc. Les alcooliques atteints de chikungunya ont présenté des risques accrus d’hépatite mortelle.


Dominique FADEGNO

Soir Info

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