Poste de Côte d’Ivoire : Les employés menacent

Les postiers menacent d’entrer en grève ce jeudi pour réclamer le paiement des arriérés de salaire et le départ de leur Directeur général.


Les pourparlers entre le ministre des Ntic et les syndicats des agents de la Poste de Côte d’Ivoire n’a pu freiner la détermination des postiers de faire partir leur Directeur général. Réunis en assemblée générale le 12 août au Plateau, cinq des sept syndicats entendent observer un arrêt de travail de 48 heures à compter de ce 27 août. Le Synapostel, le Syndiposte, le Syntraposte, le Synalposte, le Syncaposte ainsi que la Mutuelle des receveurs ont déposé un préavis de grève sur la table du ministre Houga Bi Goorey mercredi. Ils revendiquent, entre autres, «le paiement immédiat des arriérés de salaire, le reversement des précomptes à la Cgrae, la Mugef-CI et la Cnps, la reprise de l’assurance maladie et l’octroi de prêts scolaires». Mais c’est le départ du Directeur général qui reste la pomme de discorde entre la tutelle et les travailleurs de la Poste. Ces derniers l’accusent de détournement et de bradage du patrimoine de la poste, notamment le centre national de tri postier. Les postiers ne voulant rien entendre demande la mise en place d’une nouvelle équipe managériale. Cette énième crise intervient alors que la situation de l’entreprise est peu reluisante. Des pans entiers de ses activités (téléphonie, services financiers) lui sont arrachés. Les compagnies de transport lui mènent une concurrence déloyale. Conséquence: la Poste croule sous le poids d’une énorme dette estimée à 18,4 milliards Fcfa dont 6,8 milliards Fcfa envers les partenaires internationaux. La fermeture des bureaux de poste des zones Cno, celle du centre de tri postal de Bouaké lui font perdre annuellement plus de 2,21 milliards Fcfa qui représentent près de la moitié de son chiffre d’affaires. Depuis quelques années, le géant du courrier fait face à des remous. Le Synapostel, le syndicat majoritaire a contraint Zéhi Sébastien, Directeur général a cédé son fauteuil suite à une grève qui a paralysé la société. Jean Michel Deigna prendra la tête de l’entreprise. Mais depuis quelques semaines, lui aussi n’est plus en odeur de sainteté avec ses employés. Ces derniers ont, en mai 2010, déposé un premier préavis de grève. Le 28 juillet et le 2 août, ils organisent deux sit-in et entrent en négociation avec leur tutelle. Estimant que les promesses tenues par le ministre n’ont pas été tenues, ils décident alors de déposer cet autre préavis de grève.

Nord-Sud

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