Présidentielle en Côte d’Ivoire: Le Fpi pour le 31 octobre à tous prix !

Les adversaires politiques de Laurent Gbagbo qui manœuvrent pour retarder la confection de la liste électorale définitive perdent leur temps. S’ils espèrent rendre intenable la date du 31 octobre 2010 pour le 1er tour de la présidentielle afin d’accuser le camp présidentiel de trainer les pas, cela peut s’avérer peine perdue pour eux. Le Front populaire ivoirien (Fpi, au pouvoir) n’entend pas négocier un autre report de cette date.

Le parti fondé par le président Gbagbo est plus que jamais debout et déterminé pour que le 1er tour de l’élection présidentielle se tienne le 31 octobre 2010. Il s’apprête à engager la bataille pour rendre cette date non négociable. Pour preuve, il a élaboré le squelette d’un chronogramme de campagne électorale qui a été dévoilé en filigrane, hier, à l’institut Ites aux Deux-Plateaux, à une réunion extraordinaire du Comité central du parti transformée en une «réunion de concertation». Ainsi, sauf cas de fforce majeure, dans une toute petite semaine, la machine électorale du FPI, déjà en action sur le terrain à travers ses acteurs électoraux va se mettre véritablement en branle. Dès la fin du mois d’août, le parti au pouvoir commencera par convoquer une grande réunion ordinaire de son Comité central pour prendre de très fermes décisions sur les opérations de vérification et de contentieux sur la liste électorale. Il se prononcera alors sur les cas de fraudeurs démasqués sur la liste électorale provisoire et, selon les termes employés, de «violences barbares et gratuites orchestrées par le Rassemblement des Républicains d’Alassane Ouattara pour empêcher la justice de travailler sur les demandes en radiation, alors même que cette phase a été acceptée par consensus et inscrite au mode opératoire de la confection de la liste électorale».

Engagement pour une victoire propre

De même, dès le début du mois de septembre, le parti du président Pascal Affi N’Guessan entamera, sur toute l’étendue du territoire national, et peut-être à l’étranger aussi, un vaste programme de formation de ses assesseurs dans tous les 16 000 (seize mille) bureaux de vote répertoriés par la Commission électorale indépendante (Cei). Dans cette phase de formation politique, le Fpi entend inculquer les rudiments et la détermination nécessaires à ses représentants, à chaque niveau du processus de vote, pour contrer la fraude. «Nous avons tous constaté aujourd’hui qu’il y a en face de nous des adversaires décidés à mettre tout en œuvre pour gagner les élections par la fraude. C’est pourquoi, nous au Fpi, nous sommes déterminés à mettre tout en œuvre pour contrer la fraude d’où qu’elle vienne et quelle que soit sa forme», a lancé, hier, le Premier ministre Pascal Affi sous les applaudissements nourris et sous le regard approbateur de son premier vice-président, l’Inspecteur général d’Etat Sangaré Abou Drahamane. Enfin, le président du FPI a lancé un vibrant appel à tous les fédéraux, DDC, présidents de coordination, responsables de structures spécialisées du parti, etc., qu’il a invités «à taire leurs états d’âme pour agir en synergie en vue de la victoire du président Gbagbo au premier tour de la présidentielle du 31 octobre».

Le Rdr pour une nation sans loi?

Depuis quelques jours, des violences verbales et des menaces de mort souvent ponctuées par des agressions physiques (comme c’est le cas à Abengourou, 250 km d’Abidjan, à l’est du pays) sont proférées et exécutées par des individus se réclamant militants du Rdr d’Alassane Ouattara, ancien Premier ministre d’Houphouët, candidat à l’élection présidentielle par repêchage à l’usage de l’article 48 de la Constitution ivoirienne. Ces individus manifestent, disent-ils, pour s’opposer aux «radiations abusives» demandées par les Ivoiriens sur la liste électorale. Or, selon le mode opératoire arrêté par la Primature et la Cei, en accord avec tous les partis politiques significatifs impliqués dans le processus électoral, «tout citoyen ivoirien inscrit sur la liste électorale» a le droit de contester toute inscription qu’il juge frauduleuse sur cette liste, en charge, pour lui, le plaignant, de fournir la preuve de son accusation. Bien entendu, dans cette démarche, le plaignant ne radie personne. Il porte plainte et la justice tranche à partir des éléments de preuve fournis. De ce fait, le plaignant peut gagner son procès (en obtenant la radiation souhaitée) ou le perdre (quand le tribunal ordonne le maintien de la personne récusée sur la liste électorale). Et ces deux cas de figure sont observés dans bon nombre de tribunaux où la justice travaille tranquillement. Malgré tout, ces militants surexcités par on ne sait quelles mains occultes ne veulent même pas que cette étape du processus de confection de la liste électorale appelée «le contentieux électoral» se déroule. Par la violence dont ils croient être les seuls maîtres, ils profèrent des menaces de mort contre les plaignants dans maintes villes du pays. Et quand, malgré tout, la justice est saisie, ils empêchent, par la violence physique, les tribunaux de siéger. Dans plusieurs localités aussi, les représentations locales de la Cei dominées à plus de 80% par le Rdr s’opposent au contentieux. Elles refusent de recevoir les plaintes ou les déclarent irrecevables là où le mode opératoire leur demande simplement de se déclarer “incompétentes” et de transmettre les dossiers aux tribunaux compétents. De toute évidence, le Rdr a passé des consignes obscures pour entraver l’application de la loi.

C’est pour tirer tout cela au clair que le président du Fpi a convoqué, hier, une réunion extraordinaire du Comité central.

A l’arrivée, le Comité central a fait place à une réunion de concertation au cours de laquelle ces dispositions ont été annoncées, bon nombre de membres de cette instance étant encore pris sur le terrain dans l’opération du contentieux électoral. Ces consignes font suite, elles-mêmes, à l’exposé détaillé du député Martin Sokouri Bohui, Secrétaire national chargé des Elections, sur la situation du processus électoral, en ce qui concerne les opérations de vérification et du contentieux sur la liste électorale.

Au prochain Comité central ordinaire à la fin du mois, le Fpi prendra des mesures vigoureuses. Promesse a été faite. Pour l’instant, la seule certitude est que le parti présidentiel n’entend pas tergiverser sur la date du 1er tout de l’élection présidentielle. Ce sera le 31 octobre. A tous prix !

César Etou
Notre Voie

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