Victor Yro Djiezion, DDC du candidat Gbagbo au Canada: « La CEI doit régler les cas de transfert urgemment »

Directeur départemental de campagne (Ddc) du candidat Laurent Gbagbo au Canada, Victor Yro Djiezion explique la situation qui prévaut en Amérique du Nord.

Comment se porte l’équipe de la direction de champagne?

L’équipe se porte très bien merci. Nous sommes mobilisés et couvrons le terrain tant que faire se peut. L’arrivée très prochaine de l’équipe de la DNC nous donne une poussée d’adrénaline. Nous sommes sereins et confiants. Les choses vont très vite surtout avec l’annonce de l’arrivée très prochainement de la liste définitive et des cartes d’électeurs. À la direction de campagne du Canada, nous avons une mission double. Premièrement, notre candidat doit gagner au premier tour. Deuxièmement, nous travaillons à redorer le blason non seulement du Chef de l’état, de son épouse mais aussi et surtout de la Côte d’ivoire. Il y a eu trop de contre-vérités qui ont été véhiculées ici et là. Nous sommes optimistes et croyons pouvoir relever ces défis avec les moyens que nous avons et l’appui de la DNC.

La diaspora du Canada a-t-elle manifesté un engouement pour le contentieux?

Pas du tout! Les ivoiriens n’étaient pas au courant à temps. Le temps alloué était très court et coïncidait avec les festivités du cinquantenaire au Canada. Certains ne savaient pas qu’il y avait le contentieux et ceux qui étaient au courant ne savaient pas ce qu’ils devraient faire. Vous savez, en Côte d’ivoire, quand il y a le démarrage d’une phase du processus électoral, les médias en parlent suffisamment. Tandis qu’à l’étranger, nous avons seulement Abidjan.net et le bouche à oreille. Et celui qui n’a pas le temps de lire les nouvelles pendant cette période-là ne sera pas forcément informé.

Avez-vous eu des cas de radiation au Canada?

Il y a eu des rejets mais pas moyen de faire des radiations au Canada.
Le travail des commissaires locaux n’a pas été facilité faute d’appui de leur superviseur (Me Dadié Sangaret) n’ayant pas voulu les accommoder en permettant une semaine additionnelle pour tenir compte de la non faisabilité du contentieux pendant le temps des célébrations. La salle de conférence de la chancellerie, le seul endroit où l’affichage devrait avoir lieu ne pouvait pas être toujours disponible en tout temps. La liste provisoire a été réceptionnée le 28 juillet. Le contentieux a débuté le samedi 31Août et pris fin le 08 Août. La chancellerie était en préparation du cinquantenaire et les ivoiriens de la diaspora avaient aussi, pour la plupart, la tête à la fête. Vous comprendrez ainsi qu’il était difficile de mettre le focus sur le contentieux durant cette première semaine du mois d’Août. Pour pallier à tout cela la Vice-présidente Mme Nathalie Zemgbo avait situé la fin du contentieux au Dimanche 15 Août afin de sensibiliser la diaspora ivoirienne à venir voir les listes à Ottawa. Mais hélas, sa proposition n’a pas été acceptée par Me Dadié Sangaret qui a évoqué que le 17 Août était la fin du traitement des réclamations.
Dimanche 08 Août a été finalement retenu pour la fin du contentieux au Canada. Pourtant la CEI-USA a fini le traitement du contentieux le mercredi 18 Août. Cela semble constituer est un cafouillage suspect à notre avis. Les Ivoiriens du Canada n’ont, non seulement pas été suffisamment informés, mais pas aussi eu le temps de faire le contrôle qui nous semblait nécessaire en vue de radier les fraudeurs. Ajouté à cela il n’y a eu que 3 cas de réclamation traités sur 50. La tâche ne sera pas facile pour les membres de la CEI-Canada lors de la distribution des cartes d’électeurs. Depuis le départ, c’est avec une certaine légèreté que le cas du Canada est traité. Cela nous préoccupe énormément.


Nous avons appris que les seuls cas de transfert qui vont être pris en considération sont ceux des corps habillés qu’en pensez-vous?

C’est dommage que la CEI ne veille prendre en compte que seuls les corps habillés! Les cas de transferts concernent tous les Ivoiriens et Ivoiriennes de la Diaspora avec à leur tête les diplomates et le personnel des organismes internationaux mutés ou rappelés. Il y a eu beaucoup d’affectations et de déménagements depuis l’enrôlement jusqu’au moment des contentieux. Les gens ont fait un effort pour aller se faire enrôler. On ne peut pas les priver d’accomplir leur devoir civique, celui de voter, sous aucun prétexte. Il faudrait que la CEI prenne des dispositions pour satisfaire tous ces nombreux pétitionnaires inscrits sur les listes. La CEI a le temps de s’occuper de tous les cas de transfert avant le 31 octobre 2010.

Tenir compte de tous les cas de transfert ne pourrait-il pas engendrer une fraude massive?

Oui et non je dirai. Je vous donne un exemple que j’ai vécu. En 2000 il y avait 4 bureaux de vote au canada. Ottawa, Montréal, Québec et Toronto. Mon épouse était dans les années 1990 à l’université de Sherbrooke dans les cantons de l’est. Elle y avait passé deux ans et est venue poursuivre ses études à Montréal. Dans les archives de l’ambassade jusqu’en 2000, elle était toujours considérée comme une résidante de la ville de Sherbrooke. Et elle devrait en principe voter dans la ville de Québec. Nous avons pu faire facilement le transfert pour lui permettre finalement de voter à Montréal. La CEI peut bien le faire pour tous ceux qui ce sont enrôlés dans un pays ou une ville dans lesquels ils ne résident plus pour mille et une raisons. Cependant, des gens mal intentionnés pourraient être tentés de voter deux fois si les villes sont rapprochées.

Comment croyez-vous que la CEI devrait s’y prendre pour empêcher cette fraude?

Ce qui marche ailleurs peut fonctionner aussi chez nous. Un simple mécanisme de contrôle peut être appliqué. Pour contrer la fraude nous proposons le système de perforation de la carte d’électeur après la vérification d’usage de l’identité et avant de passer aux urnes. Avec une carte d’électeur perforée au moment du contrôle d’identité, un pétitionnaire ne pourra plus se représenter dans un autre lieu pour voter. La carte perforée est une preuve que la personne a déjà exprimé son droit de vote. En passant les perforeuses à papier ne coûtent pas grand-chose de sorte que tous les démembrements de la CEI peuvent se procurer une.
Au Canada, nous avons beaucoup d’ivoiriens qui se sont faits enrôler en France, en Côte d’ivoire et un peu partout dans le monde. Déjà que la Diaspora s’est sentie laissée pour compte par la CEI-Centrale, qu’on permette au moins à tous ceux qui sont inscrits sur la liste définitive de pouvoir voter. Nous sommes certains qu’avec le système de perforation de la carte d’électeur, au moment du vote, tous les cas de transfert peuvent être pris en compte sans qu’il y ait une possibilité de fraude.

Quel est votre message aux ivoiriens?

Nous demandons aux ivoiriens de donner une chance à notre pays de sortir de cette difficile situation de crise qui n’arrange personne en réalité et que l’on veille à ce que l’échéance du 31 octobre 2010 soit respectée. Que de bonnes volontés s’expriment surtout à la CEI, à la primature et aussi au niveau des stratèges de chaque parti politique afin d’aller aux élections. Que les accords de bonne conduite soient appliqués à la lettre. Nous sommes à un tournant de notre histoire. Notre avenir et celui de nos générations futures se jouent en ce moment. Les projecteurs de la communauté internationale sont braqués sur nous tous. Ne faisons pas honte à notre mère patrie. Nos populations ont assez souffert et continuent de souffrir à cause de notre ego. Allons aux élections et que le meilleur gagne

Source : Notre Voie

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