Avant les élections du 31 octobre – Des manœuvres pour récupérer l’aile militaire des FN – Voici l’homme politique au cœur de l’opération

Les Forces nouvelles, ‘’l’arbitre des élections’’, sont secouées par des manœuvres politiques dans la perspective du scrutin présidentiel du 31 octobre 2010. Selon des sources concordantes, l’ex-rébellion serait en voie d’être récupérée par un homme politique bien connu dans le pays, un opposant au régime en place dont nous taisons volontairement le nom. Ce dernier, à en croire nos informations, aurait déjà réussi à avoir dans son camp les Forces armées des Forces nouvelles (Fafn), l’aile militaire de l’ancienne rébellion ; précisément ceux d’entre les militaires qui restent farouchement opposés à une réélection de Laurent Gbagbo à la tête du pays. Nos sources, formelles, laissent croire que l’opposant politique en question, un ancien ministre, profite du recul de Guillaume Soro, secrétaire général des Fn, pour tenter d’avoir dans son camp les hommes clefs de l’ex-rébellion. Le Premier ministre Soro, rappelons-le, a désigné, le 22 juillet 2010, le ministre de la Justice Gardes des Sceaux, M. Koné Mamadou, pour assurer l’intérim de son poste de secrétaire général des Forces nouvelles. Officiellement, cette décision s’inscrit dans la volonté du Premier ministre de pouvoir mieux se consacrer au processus électoral en vue de parvenir à une élection présidentielle le plus vite possible. Mais la décision est parue quelque peu surprenante pour certains au sein de l’aile militaire des FN. Au fond, Soro doit son poste de Premier ministre à son statut de chef de l’ex-rébellion. Cette réalité suscite des questionnements chez des militaires Fafn dont certains avaient dénoncé, en privé, une trahison de leur chef. D’autres, dans l’ex-rébellion, pourraient s’interroger sur la capacité de Soro à influencer son camp s’il n’en détient plus vraiment les rênes, de façon officielle. Sur la question, le Commandant Issiaka Ouattara dit Watto attend de voir ce qui va se passer après l’ élection présidentielle du 31 octobre prochain. « Il faudrait attendre jusqu’à la fin des élections pour savoir ce qui va se passer. Pour l’heure, il ne faut pas trop vite aller en besogne. Comme vous l’avez su bien dit, il s’agit d’un intérim. Comme le Premier ministre n’est pas présidentiable, nous attendons après les élections pour voir », confiait le chef d’Etat-major adjoint des Fafn à L’inter, dans un entretien paru le 22 août 2010, à propos de l’intérim de Soro à la tête des FN. Aujourd’hui, Guillaume Soro semble s’être coupé de sa base de Bouaké, ou du moins, semble y avoir un peu fragilisé sa voix depuis qu’il a accepté ce poste de Premier ministre au sortir des négociations de Ouagadougou et surtout suite à son recul momentané de la gestion des FN. L’homme politique qui manœuvre pour récupérer l’ex-rébellion aurait mobilisé de gros moyens financiers à cet effet. Ce membre du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), très actif sur le terrain politique, préparait, dans la plus grande discrétion, une bonne partie des ex-combattants Fafn à refuser les résultats de l’élection présidentielle prochaine si elles étaient favorables au président sortant, Laurent Gbagbo. Cet ancien ministre aurait également pris contact avec des ex-militaires radiés issus des Forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire (FDSCI) pour frapper le moment opportun. C’est, apprend-on de bonnes sources, ce coup en préparation soufflé à l’Armée, qui a provoqué une réaction musclée des FDSCI, diffusée le 27 août 2010 à la télévision nationale. Le porte-parole des FDSCI, le colonel Hilaire Babri Gohourou, avait indiqué que ‘’selon des informations en possession de l’Etat-major des Armées, certaines personnes, animées de mauvaises intentions, seraient en contact avec des ex-militaires radiés des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire aux fins de commettre des assassinats et autres crimes dont les desseins restent inavoués’’.


TRA BI Charles Lambert
L’Inter

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Publié par bleble