Interview Dr Augustin Thiam (Futur chef des Akouè): « Je ne laisserai personne me spolier… »

Le docteur Augustin Thiam, est pressenti pour diriger le canton Akouè à Yamoussoukro. Dans cette interview, il se découvre et parle pour la première fois de la nouvelle fonction de chef traditionnel Baoulé qu’il va occuper.

Dr. Thiam, la rumeur publique fait de vous le futur chef du canton Akouè et un quotidien de la place vient de titrer sa une : « A deux mois de l’élection présidentielle, l’héritier d’Houphouët-Boigny lâche ADO ». Qu’en est-il ?

Comme vous, j’entends cette rumeur, j’ai lu ce gros titre.
Pour ce qui est de la rumeur, je peux vous dire qu’elle est fondée. Mais, comme le dit un adage, « Il y a loin de la coupe aux lèvres », restons humbles, soyons patients et attendons dans la sérénité la fin du processus de désignation du chef de canton.
Pour ce qui est du quotidien, mis à part ce gros titre en rouge, très « vendeur », il pose le problème fondamental de la neutralité qui conduit à l’impartialité. La neutralité est une posture morale, un discours intellectuel et un comportement.
Il est clair que, si je deviens chef de canton, je dois, en toutes circonstances, adopter cette posture morale, ce discours intellectuel et ce comportement. Mais être neutre veut-il dire être insipide, sans saveur ?
Ce serait faire peu de cas de ma personnalité que de croire que parce que je deviens chef, je n’ai plus d’intimes convictions.
La chefferie traditionnelle ne me demande pas de ne pas avoir d’opinions politiques, elle me demande de ne pas les exprimer en public. Elle me demande, en toutes circonstances, d’être imperturbable, impassible, équitable.
Pour être chef, je n’en suis pas moins citoyen ivoirien qui, en tant que tel, accomplira son devoir de citoyen lors du vote du 31 octobre…dans le secret de l’isoloir.

A la veille de votre désignation comme chef du canton Akouè, vous sentez-vous prêt à assumer cette charge ?

Avant de répondre précisément à votre question, souffrez que je vous parle de mon état d’esprit. En effet, plusieurs sentiments m’assaillent.
Un sentiment de profonde gratitude envers le Seigneur notre Dieu, « Créateur du Ciel et de la Terre ». Je le loue, je le glorifie et je lui demande de me donner la sagesse et le discernement nécessaires à l’exercice de ma nouvelle charge.
Gratitude envers mes défunts parents, mon père, et surtout à ma mère. C’est à elle que je dois d’appartenir à la lignée de ceux qui peuvent accéder à cette chefferie. Où qu’elle se trouve, je lui demande de me protéger, de m’inspirer et de me guider.
Gratitude envers sa Majesté Nanan Boa Kouassi III, Roi de l’Indénié, qui m’honore de son affection et de ses précieux conseils. Gratitude envers mes prédécesseurs dont le plus illustre reste le président Houphouët Boigny. Si eux avaient refusé d’assumer cette charge, rien de ce qui se passe aujourd’hui n’aurait pu se faire.
Gratitude envers mes contemporains, mes tantes Berthe Sow et Monique Dahouët-Boigny ; mes oncles, je ne peux malheureusement pas les citer tous ; mes sœurs N’deye Anna et Nanan Yamousso ; mes frères biologiques (Daouda, Abdel Aziz, Tidjane), mes cousins et cousines, ma famille élargie.
J’en appelle à leur soutien, à leurs conseils.

Sentiment d’humilité aussi. Surtout garder la tête froide, ne pas prendre cette charge comme une victoire personnelle.
Un autre sentiment plus confus et que je ne saurais définir me prend.
Cette sensation que j’ai d’aliéner ma liberté. Liberté de parler, liberté de me mouvoir, liberté d’agir…
La liberté. Un grand concept au nom duquel beaucoup de guerres ont été livrées, de combats menés.
Mais être libre ne veut pas dire faire et dire ce que l’on veut, quand on veut et à qui l’on veut…
Quant au fait d’être prêt ou pas, l’on n’est jamais tout à fait prêt. Beaucoup de gens pensent que je ne connais pas grand-chose à la culture Baoulé…

Maîtrisez-vous vraiment les coutumes et la tradition de ce peuple?
Sachez tout de même que quand je nais, le 14 août 1952, à Yamoussoukro, mes parents biologiques me laissent au village, je vais y passer les six premières années de ma vie et ne parler que le Baoulé pendant tout ce temps. Je suis alors pris en charge, totalement, par ma grande tante Mamie Faitai, sœur aînée du Président Félix Houphouët-Boigny.
Je suis de tous ses voyages, et je vis avec elle à Attiégouakro, chef-lieu du Canton Nananfouè et dont le chef de Canton, Nanan Koba Kouamé I, est le mari. Je ne découvre et n’apprends à parler le français que quand je commence mes études scolaires. Par la suite, et jusqu’à l’âge de quatorze ans, quand mon père est nommé Ambassadeur au Maroc, je passerai la totalité de mes vacances (Noël, Pâques, Grandes vacances), à Yamoussoukro. Préférant toujours aller « au village » plutôt que de me rendre en vacances eu Europe, comme mes frères et sœurs.
Pendant mon enfance, je me suis donc fait des amis, au village, amis avec lesquels j’entretiens de très bonnes relations jusqu’à ce jour. Même quand je poursuis mes études de médecine, à la Faculté de médecine d’Abidjan, et après, quand j’exerce la médecine au Chu de Cocody, je passe le plus clair de mon temps libre à Yamoussoukro.
Le Président Félix Houphouët-Boigny aimait et respectait énormément ma mère (Mariétou) qu’il appelait affectueusement Atou. A son tour, elle lui vouait un amour immense qui confinait au culte.
Nous, les enfants Thiam, avons tous été élevés dans cet amour, ce respect et ce culte à Félix Houphouët-Boigny.
Mon grand-oncle m’honorait de son affection et de ses conseils, parce que je porte le prénom de son frère cadet (Augustin), avec lequel il entretenait une relation fusionnelle… Il a sans doute reporté une partie de cette affection sur ma petite personne…
De 1973, année où je passe mon bac, au Lycée Classique d’Abidjan, à 1993, date de son décès, pendant vingt ans donc, et presque sans discontinuer, je prends la quasi totalité de mes repas avec lui…
J’ai également effectué de longs et nombreux séjours à Yamoussoukro, avec lui, et il nous arrivait souvent d’être tous les deux, seuls, pendant de longues journées, à nous promener sur ses différents chantiers…Le Président Félix Houphouët-Boigny m’a beaucoup parlé ; j’ai beaucoup écouté, j’ai beaucoup observé, et j’ai beaucoup appris. Il faut également tenir compte du fait que je suis Docteur en médecine…
Pendant toutes nos études, nous sommes abreuvés de connaissances théoriques et de pratique médicale aux lits des malades. La démarche intellectuelle qui aboutit au diagnostic est fondée sur la parfaite maîtrise de ces connaissances théoriques, associée à l’écoute et à l’interrogatoire du malade quand il raconte l’histoire de sa maladie, à l’observation et l’examen du patient. Cette démarche intellectuelle, je l’applique à de nombreux champs de l’activité humaine…Et enfin, Dieu merci, la chefferie Baoulé n’est pas un exercice solitaire du pouvoir.
Il m’appartiendra de savoir bien m’entourer de tous les enfants de N’gokro, de tous les enfants Akouès, sans exclusive, qui se sentent capables et prêts à m’apporter leurs conseils et leurs expériences. Ceci étant, je ne prétends pas tout connaître, tant il est vrai que l’on n’a jamais fini d’apprendre.
Je suis bien conscient que, maintenant, je rentre dans une autre école dans laquelle on écoute plus qu’on ne parle.
Il me revient une phrase que j’ai lue dans Le Prince, de Machiavel : « Le Prince, devenu Roi, doit savoir oublier les querelles du Prince et commencer son nouveau ministère par un ministère sur lui-même »… Mon règne, si règne il y a, commencera donc par un règne sur moi-même.

Votre présence continue auprès du Vieux, pendant toutes ces années, peut laisser croire qu’il vous préparait à assumer cette charge… ?

C’est fort possible, en effet…

Quel sera le nom qui vous sera attribué en tant que chef ?
Souffrez que j’en réserve la primeur à mes futurs administrés. Sachez seulement que ce ne sera pas Nanan Kpli, comme cela a été abusivement écrit, et que je vais reprendre le nom d’un de mes ancêtres…

Comment vos frères et sœurs biologiques ont-ils pris votre désignation ?

J’ai le soutien de la totalité de mes frères et sœurs. Chacun d’entre-eux avait, autant que moi, le droit d’être désigné pour assurer cette charge.
Je ne dois donc pas prendre le choix de ma petite personne comme une victoire personnelle.
Je compte gérer cette charge avec leurs conseils et leur soutien.

Thiam, chef de village Baoulé, ce n’est pas courant dans cette Côte d’Ivoire ou certains noms, comme le vôtre, sont d’office frappés d’exclusion. Comment avez-vous surmonté les barrières ivoiritaires ?


Je n’ai été physiquement présent à aucun des stades de la désignation, mais je peux vous dire qu’il y a eu des oppositions, venues des « ivoiritaires », comme vous les appelez, ou d’autres personnes. Je ne crois pas, en ce qui me concerne, que l’unanimité soit un bon principe intellectuel de gouvernance.
Je trouve donc tout à fait normal, et cela quelle que soit la décision que vous avez à prendre, qu’il y ait des oppositions en face du chef, qu’elles s’expriment, qu’on en débatte, qu’on en tienne compte, pour aboutir à un consensus après épuisement du débat.
Pour parler de l’ivoirité, ses concepteurs disent, pour se défendre, que c’est un principe intellectuel qui a connu des dérives xénophobes. De ce principe intellectuel, dont je ne veux même pas discuter de la valeur morale, je dis qu’il a été instrumentalisé à des fins politiques. Ce sont d’ailleurs les hommes qui se disent « politiques » que mes origines sénégalaises gênent. Le Baoulé de base n’a absolument aucun problème avec les origines de mon père.
En effet, le système Akan, et donc Baoulé, d’accession au pouvoir est un système matriarcal qui a ses règles, et qui ne se préoccupe pas de savoir qui est votre père.
Le meilleur exemple est l’actuel Roi du Sanwi, Nanan Amon N’doufou V, qui était officier dans l’armée de l’air du Ghana, et donc ghanéen, que l’ont est allé chercher pour en faire un Roi…en Côte d’Ivoire.
Personnellement, tout en assumant totalement mes origines sénégalaises ET baoulé – je parle couramment le wolof ET le baoulé- je n’ai jamais eu d’autre nationalité que la nationalité ivoirienne.
J’ai été appelé sous les drapeaux ivoiriens en 1973, je suis donc ivoirien. Point final. Je laisse « les esprits chagrins » et les « politiciens de tous bords » qui chercheraient à me contester ma nationalité, ou mon droit à succéder à mon grand-oncle maternel Nanan Kouassi N’go III, à leur chagrin…
Je livre à votre réflexion le cas de Barak Obama. Il est de père kényan et de mère américaine.
Il a été élu président de la République et dirige donc la première puissance mondiale mais, il ne peut pas se présenter aux élections présidentielles du pays de son père, parce que…sa mère n’est pas kényane…
Il serait bon de se demander combien d’hommes de la valeur de Barak Obama la Côte d’Ivoire, voire l’Afrique, perdent chaque année à cause de notre fameux ET.

En tant que chef de Canton, vous aurez à gérer l’héritage de Félix Houphouët-Boigny. Une de ses filles est actuellement devant les tribunaux car elle est en conflit avec certains de ses cohéritiers. Qu’en pensez-vous ?

Ce problème que vous évoquez se trouve devant les tribunaux « des blancs » et, ainsi, échappe au domaine de mes compétences.
Il m’est d’autant plus difficile d’en parler que ce que j’en sais, je l’ai lu dans les journaux qui sont un prisme déformant…
Je vais donc commencer d’abord par m’informer, auprès des différents protagonistes.
A condition, bien sûr qu’ils acceptent de m’en parler…
Mais mon sentiment personnel est que cette héritière et ses cohéritiers auraient dû faire tout ce qui était en leur pouvoir pour que cette affaire ne s’étalât pas dans les journaux.

La mémoire de Félix Houphouët-Boigny, leur père, mérite mieux que cela…Un adage français dit ceci : « Il vaut mieux un mauvais contrat qu’un bon procès ».
Je ferai donc tout ce que je peux pour amener les uns et les autres autour d’un « arbre à palabres », afin qu’ils trouvent un terrain d’entente.
Je ne suis pas directement concerné par cette affaire. Les héritiers de la fortune de Félix Houphouët-Boigny sont ses enfants et son épouse. Partant, toute action que je pourrais entreprendre ne visera qu’à l’obtention de la concorde et de la paix, concepts chers à notre défunt président.

Nommé chef, vous êtes tenu de vous mettre au-dessus de la mêlée. Etes-vous prêt à abandonner votre poste de directeur départemental de campagne de Ouattara ?

Effectivement et, à cet effet, l’organigramme de l’équipe départementale de campagne a été réaménagé pour que le travail puisse se poursuivre sur le terrain.
Ceux que nous pouvons appeler « le clan Koblavi », mon prédécesseur à ce poste, et sans être polémique, ont été intégrés dans ce nouvel organigramme. Mme le Ministre Jeanne Peuhmond cumulera désormais les charges de Directrice régionale de campagne (D.R.C.) et de Directrice départementale de campagne (D.D.C.), avec trois Directeurs départementaux de campagnes adjoints.

Que devient le QG de campagne au quartier Assabou mis à la disposition du candidat Ouattara ?

Il reste à la disposition de l’équipe de campagne.

La Direction départementale de campagne de Yamoussoukro, votre ancien poste, est très convoitée ces derniers temps…Votre Ddc-adjoint vient de s’autoproclamer Ddc…Eclairez-nous…

Je dois d’abord préciser que je ne suis plus Ddc d’ADO pour Yamoussoukro. Mais, je ne peux pas voir une « maison que j’ai aidé à construire » prendre feu, sans aider à éteindre l’incendie…
Ceci étant, dès que j’ai été pressenti pour devenir chef de Canton, j’en ai aussitôt informé la hiérarchie du Rdr, au niveau local, c`est-à-dire mes plus proches collaborateurs (dont M. Ibrahim Koné, j’y reviendrai), et à son plus haut niveau. C`est-à-dire ADO lui-même.
Tout en me félicitant, le président du Rdr m’a demandé de lui faire des propositions pour que, malgré mon départ, la Direction départementale de campagne puisse fonctionner.
J’ai d’abord proposé de nommer Ibrahim Koné à mon poste de Ddc. Ce qui a été refusé tant par la Direction nationale de campagne, que par la hiérarchie du Rdr, au prétexte que nommer Koné au poste de Ddc reviendrait à accorder une prime à la rébellion. Lors de la constitution de l’équipe départementale de campagne, Mme le ministre Jeanne Peuhmond et moi-même avions dû batailler dur pour faire accepter par la Direction du parti que Koné soit Ddca…Quelle ingratitude ! D’un clandestin, nous avons fait un officiel…En effet, souvenez-vous qu’il y a cinq ans de cela, bien que battu aux élections au Secrétariat départemental de Yamoussoukro, Koné s’était, déjà à l’époque, « autoproclamé » Secrétaire départemental, en toute illégalité, par rapport aux statuts et règlements du Rdr.
Quelques années plus tard, Koné « remet le couvert » et « s’autoproclame » Ddc. Il est donc coutumier du fait.
Je vois, à travers la presse que Koné dit que lorsqu’un président s’efface, c’est son vice-président qui lui succède. Certes…mais Koné oublie un mot qui, en démocratie, est d’une très haute importance, le mot Elu. Quand un président élu, s’efface, c’est effectivement son vice-président élu avec lui qui lui succède.
Je pose donc la question à Koné, à quoi a-t-il jamais été élu ?
Sa nomination au poste de Ddca est le fruit d’une négociation, sa promotion éventuelle ne peut être que le fruit d’une négociation…Il me désole, car il me donne l’impression de ne pas voir plus loin que le bout de son petit nombril, de sa petite promotion, de son petit titre de Ddc.
Finalement, n’est-il pas petit lui-même ?
Ne peut-il pas comprendre qu’il y a des réalités géopolitiques qui s’imposent à nous, et que pour conquérir un électorat baoulé, il vaut mieux faire appel à des Baoulés ? Ne voit-il pas Gbagbo qui a recruté des cadres du Nord pour recruter au Nord ?
Et je suis le premier à le déplorer. Mais, un homme politique doit savoir faire avec le monde tel qu’il est et non pas tel qu’il voudrait qu’il soit…en attendant de le changer.
Ne peut-il pas comprendre que même si tout Dioulabougou votait pour ADO, cela ne lui suffirait pas pour gagner à Yamoussoukro ? Derrière tout ce remue-ménage se cache un homme : Nouffou Coulibaly, le président de la Cte départementale. Il a « pourri la vie » de mon prédécesseur (Koblavi), il fait tout pour essayer de « pourrir la mienne ». Un « petit bout d’homme » de rien du tout…Il y a deux catégories de bouts d’hommes. Ceux qui, tout en étant petit ont la grandeur de Félix Houphouët-Boigny, et ceux qui ont la petitesse de Nouffou Coulibaly…

Quels sont les rapports que vous entretenez avec les militants du Rdr à Yamoussoukro ? Les querelles de personnes sont-elles aplanies ?
Mes rapports avec les militants du Rdr sont excellents. Il n’est pas possible de mettre des hommes et des femmes de cultures et d’éducations différentes, sans qu’il y ait des querelles de personnes et d’egos surdimensionnés. Il faut simplement savoir où ne pas aller trop loin…En ce sens, M. Koné a « dépassé les bornes… ».

Comment allez-vous gérer les rapports pas toujours cordiaux que vous aviez avec vos sujets des autres formations politiques ?
Vous m’apprenez que j’avais « des rapports pas toujours cordiaux » avec mes sujets des autres formations politiques…Désormais, fût-il Fpi, tout Akouè, ou tout résident du Canton, est mon enfant…

Le contentieux sur la liste électorale vient de finir, de nombreux Ivoiriens portant des noms à consonance étrangère ont été exclus. Quel commentaire cela vous inspire ?
Il ne m’inspire aucun commentaire. Je vous l’ai dit, je suis ivoirien et ne laisserais personne me spolier ma nationalité.

Les élections c’est le 31 octobre, quels sont les vœux de Nanan pour les Ivoiriens ?
Déjà, j’émets le vœu que les élections aient effectivement lieu le 31 octobre…Ensuite, et quels que soient les résultats, j’invite les vaincus à reconnaître la victoire du vainqueur. La Côte d’Ivoire a besoin de tous ses enfants pour être reconstruite, tous ses enfants, sans exception, sans exclusive.

Interview réalisée par Traoré M. Ahmed
L’Expression

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Publié par bleble