Réponse au journal Le Patriote: Allassane Ouattara, le chef de la junte

La Côte d’Ivoire souffre de son opposition. Ce pays, qui est pourtant dirigé par un président démocrate, est rongé par une opposition voyou.

«Nomination de généraux, création de CRS, construction d’école de guerre ; Laurent Gbagbo : Chef d’une junte ou d’un régime civil ?» C’est le titre principal qui barrait la première page du journal du RDR, le Patriote, dans sa parution d’hier mercredi 1er septembre 2010.

Disons-le tout net. En Côte d’Ivoire, et c’est connu de tous, il y a une seule junte composée de quelques militaires ivoiriens évadés et de mercenaires qui a défiguré le pays. Cette junte, et c’est également connu de tous, est dirigée par un homme connu aussi de tous : Alassane Dramane Ouattara. Cet homme, parce qu’il voulait être candidat à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire en contournant la loi fondamentale de ce pays, a tenté de renverser le pouvoir du président Gbagbo dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002. Son coup d’Etat manqué s’est transformé en rébellion. Depuis 8 ans, les Ivoiriens, avec à leur tête le président Gbagbo, s’évertuent à sortir leur pays de la grave crise née de la guerre de Ouattara par le dialogue et la concertation entre l’Etat et la junte du président du RDR. C’est donc, répétons-le, Alassane Dramane Ouattara qui est le chef d’une junte.
Quant au président Gbagbo, il est un président de la République démocratiquement élu par le peuple de Côte d’Ivoire. Il est donc un chef d’Etat à la tête d’un pouvoir civil qui a une armée, une gendarmerie, une police et un corps des agents des Eaux et Forêts comme il en existe dans tous les Etats au monde.

A preuve, après son élection, et pendant les 18 mois d’exercice véritable du pouvoir d’Etat par son régime, le président Gbagbo a mis en place des gouvernements composés uniquement de civils et auxquels il a associé des femmes et des hommes venus de partis politiques de l’opposition. Le président Gbagbo avait donc le souci de rassembler tous les Ivoiriens autour de lui, quelle que soit leur appartenance politique, pour remettre la Côte d’Ivoire sur le chemin du développement après la parenthèse de la transition militaire.

Ouattara et le RDR
ont peur

Mais il se trouve que le chef de l’Etat a été contrarié dans son élan par Alassane Dramane Ouattara et sa junte composée d’anciens militaires déserteurs de l’armée nationale et de mercenaires, venus pour la plupart des pays limitrophes, dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002. Fort heureusement, les assaillants ont été très vite repoussés par les vaillantes Forces de défense et de sécurité nationales d’Abidjan, le cœur du pouvoir. Mais, dans leur fuite, ils se sont établis dans la partie nord du pays où ils ont installé une rébellion avec l’aide de la France chiraquienne. Cette guerre ainsi déclarée a créé en Côte d’Ivoire un nouvel environnement fait d’affrontements et de tension permanente. Or, tout environnement dans lequel vit l’homme influence toujours son comportement.

Le changement de cap

Face à la guerre de Ouattara, le président Gbagbo, qui se trouvait en visite d’Etat en Italie au moment de l’attaque, se devait de donner aux Forces de défense et de sécurité, qui se sont battues les premiers jours presque les mains nues, les moyens adéquats pour défendre la République. C’est ce qu’il a fait. C’est ce qui justifie également la nomination de préfets militaires à l’ouest du pays où sévissaient atrocement les hommes de Ouattara. On se souvient des attaques de Petit-Duékoué et de Guitrozon, dans la région de Duékoué. C’est ce qui justifie aussi la décision d’installer les CRS dans certaines villes de l’intérieur du pays où les hommes de Dramane Ouattara transportent peu à peu leur violence de tous les instants. La première unité des CRS a été installée, le vendredi 27 août dernier, à Divo. C’est cela qui justifie, enfin, le durcissement de ton du président Gbagbo, qui a demandé aux jeunes policiers de la CRS de mater tous les coupeurs de route, mais aussi ceux qui veulent semer le trouble pour déstabiliser la République au moment où la Côte d’Ivoire sort progressivement, mais sûrement de la grave crise consécutive à la guerre de Ouattara. Le président Gbagbo n’a pas dit de mater le peuple. Il a dit de mater les voyous qui refusent de respecter les institutions et les lois de la République, et cherchent à faire s’écrouler la société ivoirienne. Si le RDR se reconnaît dans le groupe des voyous et autres coupeurs de route, il ne devra s’en prendre qu’à lui-même.

C’est ce changement de cap du président Gbagbo dû à l’environnement créé par la guerre qui effraie Alassane Dramane Ouattara et le RDR. Habitués qu’ils sont à provoquer et à mépriser l’Etat sans que ce dernier ne lève le petit doigt, ils ont été pris de court par ce réveil brusque attendu depuis fort longtemps par bien des habitants de ce pays. Alors, gagnés par la trouille, ils font écrire à leurs journalistes que le président Gbagbo a «abandonné le pouvoir entre les mains des militaires» ou qu’il se «barricade derrière les militaires». Or donc ces messieurs et dames ont peur ! Ouattara et le RDR auraient souhaité que le président Gbagbo reste les bras croisés devant leur folie destructrice de l’Etat que le chef de l’Etat a l’obligation de protéger par tous les moyens que lui donne le peuple. Il n’en est plus question.

Il y a un adage africain qui dit : «Si tu ne veux pas que les herbes bougent, il faut arrêter le vent qui souffle». Si Ouattara et le RDR veulent que le président Gbagbo revienne à ses sentiments d’avant la guerre, il leur suffit de mettre fin au non-respect des institutions de l’Etat et à la violence. Sinon les Ivoiriens, qui aspirent profondément à la tranquillité, estiment même que le président Gbagbo est encore trop tendre. Ils pensent qu’il devrait davantage durcir le ton pour mettre tous les caïds au pas, car, expliquent-ils, quand on a en face de soi une opposition voyou et nettement en retard sur le monde moderne, on doit faire comme les dents de la bouche qui servent à rire, mais aussi à mordre.

S’agissant de la promotion des Forces de défense et de sécurité, notamment de la hiérarchie militaire, Ouattara et les siens se plaignent de l’élévation aux grades supérieurs des chefs des Forces armées nationales, de la gendarmerie nationale et de la police nationale. Et pourtant, au nom de la paix, le président Gbagbo a légalisé les grades illégalement octroyés aux ex-rebelles. Des grades que certains n’auraient jamais eus durant toute leur carrière militaire, parce qu’ils ne les méritent pas. Il aurait été incongru qu’au moment où il reconnaît, au nom de la paix, les grades illégaux des ex-rebelles, le président Gbagbo ne témoigne pas la reconnaissance de la République à ceux qui ont défendu la Nation et assuré la sécurité des Ivoiriens, y compris celle de ceux qui ont envoyé la guerre dans le pays. Que faut-il à un homme en tenue pour mériter ses grades, et donc de la République ? C’est, pensons-nous, de bien remplir sa mission de défense de la République et de maintien de l’ordre public. En défendant la République presque les mains nues et en faisant en sorte que le pays ne sombre pas dans l’abîme, les Forces de défense et de sécurité ont largement mérité de la Nation. C’est pourquoi elles méritent le respect de tous.

Boga Sivori (bogasivo@yahoo.fr)
Notre Voie

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