Toutes les 10 minutes, un(e) Camerounaise(s) attrape le sida

Toutes les 10 minutes, un(e) Camerounaise(s) est contaminé(e) pat le Vih, soit six nouvelles infections par heure. Le Cameroun bat le record en Afrique centrale et de l’Ouest avec un taux de prévalence estimé à 5,1%, contre 3,9 en Côte d’Ivoire, 3,3% au Togo; 3,1% au Nigéria et moins de 2% pour le Burkina Faso, le Bénin, Ghana et le Mali.

Quelque 76 000 personnes ont été mises sur antirétroviraux sur 560 000 malades à la fin de l’année 2009 et 7300 bébés vont naître séropositifs au Cameroun en 2010 à cause de la transmission de la mère à l’enfant, selon les résultats du plan stratégique national (PSN) de lutte contre le VIH/sida au Cameroun pour la période 2006-2010 et l’étude sur l’impact du VIH/Sida à l’horizon 2020. L’objectif du Comité national de lutte contre le sida (CNLS) serait le traitement de 75% des personnes vivant avec le sida au Cameroun.

Couper la transmission mère-enfant

76 000 personnes ont été mises sur antirétroviraux sur 560 000 malades à la fin de l’année 2009, selon le plan stratégique national 2011-2015. Le PSN a orienté ses objectifs vers la prévention de nouvelles infections, l’accès universel aux traitements et aux soins pour les personnes vivant avec le VIH/sida et la réduction de l’impact global du VIH/sida sur les orphelins et enfants vulnérables. Mais atteindre ces résultats n’a pas été de tout repos, dans la mesure où certains obstacles ont été notés. Il s’agit notamment de la faible pénétration de la lutte en milieu rural et du peu de soutien du secteur informel qui représente pourtant 85% des travailleurs au Cameroun. La non inscription de la lutte contre le VIH/sida dans les activités de routine des entreprises est une autre faiblesse du PSN qui tire à sa fin. L’évaluation faite hier l’était en prélude à l’élaboration d’un nouveau plan stratégique de lutte, pour la période 2011-2015.


Selon le Secrétaire permanent du CNLS, le nouveau plan mettra certainement un accent, pour les cinq prochaines années, sur la poursuite du traitement des personnes infectées et la prévention de la transmission de la mère à l’enfant (PTME). « Il est question pour nous de travailler de manière à virtuellement atteindre le niveau zéro pour ce qui est de la PTME », a-t-il souligné. Mais l’accent sera aussi mis sur la promotion de l’utilisation des préservatifs (masculin et féminin), la sensibilisation et l’éducation des populations, ainsi que le dépistage volontaire. Ce, malgré les difficultés financières que le CNLS connaît ces derniers temps. « La lutte contre le VIH/sida est un problème de développement. Nous ne devons donc pas baisser les bras devant les difficultés, quelles qu’elles soient. Nous allons nous donner les moyens d’avoir les moyens de notre politique », a assuré le Dr Elat Mfetam.

Une prévalence du Vih en hausse

La prévalence du Vih a nettement augmenté ces 20 dernières années au Cameroun. Elle est passée de 32.000 séropositifs en 1990 à 560.000 en 2010. Le Cameroun compte plus de personnes vivant avec le VIH que l’Afrique du Nord ou les Antilles françaises. Le Cameroun bat le record en Afrique centrale et de l’Ouest avec un taux de prévalence estimé à 5,1%, contre 3,9 en Côte d’Ivoire, 3,3% au Togo; 3,1% au Nigéria et moins de 2% pour le Burkina Faso, le Bénin, Ghana et le Mali.

Les chiffres communiqués par le Dr Jean Bosco Elat Nfetam montrent que le nombre de personnes vivant avec le VIH (PVVIH) pourrait atteindre 630.000 en 2015 et 726.000 à l’horizon 2020. On compte six nouvelles infections par heures. Soit environ 141 par jour, 4.276 par mois et 51.315 par an.

Les femmes plus touchées que les hommes ?

Trois personnes vivant avec le sida (PVVIH) sur cinq sont des femmes (60%). Sept sur dix jeunes séropositifs âgés de 15 à 24 ans sont des filles (70%). La mortalité liée au Sida poursuit aussi son angoissante marche ascensionnelle. Elle serait passée de 7900 décès en 1995 à 34.000 en 2010. Au moins 500 enseignants meurent du sida chaque année au Cameroun, révèle le Centre International de Référence Chantal Biya (CIRCB).

Author: bleble