Présidentielle en Côte d’Ivoire: Gbagbo lève tous les doutes

En visite d’Etat dans le département d’Agboville, le président Laurent Gbagbo a réaffirmé, hier, aux populations d’Azaguié et de Grand-Morié, que la date du 31 octobre 2010 est bien celle retenue pour l’élection présidentielle qui sonne aujourd’hui la renaissance de la Côte d’Ivoire.

Le président Laurent Gbagbo, qui effectue, depuis hier jeudi 2 septembre, une visite d’Etat dans la région de l’Agneby, a demandé aux populations d’Azaguié et Grand-Morié de ne pas se laisser séduire par ceux qui font courir complaisamment la rumeur que l’élection présidentielle ne va pas se tenir à la date du 31 octobre. “Les élections vont avoir lieu le 31 octobre et nous avons pris toutes les dispositions pour briser tous les obstacles sur le chemin de ces élections. Ne vous laissez pas séduire par les oiseaux de mauvais augure”, a rassuré le chef de l’Etat ivoirien.

Pour Laurent Gbagbo, il y a plusieurs raisons profondes pour que ces élections se tiennent. La première raison, c’est que les Ivoiriens sont fatigués des manœuvres de ceux qui ne voulaient pas qu’elles aient lieu. Aussi dira-t-il qu’il espère que ceux qui n’avaient pas compris comprennent aujourd’hui pourquoi il a été amené à dissoudre en son temps la Commission électorale indépendante (Cei) et le gouvernement. “On nous a chaque fois menés en bateau en nous communiquant de fausses informations qui nous ont amenés à prendre des décisions intenables. Aujourd’hui, nous sommes sur la bonne voie. Ces élections vont se tenir parce que nous nous sommes débarrassés de ceux qui nous menaient en bateau”, a-t-il indiqué devant une population en liesse.

L’autre raison qui justifie la tenue des élections, selon le président de la République, c’est que la Côte d’Ivoire en a besoin. Il a expliqué que son pays a besoin d’un gouvernement uni autour d’un chef élu : “La Côte d’Ivoire a besoin d’un chef légitime, légitimé et qui a une claire vision de son pays. La Côte d’Ivoire n’a pas besoin de ceux qui participent au gouvernement et qui disent Excellence au président de la République au Conseil des ministres, mais disent aussi quand il sont seuls dans leurs maisons ou bien arrivés chez eux, Gbagbo, je ne le respecterait jamais. La Côte d’Ivoire a besoin d’une unité d’actions pour sortir de la crise et pour se développer”, a-t-il précisé.

Pour le chef de l’Etat, cette unité d’actions qu’il appelle de tous ses vœux passe forcément par les élections.

La troisième raison, a dit le président Gbagbo, c’est que les élections doivent avoir lieu parce que la Côte d’Ivoire a besoin de développement, car, pour lui, il est impossible d’entreprendre dans l’incertitude du lendemain. C’est pourquoi il a appelé tous les fils d’Azaguié et de Grand-Morié et, à travers eux, tous les Ivoiriens à être courageux, à tenir bon ces deux derniers mois pour franchir le pas et pour que la Côte d’Ivoire vole vers des lendemains meilleurs. Il a, par la suite, invité ses compatriotes à se préparer pour l’élection présidentielle du 31 octobre prochain. “Préparez-vous pour le 31 octobre et ne vous laissez pas séduire par les mauvaises langues dont le vocation première est de dire les mauvaises choses”, a-t-il appuyé.

Pour le chef de l’Etat, les élections du 31 octobre sonneront la renaissance de la Côte d’Ivoire.

La fine pluie qui s’abat depuis quelques jours sur le département d’Agboville n’a pas été un prétexte pour les populations des sous-préfectures d’Azaguié et Grand-Morié pour bouder le bonheur d’être avec leur grand chef, Laurent Gbagbo. Hier, les populations des deux localités sont sorties nombreuses pour réserver au président de la République un accueil chaleureux à cette première étape de sa visite d’Etat. Délire extrême d’abord à Azaguié où Laurent Gbagbo est arrivé aux environs de 12 h en compagnie du président de l’Assemblée nationale, Pr. Mamadou Koulibaly, fils de la région. On aurait dit que les filles et fils de la sous-préfecture s’étaient tous donné rendez-vous pour que chacun ne se fasse pas conter l’événement. Tellement il y avait foule, même les lourds nuages qui avaient assombri le ciel avaient subitement et mystérieusement disparu pour le bonheur des populations. Ensuite à Grand-Morié où il est arrivé à 17 h, malgré la pluie qui s’abattait sur la ville, la place où le chef de l’Etat a été reçu était noire de monde. Comme dans la première contrée, la coquette sous-préfecture a fait le rappel de tous ses enfants. Les populations sont également venus nombreuses pour accueillir, dans une atmosphère empreinte de chaleur, le chef de l’Etat ivoirien. Pour non seulement lui souhaiter la bienvenue et lui soumettre des doléances, mais et surtout prendre avec Laurent Gbagbo les dernières consignes avant l’élection présidentielle du 31 octobre.

Les doléances dans les deux sous-préfectures porteront notamment sur la construction de château d’eau, l’ouverture de nouvelles routes de renforcement des anciennes et/ou du bitumage de plusieurs axes routiers. Les doléances ont aussi porté sur l’érection de certaines agglomérations en sous-préfectures ou en départements pour le cas d’Azaguié. Là-dessus, le président de la République a confié qu’il est prêt à se battre aux côtés des populations pour que l’Etat leur donne des moyens pour sortir du sous-développement. Par contre, il n’est pas pour l’érection d’Azaguié en département, parce que les vrais problèmes, dira-t-il, c’est le manque d’infrastructures et d’équipements, et non avènement d’une nouvelle circonscription administrative.

Robert Krassault (envoyé spécial)
Notre Voie

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