COTE D’IVOIRE: L’ONU réticente sur la levée d’embargo sur les armes anti-émeutes

Le conflit armé en Côte d’Ivoire, déclenché le 19 septembre 2002, avait contraint l’Organisation des Nations unies (ONU) à décréter un embargo sur les armes afin d’éviter que les forces loyalistes et les rebelles de Guillaume Soro sèment davantage la désolation dans le pays. Quand on fait la guerre, c’est qu’on a les moyens matériels pour la mener.

En décidant donc de couper les sources d’approvisionnement des belligérants, l’ONU a réduit du même coup leurs forces de frappe, contribuant ainsi à les obliger à s’asseoir sur la table de négociation pour trouver une issue favorable aux deux camps.

Avec l’accalmie constatée ces derniers temps, l’Etat ivoirien demande à cor et à cri que l’interdiction d’importer l’armement soit levé. Il est appuyé dans son plaidoyer par le responsable de la mission des droits de l’homme de l’ONU, Simon Munzu, qui exhorte la communauté internationale à faire exception dans l’embargo sur le cas des équipements anti-émeutes.

Ce dernier a expliqué que lors des violentes manifestations de l’opposition consécutives à la dissolution du gouvernement et de la Commission électorale indépendante en février dernier, les éléments de sécurité avaient fait usage d’armes à feu pour maintenir l’ordre, justifiant cette attitude par le fait qu’ils n’ont pas les outils conventionnels en la matière.

L’ONU serait réticente sur cette requête du régime de Laurent Gbabgo avant la tenue effective de la présidentielle au 31 octobre prochain. Avec juste raison, car, à moins d’être un devin doté de pouvoirs exceptionnels, nul ne peut prévoir l’issue de ce scrutin dans un pays où les plaies ne sont pas totalement cicatrisées et où la moindre étincelle peut mettre le feu aux poudres.

Déjà que même avec l’embargo imposé depuis 2004, les parties en conflit parviennent à se procurer des armes, qu’adviendra-t-il si on ouvre les vannes ? La position de l’ONU se justifie amplement au regard de la situation, car, comme on le dit souvent, prudence est toujours mère de sûreté. En réalité, l’heure n’est pas au réarmement nonobstant les arguments avancés par l’Etat de Côte d’Ivoire.

L’urgence, c’est plutôt le respect de la date de la présidentielle. Or, sur ce point, il reste beaucoup à faire et le Premier ministre, Guillaume Soro, estime qu’il faut mettre les bouchées doubles pour régler les derniers problèmes qui sont, entre autres, la sélection et la formation du personnel électoral, l’édition des imprimés électoraux, l’implantation des lieux de vote, la sécurisation du scrutin.

Les tâches sont énormes et il faut s’atteler à les résoudre au plus vite.
L’Observateur Paalga

Author: bleble