Les ténors de la vie politique en Côte d’Ivoire se rencontrent à Abidjan

Par Norbert Navarro RFI
Une nouvelle réunion du Cadre permanent de concertation est prévue ce lundi 6 septembre 2010 à Abidjan entre les trois ténors de la vie politique locale, à deux mois de l’élection présidentielle du 31 octobre. La dernière rencontre de ce type datait de la mi-juin.

De notre envoyé spécial permanent à Abidjan,

Nouvel épisode du dialogue direct en Côte d’Ivoire entre les trois ténors de la vie politique locale, avec une nouvelle réunion, ce lundi après-midi à Abidjan, entre le Président Gbagbo, l’ancien Président Bédié et l’ancien Premier ministre Ouattara, en présence du Premier ministre Guillaume Soro et du représentant local du « facilitateur » burkinabé Blaise Compaoré. Les trois grands chefs de la vie politique ivoirienne devaient notamment s’entendre sur les conditions d’établissement de la liste électorale définitive.

Guillaume Soro l’avait promis lors de la précédente rencontre entre Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, le 30 juin dernier, qui s’était déroulée à Abidjan dans le cadre de ce « dialogue direct » inter-ivoirien entamé en mai dernier : les trois grands chefs ivoiriens allaient se revoir « dans quelques semaines », avait alors dit le Premier ministre. En fait de semaines, il aura donc fallu en attendre dix, qui furent, il est vrai, chargées pour les acteurs techniques du processus électoral comme pour les états-majors politiques et militaires. Le contentieux électoral légal et l’encasernement des ex-rebelles volontaires pour la future armée nouvelle ayant, cahin-caha, été menés à bonne fin, les dernières décisions politiques doivent à présent être prises concernant les cas « à problèmes » de la liste électorale toujours provisoire, avant d’aborder ce qui devrait être, en principe, l’ultime ligne droite du processus électoral, étant rappelé que la date du premier tour de la présidentielle a été fixé au 31 octobre prochain.


Cette échéance tant attendue pourra-t-elle être respectée ? C’est l’enjeu de la rencontre de ce lundi 6 septembre. En ce jour férié en Côte d’Ivoire, au lendemain de la « nuit du destin » célébrée par les musulmans, les trois ténors devaient être à l’ouvrage. A charge pour eux de se mettre d’accord sur le chemin à emprunter pour valider la liste électorale et décider ensemble du sort à réserver aux inscrits sur la liste provisoire qui demeurent inconnus de l’état civil comme des fichiers publics historiques.

Le Premier ministre Guillaume Soro devait présenter les résultats d’un rapport portant sur cette indispensable vérification de la liste, sur laquelle, à l’origine, quelques 1 700 000 cas « à problèmes » avaient été décelés. Après plusieurs nouveaux passages aux tamis informatiques menés par les opérateurs techniques du processus électoral (Sagem sécurité et INS), cet effectif aurait, selon une source proche du Premier ministre, été réduit à 831 000 cas, eux-mêmes réduits une fois encore à quantité limitée (et non-encore précisés de manière fiable) par le travail de recoupement des partis politiques et de la Commission électorale indépendante (CEI).

Reste que, pour aller de l’avant, il faut à présent trancher. Que faire des cas résiduels ? Et comment aborder les dernières bouées du processus électoral ? Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié Bédié et Alassane Ouattara devaient entendre à cet effet, ce lundi après-midi, les ultimes recommandations de la CEI. Et ils devront, en chefs qu’ils sont, décider. Gouverner, c’est trancher.

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Publié par bleble