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Les tracasseries routières sur le corridor Dakar-Bamako ont baissé au cours du trimestre avril-juin 2010. Aujourd’hui, il ne subsiste que des perceptions illicites moyennes prélevées par les véhicules qui prennent cette vaste voie d’entrée en direction de toute l’Afrique de l’ouest. Sur cet espace géographique où les grandes villes sont reliées de plus en plus par la route, le corridor Dakar-Bamako occupe la 3ème place avec une perception de 2919 Fcfa aux 100 km, marquée par trois contrôles au Sénégal avec 4.000 FCfa payés en dehors de toute règlementation. Ce qui fait un total de prélèvement situé entre 25.000 à 30.000 FCfa sur l’axe reliant Dakar à Kidira sur distance de 682 km. Ce constat est ainsi le résultat d’une enquête menée sur ce corridor entre le 1er avril et le 30 juin 2010 présenté le samedi 04 septembre au Conseil régional de Tambacounda.

La région de Tambacounda a abrité le samedi 04 septembre la présentation du 12ème rapport de l’Observatoire des pratiques anormales (Opa) sur les tracasseries routières le long du Corridor Dakar-Bamako. C’est dans la grande salle du Conseil régional de Tambacounda, que se sont donnés rendez-vous plus de 200 acteurs du transport pour parler des problèmes que rencontrent les transporteurs qui empruntent le Corridor Dakar-Bamako. Un auditoire qui n’a pas pu sentir la faim ni le temps s’écouler en ce mois de Ramadan à cause de la pertinence des débats entre autorités et acteurs du transport.

Le coordonnateur de l’Observatoire des pratiques anormales (Opa), Amadou Bâ a présenté le du 12ième rapport, et 4ième pour le Sénégal. Selon lui, « les enquêtes menées sur le corridor entre le 1er avril et le 30 juin 2010, le corridor Dakar-Bamako occupe le 4e rang loin derrière des corridors comme Téma-Ouagadougou et/ou Ouagadougou-Bamako ». Ainsi, pour les perceptions illicites moyennes par voyage, « le corridor Dakar-Bamako est encore à la 3ème place avec une perception de 2919 aux 100 km, avec trois contrôles au Sénégal et 4.000 FCfa payés en dehors de toute règlementation.

Soit 25.000 à 30.000 FCfa entre Dakar et Kidira (682 km). Sur cette somme, 13.000 francs sont versés à la Police et 12.000 à la Gendarmerie. En ce qui concerne les temps de contrôle, il a été partout noté une baisse », renseigne le coordonnateur d’Opa. Avant d’ajouter que la tendance baissière des tracasseries notée sur l’ensemble des corridors en général, sur celui de Dakar-Bamako en particulier, résulte des efforts conjugués des Etats malien et sénégalais.

Le directeur des Transports terrestres, Dramé Seck a pour sa part exprimé sa satisfaction par rapport aux résultats de ce 4ème rapport pour le Sénégal. « Ces résultats ne nous surprennent pas, car l’Etat du Sénégal a pris toutes ses dispositions lors d’un conseil interministériel sur la question. Mais, II faudrait qu’on travaille davantage pour qu’on ne parle plus de tracasseries routières le long du corridor Dakar-Bamako ».

Une mesure qui va plaire à Modou Mboup, représentant de l’Aftu (Association de financement des transports urbains) et représentant du Mutuel social des trans-vies. Selon lui, d’abord, « le Sénégal a trop tôt appliqué les textes de la Cedeao concernant le Corridor ». C’est pourquoi « ses transporteurs subissent des tracasseries au Mali alors que les transporteurs du Mali ne font pas l’objet de contrôle au Sénégal ». Une chose qui s’explique, à en croire Modou Mboup, « par le fait que le Mali et le Burkina ne dispose par de port pour transporter leurs marchandises. Ils sont donc obligés de se rabattre sur le Corridor ».

Les barrages routiers, un manque à gagner pour le Sénégal

Modou Mboup, représentant de l’Aftu a informé que les tracasseries et les barrages routiers représentent un obstacle pour l’économie du Sénégal. Il y a aussi un manque de temps entrainé par les barrages sur le Corridor Dakar-Bamako.


Pour le représentant de l’Atfu, « les transporteurs sénégalais sont victimes des tracasseries parce que la plupart d’entre eux ne maîtrisent pas bien le Code de la route et parfois sont indisciplinés ». C’est la raison pour laquelle « il faut former les transporteurs et les apprentis. Et c’est à l’Etat de mettre en place les moyens pour cette formation, car, si les transporteurs ne font pas bien leur travail ; rien ne pourra marcher dans un pays car c’est eux qui transportent les matériels, les semences, les médicaments, entres autres ». L’autre problème réside dans la tarification par kilométrage. « Par exemple pour une même distance le Burkinabé paie 17.000 FCfa alors que le Sénégalais débourse seulement 6000 FCfa. Dakar Matam fait 770 km pour 6000 FCfa et au Burkina Faso les 400 kilomètres valent 6000 FCfa », a ajouté Modou Mboup.

Une requête qui n’est pas rentrée dans l’oreille d’un sourd, car l’adjoint au gouverneur de Tambacounda chargé du développement Abdourahmane Ndiaye, a invité les acteurs du transport à une synergie pour remédier au fléau des tracasseries routières dont sont victimes les transporteurs qui empruntent le Corridor. Le représentant du Gouverneur a aussi attiré l’attention sur la nécessité de faire en sorte que la sécurité ne puisse pas subir un sacré coup de la réduction des points de contrôle.

Le représentant de l’Usaid, Makhtar Thiam et responsable du bureau du Centre africain pour le commerce, fera remarquer que le Sénégal a des prédispositions pour atteindre des résultats satisfaisants car vu le nombre de rapports qu’il a présenté. C’est le quatrième rapport pour le Sénégal et les autres sont au 12ème. Et si le Sénégal se compare à ces pays et dans une meilleure posture ; cela veut dire que des efforts ont été fournis. Pour le représentant de l’Usaid, « ce qu’il faut saluer, c’est cette volonté politique aussi de prendre conscience qu’il y a un problème et qu’il faut le résoudre. » Une enquête qui dit tout

L’Opa a mené des enquêtes du 1er avril au 30 juin 2010 sur six corridors que sont Tema-Ouagadougou, Ouagadougou-Bamako,Lomé-Ouagadougou, Bamako-Dakar, Abidjan-Ouagadougou et Abidjan-Bamako. Selon le rapport, les résultats d’enquêtes menés sur les Corridors suivis par Opa sont passables. En effet, tous les indicateurs ont enregistrés des baisses soient -0,28% pour l’indicateur « Nombre de contrôles » -18,82% et -6,98% respectivement pour les indicateurs « Perceptions illicites » et « temps de contrôles » par rapport au trimestre précédent.

Au Sénégal, la Gendarmerie est toujours en tête des contrôles intempestifs suivis de la Police, de l’Immigration et de la Douane. Le Corridor Lomé-Ouagadougou enregistre ce trimestre le nombre le moins élevé de contrôles avec 19 contrôles par voyages.

En Côte d’Ivoire, ce sont toujours les Forces Nouvelles qui contrôlent le plus, suivies de la Police, de la Gendarmerie et de la Douane. Au Mali, c’est la Police qui effectue le plus de contrôle, talonnée par la Gendarmerie puis les agents percepteurs de taxe routière (qui contrôlent sur la surcharge) et la Douane. Au Ghana, c’est la Police qui fait le plus de contrôles, suivie de la Douane et de l’Immigration. Au Burkina Faso et au Togo, c’est la Douane qui a été incriminée, suivie de la Police, de la Gendarmerie et de l’Immigration.

Aïssatou DOUCOURE, Sud Quotidien

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