Feux tricolores en pannes, voies impraticables, embouteillages – De la nécessité du 3e pont

Connectionivoirienne.net

Abidjan Transport  terrestre

Pendant que la Côte d’Ivoire fête ses noces d’or, il est difficile de circuler dans ses grandes villes.

 Enquête.

Cette  situation incommode semble ne pas avoir de remèdes dans l’immédiat. Circuler à Abidjan n’est pas chose facile. Ses habitants sont pour la plupart obligés de se lever de bonne heure pour se rendre à leurs différents lieux de travail et de courses. D’ailleurs, ces difficultés, le directeur général des Transports terrestres et de la circulation les avait recensées au cours d’une interview qu’il a accordée  il y a de cela quelques mois à un confrère. « Pour Abidjan, ce sont des difficultés de circulation, les embouteillages. Pour l’ensemble du pays, c’est la dégradation du réseau routier… », avait-il révélé.

En effet, l’une des causes des nombreux bouchons reste les récurrentes pannes des feux tricolores dans la capitale économique ivoirienne. Les policiers commis à cet effet, pour amoindrir le mal des usagers sont malheureusement pour la plupart du temps absents. Ou en cas de présence, n’ont d’yeux et de regards que pour les conducteurs dont les pièces de véhicule ne sont pas au complet. Mais au delà de ce constat, il faut remarquer que nos mêmes forces de l’ordre sont le plus souvent à la base de certains bouchons. Maîtrisant à peine les rouages de la réglementation de la circulation, ils finissent par  occasionner du tohu-bohu à certains carrefours. C’est le cas du carrefour Petro-Ivoire sis à Angré, celui de la Siporex à Yopougon, du grand carrefour de Koumassi…où les heures de pointes sont des cauchemars pour les usagers.

L’Agence de gestion des routes (Ageroute), seule structure chargée de la gestion des feux tricolores, dirigée par M. Bouaké Fofana, semble être impuissante face aux pannes récurrentes. En illustre ses propos tenus lors d’une conférence de presse qu’il a animée la semaine dernière : « S’agissant des feux de signalisation, qui sont en panne depuis quelques mois à nos carrefours, ils sont entretenus par des privés avec qui l’Etat de Côte d’Ivoire a passé des contrats de maintenances annuelles retenus après appels d’offre… Les feux tricolores sont dans cet état, parce que l’Etat ne paie pas les opérateurs qui ont ces travaux en charge. Il leur doit près de 4 milliards Fcfa. Alors quand on leur dit de procéder aux réparations, ils brandissent les arriérés », a-t-il soutenu. Une façon subtile pour le directeur général de l’Ageroute de dire que la souffrance des ivoiriens due aux pannes des panneaux de signalisations, pourrait ne pas s’atténuer de sitôt.

D’autre part, les pluies diluviennes sont l’une des causes de dégradation des voies. Des dégradations, qui participent de façon significative à la recrudescence des embouteillages. Même si leur réparation est envisagée, il n’en demeure pas moins que la structure de ces chaussées doit être revue, non sans l’adapter au volume du trafic actuel. Un travail qui demande de l’expertise et du professionnalisme. Ce qui implique que l’attribution de ces travaux à une entreprise quelconque devrait passer par appel d’offres.


Il faut ajouter à ces causes d’embouteillage, l’indiscipline des conducteurs, la mauvaise conduite. Et cela ne fait l’ombre d’aucun doute, qu’on peut attribuer aux conditions douteuses d’obtention des permis de conduire en Côte-d’Ivoire. En cette période de vacances scolaires, où la circulation devrait être normalement plus fluide, il est difficile de traverser les deux ponts, les jours des émissions de vacances Variétoscope, Poduim, Wozo. En effet, à la fin de chaque manche de ces émissions qui voient la participation d’un nombre important de spectateurs, les deux ponts (Félix Houphouët Boigny et De Gaulle) sont pris d’assaut par les chauffeurs de taxis et taxis communaux dont l’indiscipline rime avec l’image ternie du secteur des transports en Côte d’Ivoire. Ajoutez à cela la vétusté du parc automobile, les nombreux véhicules bons pour les casses, qui tombent en panne en pleines chaussées de façon récurrentes et la boucle est bouclée.

En tout état de cause, tout ce qui précède nécessite la construction du troisième pont reliant la Riviera Golf à Marcory. Une œuvre dont les travaux devraient normalement débuter il y a de cela plusieurs années sinon décennies. A cet effet, M. Bouaké Fofana a révélé que, « cela est imputable à la dissolution du gouvernement et de la Commission électorale indépendante. Car, la construction du 3e pont devait commencer. Cela a même été annoncé par les autorités compétentes ».  L’illisibilité de la vie politique en Côte d’Ivoire permettra t- elle  la construction de ce pont ? Rien ne laisse répondre par l’affirmative. Tant la tenue des élections conditionne beaucoup de projets à mettre en œuvre. Bref ! Certains observateurs, voient comme solution durable pour atténuer les bouchons à Abidjan, la réglementation des horaires dans l’administration. « Les horaires dans l’administration, expliquent-elles, sont l’une des causes des nombreux bouchons rencontrés à Abidjan. Au niveau de l’administration, tout le monde commence en même temps. Ce qui fait que les gars routières et les routes sont envahies jusqu’à 10h du matin. Idem pour les heures de descente». Même si cette proposition reste  discutable, il n’en demeure  pas moins qu’au-delà des dégâts, aucune solution durable jusqu’à présent n’a été mise au grand jour. En attendant la mise en œuvre du plan Orsec, qui devrait normalement prendre en compte la réfection des voies dégradées du fait des pluies diluviennes, les usagers sont obligés de prendre leur mal en patience. Mais jusqu’à quand ?  

Hervé d’Anvers, depuis Abidjan pour le J-ci.net

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