Ivoiriens de Chine: SE Nicaise Coffie serait-il à la croisée des fesses ?

Alain Nicaise Papatchi Coffie, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République de Côte d'Ivoire

Les étudiants ivoiriens de chine subissent depuis quelques mois ce qu’on peut appeler un abus de pouvoir de la part de son Excellence Monsieur l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République de Côted’Ivoire près la République Populaire de Chine. En effet, conformément au désir exprimé par tous les étudiants ivoiriens de se réunir au sein d’une association forte pour parler d’une seule voix, une rencontre s’est tenue à Pékin le 19 juin 2009 au sein de l’ambassade de Cote d’Ivoire en Chine et a été sanctionnée par la mise sur pied d’une coordination des étudiants. Celle-ci a eu comme mission la rédaction des textes qui doivent régir de la nouvelle association et l’élection du bureau. L’ambassade ayant été informée par courrier, l’initiative a reçu les félicitations et les encouragements de son premier responsable qui l’a qualifiée de louable et exprimé sa totale adhésion dans une note datée du 2 juillet 2009. La coordination s’est alors réjouie et mise au travail, mais elle a très vite été surprise par certaines réactions de l’ambassadeur. De quoi s’agit-il donc ?

Lors du passage du Premier ministre à Pékin et au cours dune rencontre des etudiants avec le locataire de la primature, l’Ambassadeur lui a indiqué que les étudiants ivoiriens de Chine n’ont pas de problèmes. Mais, en tant qu’ancien responsable d’association d’étudiants, le 1erMinistre, s’étant aperçu que ceux présents n’étaient pas du même avis que le chef de la diplomatie ivoirienne, leur a donné rendez-vous à Shenzhen (au sud du pays) le 18 octobre 2009 où il devait recevoir toute la communauté ivoirienne de Chine. A Shenzhen encore, tout devait être fait pour que le responsable des étudiants de Shanghai d’alors (un proche de l’Ambassadeur) prenne la parole en lieu et place du coordonateur, seul porte-parole des étudiants au sortir de la rencontre ci-dessus mentionnée. Toutefois, cette supercherie a été très vite démasquée et ceux qui devaient normalement parler au nom des étudiants l’ont finalement fait et ont exposé les doléances ainsi résumées : billets d’avion aller-retour, complément de bourse et l’acquisition d’un conteneur pour faire rentrer les effets personnels après les études. Le 1er ministre a de ce fait demandé à l’ambassadeur d’adresser un mémorandum au gouvernement. Rappelons que certains étudiants ayant bénéficié d’un complément de bourse depuis 2006 ne sont jusque là pas encore rentrés en possession de leur du alors qu’à la direction des bourses, il a été confirmé que le dossier a été déjà traité depuis plus de deux ans. Ensuite, un deuxième incident a précédé la cérémonie de présentation de vœux de nouvel an à l’ambassadeurle 12 février 2010. Son Excellence a exigé, à la demande de la présidente de l’association de Beijing, que les présidents des associations reconnues prennent la parole alors que celle-ci a été d’accord avec les autres présidents des associations ivoiriennes sœurs pour que la coordination parle au nom de tous. La responsable d’alors de Wuhan a essuyé des remontrances de la part de l’Ambassadeur car elle avait refusé de faire ce discours, se reconnaissant en celui de la coordination.

En outre, lors de l’élection du bureau de l’association des étudiants ivoiriens vivant à Beijing le vendredi 9 avril 2010 à 19h, une note signée de son Excellence qui demandait aux étudiants présents de voter pour la présidente sortante a été lue avant les votes, biaisant ainsi le processus. Cette tactique a porté ses fruits puisqu’elle a permis à cette dernière de remporter les élections à 10 voix contre 9. Pour soigner, voire dissiper la tension laissée par son intervention au cours ces élections, l’Ambassadeur a reçu les étudiants y compris le candidat frustré pour un repas le samedi 24 avril 2010.Quelques temps après, la coordination, ayant fini son travail, a fait une proposition de statut et de règlements intérieurs le 6 juin 2010 et fixé la date du 2 juillet 2010 pour une assemblée générale constitutive et élective.Ces textes devaient permettre de lancer les candidatures à partir de critères bien définis. Mais, contre toute attente, l’Ambassadeur envoie par fax une convocation doublée d’une injonction dans un processus où les seuls concernés sont les étudiants alors que ceux-ci ne lui avaient pas fait part d’une quelconque difficulté.

En effet, le courrier No 564/AMBACI/PEK-5/LSO/10 du 04 juin 2010, contenait la mention « aucune absence ne sera tolérée », donnant ainsi un caractère obligatoire de faire le déplacement. L’ambassadeur a expressément exigé une délégation de trois personnes bien choisies selon l’objectif qu’il voulait atteindre, à savoir les présidents et trois délégués (possibilité de faire une procuration de vote si un délégué estime qu’il ne pouvait pas faire le déplacement) des associations des étudiants ivoiriens des villes de Pékin, Wuhan et de Shanghai.Celles-ci devaient se rendre à Pékin le 26 juin 2010 pour une assemblée générale dite constitutive et élective envue de la création d’une association des étudiants ivoiriens de Chine, tout en ignorant la coordination que tousles étudiants avaient mandaté à cette fin et comme si cela faisait partir des prérogatives d’un Ambassadeur. Les étudiants de Wuhan estimant que la période était celle des différents examens et que la coordination est la seule structure habilitée à organiser une telle assemblée générale, se sont joints à elle pour exprimer leur indisponibilité à se rendre à cette rencontre dans une note adressée à monsieur l’Ambassadeur le 21 juin 2010. Ce qui a mis son Excellence dans une colère noire exprimée à travers les décisions No 002 du 28 juin 2010 etNo 005 du 16 juillet 2010 portant dissolution de la coordination, suspension de l’association des étudiants ivoiriens de Wuhan et dissolution du bureau de l’association des étudiants ivoiriens de Wuhan. Tout ceci pouravoir la voie libre pour mettre en œuvre sa combine planifiée, c’est-a-dire l’imposition de la présidente del’association de Beijing comme présidente de la nouvelle association nationale. Ce dessein fut accompli enprésence d’une poignée de personnes en l’occurrence « l’héritière du trône » et ses 2 délégués plus une procuration de l’association de Beijing, le président de l’association de Shanghai, proche de son excellence(plus 3 procurations) et monsieur l’ambassadeur lui-même. Donc au total 4 étudiants et son excellence étaient présents. Enfin, il nomme des grands médiateurs semble-t-il pour aider à résoudre une situation qu’il a créé et au cours de laquelle il a pris des décisions qui ont laissé la majorité des étudiants perplexes. Le maitre du jeu met le feu et joue les pompiers. Sinon comment comprendre qu’il se sente bafoué et nomme par la même occasion des médiateurs, dans sa note No 655/AMBACI/PEK-1/10 du 30 juin 2010 adressée à l’association des ivoiriens de Chine, qui précise que la communauté ivoirienne de Wuhan n’a exprimé aucun regret,présenté aucune excuse, sollicité aucun pardon ni fait acte de repentance? Il aurait été plutôt logique que ce fut les étudiants incriminés qui fassent les démarches du règlement du différend. Voici les ampliations des décisions: Présidence de la république, Primature, Secrétariat général du gouvernement, Ministère del’intérieur et des collectivités locales, Services de l’ambassade de Côte d’Ivoire en Chine, Bureau del’association des étudiants ivoiriens de Chine, Bureau de l’association nationale des ivoiriens de chine, Bureaude l’association des étudiants de Shanghai, médiateurs, Conseil général des bourses de chinois et University ofGeosciences of Wuhan. L’université dont il fait allusion n’est autre que China University of Geosciences. Il faut aussi relever que le ministère des affaires étrangères dont l’ambassade relève ne figure pas sur cette liste.

Ajoutons par ailleurs que les étudiants de Wuhan, avant les décisions de l’ambassadeur, ont reçu un mail le 23juin 2010 de la part d’un proche de l’ambassadeur, lui aussi étudiant, les traitant de : « mal élevés, petits individus qui veulent se comparer au grand, d’enfants qui ont grandi dans la rue, qui ont épousé une éducation de poubelle à la limite de la délinquance, dont les parents ne se sont pas souciés de savoir si l’enfant a eu droit à ses trois repas quotidiens et qui auraient démissionné dans l’éducation de leurs enfants ». Dans sa quête de légitimité pour le coup qu’il venait de faire, l’ambassadeur a dans la foulée demandé la création expresse d’une association des étudiants de Guangzhou au sud de la Chine dans le mois de juillet prétextant qu’il y avait des bourses à distribuer. En réalité, les vrais raisons étaient d’avoir plus de personnes à sa guise.Actuellement, les étudiants des autres villes sont surpris d’avoir une présidente, alors qu’ils ne savent pas quand et comment, encore moins dans quelles conditions elle a été élue. Si l’ambassadeur pense que cette fille peut représenter les étudiants, que cela se passe alors dans les normes. Quelles raisons ont pu motiver l’ambassadeur à toujours se compromettre pour cette fille? Quelle est la nature réelle des relations qui lient l’ambassadeur à cette fille? Pour ce qui nous a été rapporté, elles sont loin d’être celles de père à fille ou même d’une autorité à une administrée.Écœurés par cette histoire, la plupart des étudiants se demandent aujourd’hui où va la Côte d’Ivoire? Quelle estle rôle d’un Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire? Est-ce veiller au bien-être des concitoyens,consolider l’union entre ses administres ou semer la zizanie et la division au sein de la population dont il est au plan local la première autorité?Par le fait des manigances de son Excellence Mr l’Ambassadeur de Côte d’Ivoire en Chine, les étudiants deBeijing sont divisés, ceux de Wuhan ne sont pas mieux lotis, à Guangzhou et à Shanghai la plupart d’entre eux ne comprennent rien du tout de ce qui se passe et les autres dans les différentes villes sont totalement perdus.La situation est au bord de l’explosion entre les etudiants en Chine.Les agissements de l’Ambassadeur donnent une mauvaise image de l’autorité qu’il représente et partant, une mauvaise image de la Côte d’Ivoire. Alors que les jeunes africains doivent œuvrer pour enraciner la démocratie,et espérer un lendemain meilleur pour l’Afrique, voila comment agissent certaines autorités et certains jeune safricains. Tout le monde se plait à dire que l’avenir appartient à la jeunesse, mais peu de personnes luttent pourque celle-ci soit préparée à cela.Loin d’être une attitude politicienne, ce cri de cœur est un appel à la conscience et à la responsabilité. La question qui se soulève ici est quelle jeunesse pour une Côte d’Ivoire de demain mature? En suivant de prés ce qui se passe en Chine entre l’Ambassadeur et les étudiants, on se rend très vite compte que le combat sera très dur à mener. Le gouvernement ivoiriens gagnerait à évaluer véritablement le rôle de ses représentants dans leurs pays d’accréditation.Il est plus qu’important que le Président de la République, l’Assemblée Nationale et le Ministère des Affaires Etrangères jettent un regard sur le comportement de nos ambassadeurs vis a vis de la diaspora qu’ils sont sensés représenter. Si son excellence est arrive à créer une telle division et entretient de telles relations ambiguës avec les étudiants qu’en serait-t-il des ses relations avec ses autres administrés? A quoi peut ressembler la reelle gestion de la diaspora en Chine et la relle vie de celui qui aime faire savoir à tous qu’il est l’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, détenteur exclusif de l’autorité de Mr le Président de la République?

Akpa Gnagne – Source: Lebanco.net

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Publié par bleble