Développement humain – Voici où les politiciens ont conduit la Côte d’Ivoire – 166ème pays sur 177 au monde -Ces chiffres qui parlent

Deux décennies de multipartisme, deux décennies d’adversité politico-politicienne, une décennie de crise politico-militaro ponctuée par un coup d’Etat en 1999 et une rébellion depuis 2002. La Côte d’Ivoire survit certes. Mais, la politique a totalement ruiné ce pays, qui a suscité tant d’espoir dans les années 70 et dans les débuts des années 80. Classé hier pays en voie de développement, dans le même peloton que la Chine, l’Inde, le Brésil et autres, il ne reste plus qu’à déclarer faillite pour la nation ivoirienne, si elle était une entreprise. Les chiffres publiés sur la Côte d’Ivoire par les institutions de Brettons Woods (FMI, Banque mondiale) sont plus qu’alarmants pour un pays cité naguère en exemple dans le bloc du tiers monde. Selon ces chiffres datant de 2009 – l’an née 2010 n’étant pas encore achevée-, l’Etat ivoirien ne vient qu’à la 166ème position sur 177 pays au monde au classement de l’indice de développement humain (IDH). Cet indice qui évalue le niveau de bien-être collectif ou individuel des populations dans un pays donné. En clair, au classement des pays dont les populations vivent mal, la Côte d’Ivoire vient en 11è position sur 177 pays au monde. Ce qui achève de convaincre le monde entier sur la misère des Ivoiriens. Peut-il en être autrement au regard de la paupérisation grandissante de ces populations, de la dégradation des infrastructures existantes, de la ruine des systèmes scolaires et sanitaires dans une situation d’instabilité où les moyens de l’Etat sont nécessairement orientés vers une sortie indéfinie de crise ? Conséquence, en 2009, c’est un taux d’inflation annuelle de 5,9% qu’a enregistré la Côte d’Ivoire. Là où ses voisins de l’espace UEMOA comme le Sénégal, le Mali, et autres enregistrent respectivement moins de 1% et 2,2%. Ce qui explique la cherté du coût de la vie sur le territoire ivoirien et alourdit le quotidien des populations dont le niveau de revenu n’a connu aucune modification. Bien au contraire, ce sont des milliers d’emplois qui ont été perdus du fait de la crise qui sévit dans le milieu des affaires. Un des indicateurs des plus parlants que relèvent les institutions de Brettons Woods, c’est le niveau de dépenses de santé annuelle par habitant. Seulement 35 dollars US, soit 17.500f CFA. Signe patent de la pauvreté des Ivoiriens et de leur incapacité à prendre en main leur santé. L’on n’est donc pas surpris de l’espérance de vie qui n’est aussi que de 57 ans sur le sol ivoirien avec un taux de mortalité infantile de 89 pour 1000 naissances vivantes. Cependant, l’heure n’est pas encore à céder au désespoir pour la Côte d’Ivoire et ses plus 21,4 millions d’habitants au décompte de 2009. Le pays tient encore solidement debout et peut toujours rebondir si l’on s’en tient à la croissance de 2,3 à 3,7% réalisé au niveau du PIB (produit intérieur brut) de 2008 à 2009, même si ses 1.667 $ (soit 833.000 F CFA) de PIB par habitant se chiffre en deçà d’un pays comme le Sénégal encore cité parmi les modèles de démocratie. En clair, la politique a profondément noyé la Côte d’Ivoire dans les profondeurs des pays mal en point. Aujourd’hui, les autorités ivoiriennes se battent pour inscrire le pays au rang des pays pauvres très endettés, pour bénéficier de certaines largesses des bailleurs de fonds. Preuve palpable de la profondeur du mal. Cependant, ce pays regorge encore de potentialités pour lui permettre de rebondir et de regagner une place de choix dans le peloton des Etats avançant vers le développement. Cette chance réside dans la bonne volonté et la bonne foi de sa classe politique. Cette clase politique, dont les querelles infinies ont fini par ruiner la Mère-patrie. Laquelle attend d’elle un dernier sursaut pour la remettre d’aplomb, le 31 octobre prochain. Date prévue pour les élections censées mettre fin à deux décennies de rivalités intestines.

Félix D.BONY
L’Inter

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